vendredi 19 janvier 2018

Pourquoi ma fille apprendra les arts martiaux

Ma fille va apprendre les arts martiaux.

Ce n'est même pas un souhait ou un objectif, c'est juste une évidence. Quand le sous-sol de la maison où tu grandis est un dojo, pis que tes deux parents s'y entraînent régulièrement (et que ton papa donne même des cours à l'un de ses collègues de travail deux soirs par semaine, devant tes yeux émerveillés de petite puce de 3 ans), tu vas finir par pratiquer cette activité-là.

Ça ne deviendra peut-être pas le centre de sa vie, comme ça l'a été à une certaine époque pour moi et son papa. Elle ne poursuivra peut-être pas jusqu'à sa ceinture noire. Mais elle va apprendre les bases : frapper, retraiter et, surtout, affronter. Affronter sa peur de l'autre, sa peur de la douleur, ses doutes.

Parce que les arts martiaux, c'est surtout ça : un combat contre soi-même pour rejeter la peur et les doutes. En apprenant à se battre, on se met en forme, oui, on devient théoriquement capable de repousser un agresseur, oui, mais, surtout, on prend confiance en soi. La peur devient une alliée au lieu d'être un handicap. Et l'affrontement, le conflit, devient une zone normale dans laquelle on sait évoluer.

Quand j'entends parler de culture du viol, je remarque que les mêmes discours reviennent : la femme s'est retrouvée dans une situation où elle était mal à l'aise, mais elle n'a rien dit, par peur de déplaire, de déranger, d'être mal perçue, par peur de la confrontation qui suivrait. Prise dans une situation où il fallait fuir ou combattre, elle n'a osé ni l'un ni l'autre.

Je comprends cette attitude, je sais d'où elle vient. Je l'ai déjà ressentie moi aussi. Notre société n'aime pas les conflits. Notre éducation nous encourage à les éviter. À minimiser la portée des paroles, supposément bien moins violentes que les coups. Les arts martiaux enseignent le contraire. Ils nous apprennent à identifier les risques, à reconnaître les violences et à les désamorcer si possible, à les éviter lorsqu'on le peut, mais surtout à les affronter si nécessaire. À assurer notre bien-être avant tout. Et à nous sacrer de ce que les autres peuvent bien penser de nous. Fuir permet de revenir combattre plus tard. Déplaire, c'est jamais mortel.

Ouais, j'suis heureuse de savoir que ma fille apprendra les arts martiaux.

mercredi 17 janvier 2018

Tranche de vie (26)

Tandis que j'essaie de rejoindre un inspecteur en bâtiment capable de me dire pourquoi y'a de l'eau qui coule dans ma maison en hiver et que j'attends en ligne, le téléphone coincé au creux de l'épaule, tout en m'efforçant de plier la brassée de mini-vêtements qui vient de finir de sécher et de garder, en même temps, un œil sur ma progéniture...

Il y a une princesse-coccinelle-fée des étoiles qui exécute un semblant de danse polynésienne dans mon salon, au son de Illégal de Marjo, dont elle baragouine le refrain.

!?!

Je m'attendais à ce qu'être maman ce soit beaucoup de travail, mais je n'avais pas prévu ce genre de moment adorablement bizarres.

Quand l'inspecteur a fini par prendre mon appel, je riais toute seule.

lundi 15 janvier 2018

La quête des vêtements éco-responsables - premier épisode

L'une de mes résolutions 2018 était donc d'acheter désormais des vêtements locaux et/ou éco-responsables et d'investir dans de la qualité.

Cela ne s'annonçait pas nécessairement comme une entreprise aisée, mais étant donné que ma résolution non-écrite permanente depuis 2014 (année où j'ai envoyé promener mon statut de salariée) est de réduire mes dépenses, je me suis dit que lorsque mes vêtements auraient des trous, je me pencherais plus sérieusement sur le problème.

Mon jeans skinny a décidé de précipiter les choses. Le 2 janvier au matin, il est décédé de sa belle mort. (Traduction : le tissu, déjà discrètement rapiécé, s'est effrité sur toute la longueur de l'entre-cuisse... parce que ouais, je fais partie des filles dont les cuisses frottent ensemble quand elles marchent. Et pour les naïfs, c'est pas une question de poids, mais bien de physiologie : j'ai déjà pesé quarante livres de moins que présentement et c'était déjà un problème. Enfin, passons...)

Donc, début janvier, je me suis lancée dans la quête d'un jeans éco-responsable. Et, lendemain des Fêtes oblige, relativement abordable. La quête devait se conclure rapidement, parce que j'avais oublié un petit détail : depuis que je vis avec une garde-robe réduite et adaptée à mes activités de maman/écrivaine, je n'ai que 4 pantalons (deux jeans, deux leggings), donc quand il y en a un qui rend l'âme, mettons que je suis pressée de lui trouver un remplaçant! (Le reste du temps, pour ceux que ça intrigue, sachez que 4 pantalons, c'est en masse pour faire une semaine, car je passe toujours une journée ou deux en robe... ou en vêtements de yoga/pyjama! ;)

Je n'ai donc pas pu me livrer à de longues recherches et j'ai essayé de trouver mon bonheur dans un centre d'achat "normal". Bonne nouvelle : j'ai rapidement trouvé quelque chose d'acceptable chez Gap, qui a une ligne "Gap for Good". Mauvaise nouvelle : la ligne a beau employer du coton cultivé de manière responsable et des méthodes de teinture plus écologique, reste que les jeans sont assemblés dans des pays en développement.

Bon, mettons que c'était un pas dans la bonne direction. Je suis contente d'avoir boudé la paire de jeans dont j'aimais la couleur, et qui était 10$ moins chère, mais qui n'était pas de la ligne un peu plus écologique. Par contre, la prochaine fois, je vais essayer de faire mieux et de trouver un jeans tissé ou au moins assemblé au Québec ou au Canada. (Je sais que les jeans Second Jeans respectent les deux critères, mais mon budget d'écrivaine-avec-rénovations-à-payer les place hors de ma portée!)

Là je vais surveiller l'usure de mes différents morceaux et commencer tout de suite mes recherches pour être prête quand certains rendront l'âme. (Ouin, ça s'annonce pas palpitant comme activité...)

vendredi 12 janvier 2018

L'écrivaine et la propriété immobilière

Je ne sais pas pourquoi, mais depuis que je suis propriétaire d'une maison, je vis de grandes angoisses.

Ou plutôt, je sais pourquoi : toutes mes économies sont passées dans cette maison. Et puis comme elle est presque payée et que notre loyer est donc minime, notre maison agit comme le rempart qui me protège d'un retour dans le merveilleux (ouache!) monde du travail alimentaire. En plus, ces dernières années, ma maison est rendue pas mal littéralement le centre de ma vie : c'est l'endroit où je dors, mais aussi mon bureau, ma bibliothèque, mon dojo, mon cinéma (vive Netflix), mon café et mon resto (gluten oblige).

Donc, dès que la maison semble présenter des ennuis de santé (craquements mystérieux, présence d'eau à des endroits imprévus, bris quelconque, etc), j'en perds le sommeil, l'appétit et ma concentration.

J'essaie de me parler, de me calmer, de compartimenter.

Malheureusement, des fois ça ne marche pas. Surtout quand les pépins sont récurrents, comme l'eau qui coule dans ma fenêtre de salon, problème survenu il y a trois ans. Depuis, on a refait le toit, une partie de la façade (parce que ça coulait dans ma porte d'entrée), reconfiguré les gouttières...

Et là, depuis hier, ça coule encore autour de ma fenêtre! Pire, le mur autour de la fenêtre montre des signes d'humidité. J'ai peur de ce qu'on découvrira en l'ouvrant. Et j'ai peur de la facture à venir. Je sais qu'on a les réserves pour la payer, mais ensuite, comment est-ce qu'on comblera le trou qu'elle fera dans nos économies? Mettons qu'en gagnant 10 000$ par an, je mets pas grand chose de côté. :(

Inutile de dire que je ne suis pas à mon meilleur pour écrire ces jours-ci.

Rassurez-moi : dites-moi que c'est normal d'être angoissée par des affaires du genre. Que je ne suis pas la seule dont la créativité disparaît quand les angoisses débarquent.

Pis faites-moi un gros câlin virtuel, je crois que j'en ai bien besoin. :(

mercredi 10 janvier 2018

Tranche de vie (25)

Premier cours de yoga depuis les Fêtes. J'arrive un peu d'avance et je m'installe sur mon beau tapis tout neuf (et deux fois plus épais que mon ancien, ce que mes genoux apprécient), cadeau de mon chéri.

Une fille d'à peu près mon âge s'installe à côté de moi. C'est son premier cours, alors elle me pose quelques questions sur le déroulement. Je lui réponds avec le sourire, contente qu'elle soit tombée sur moi, parce que j'ai appris à mes dépends que certaines personnes dans ce centre sont un peu froides (pour pas dire snob) et peu recevantes. Mettons qu'on sent qu'elles veulent rester dans leur bulle.

La fille me remercie, mais je sens qu'elle hésite. Qu'elle a une autre question à me poser.

Moi - Y'a autre chose?

Elle - Euh... T'es maman d'une petite fille, hein?

Moi (tandis que je me creuse furieusement les méninges pour essayer de me rappeler si j'ai vu cette fille-là ailleurs, peut-être à la garderie de ma puce) - Oui, pourquoi?

Elle (se retenant pour pas rire) - C'est parce que... t'as des brillants dans le front.

Et voilà, mesdames et messieurs, vous connaissez maintenant le test ultime pour différencier les parents d'une petite fille des parents d'un petit garçon : les parents des filles, ils ont des paillettes de collés dans la face (et ailleurs).

Ostie de glitter! Voulez-vous ben me dire pourquoi ils en mettent sur TOUS les jouets et les vêtements "de fille". Pour la grande majorité, ils sont déjà roses avec des froufrous, des chats pis des licornes. Il fallait-tu vraiment des paillettes en plus? Elles finissent toujours par décoller et par se retrouver partout. Genre sur mon tapis de yoga tout neuf! Grrrrrr!

(En passant, je crois que j'ai réglé la question de l'amour immodéré des petites (et moins petites) filles pour le rose, les chats et les licornes : c'est définitivement un trait génétique. On a eu beau offrir à ma fille des vêtements de toutes les couleurs, lui faire écouter la Pat Patrouille (où les chiens sont gentils et les chats sont les méchants) et la tenir aussi loin que possible des chevaux magiques et des films de princesse, rien à faire, lâchez-la lousse dans un magasin de linge et elle revient avec un chandail rose portant des chats, des licornes ou les deux en même temps!!!)

lundi 8 janvier 2018

Courge spaghetti gratinée

Avec les frettes (ouais, on a passé le stade du froid) ces jours-ci, je sais pas pour vous, mais moi j'ai envie de plats réconforts. Et chez nous, les pâtes gratinées au four (style lasagne ou macaronis), c'est pas mal un classique de la bouffe réconfortante.

Sauf que, bon, on revient des Fêtes, alors ce n'est pas le meilleur moment pour se gaver de féculents. Après le cipaille, le pâté au poulet, la tourtière et le ragoût, j'ai autant envie de réconfort et de chaleur que de légèreté et de légumes.

Ma solution : la courge spaghetti gratinée. Le plat se prépare en un tour de main, ça cuit lentement au four, c'est plein de sauce et de fromage, pis ça fait presque pas de vaiselle. En fait, chez nous c'est devenu l'un des plats classiques qu'on mange en amoureux après avoir couché la puce (puisque ça cuit sans intervention pendant la routine du dodo).

Voici donc la recette de cette petite merveille :

Courge spaghetti gratinée
(pour 2 personnes)

1 courge spaghetti de taille moyenne
votre sauce pour pâte préférée
mozzarella râpé

Coupez la courge en deux sur le sens de la longueur (c'est la partie difficile de la recette : je recommande un bon couteau, de la patience et attention à vos doigts). Enlevez pépins et filaments (la cuillère à pamplemousse est le meilleur instrument pour ça), puis mettez les deux moitiés de courge sur une plaque recouverte de papier parchemin, cavités vers le bas.

Cuire environ 40 minutes à 350F (ou jusqu'à ce que la chair commence à s'effilocher à la fourchette).

Au bout de 40 minutes, effilochez grossièrement la chair (pas besoin de tout gratter, ni qu'elle soit parfaitement cuite, car on va la remettre au four) en la laissant dans les cavités. Versez votre sauce dans les cavités, mélangez avec les filaments de chair, recouvrez les cavités de fromage râpé, puis remettez au four (cavités pleines et gratinées vers le haut, si vous avez bien suivi) pour environ 20 minutes, histoire que ce soit bien chaud (si vous voulez que le fromage rôtisse, passez à la fonction "broil/grilloir" pour les dernières minutes).

Servez une demi-courge par personne et mangez directement dedans! :) (Ou transférez des portions dans des assiettes, si votre courge est immense, si vous êtes plus que deux et/ou si les appétits des convives sont disproportionnés.)

Si vous avez envie de quelque chose de plus carnivore, des morceaux de peperroni ou de saucisse italienne peuvent être ajoutés dans les courges en même temps que la sauce. 

Si vous êtes seul, vous pouvez apprêter une demi-courge à la fois seulement. L'autre moitié, bien emballée dans une pellicule plastique, se conservera deux ou trois jours au réfrigérateur.

Vous m'en direz des nouvelles! ;)

vendredi 5 janvier 2018

Les jargons spécialisés

Histoire de commencer l'année en beauté (et de me faire pardonner pour l'absence de billet de mercredi), voici une autre réflexion sur l'écriture...

Chaque milieu et chaque spécialité a son jargon, qu'il s'agisse des arts martiaux, de la cuisine, des immigrants d'origine marocaine, du milieu nautique, de la Rome Antique, de la conquête de l'Ouest et ses western, du théâtre, etc.

Donc, lorsqu'on écrit, il est fort utile d'être au courant des divers jargons (Google et Wikipédia sont des outils précieux dans ce domaine, de même que les forums de discussion ou les groupes Facebook). Parfois, cela servira dans la narration et l'action. À d'autres moments, des termes peu usités peupleront le parler d'un personnage au passé particulier.

Voilà pour les applications réalistes des jargons. Cependant, on l'oublie souvent (et je confesse que c'est Alain Ducharme qui me l'a rappelé dernièrement!), mais les termes inhabituels peuvent servir, particulièrement en science-fiction, à introduire une impression de décalage.

Si un personnage amène son ami à l'hôpital, cela ne donne pas la même impression que s'il conduit un compagnon au dispensaire ou s'il traîne un coreligionnaire jusque chez le guérisseur ou un concitoyen à l'automed. Un policier aura toujours l'air moins exotique qu'un shérif ou un gendarme, un garde moins impressionnant qu'un cerbère, un gorille ou un prétorien.

En science-fiction et en fantasy, remplacer certains termes courants par des noms plus évocateurs participe à la création d'un arrière-monde riche et original. Surtout si les termes utilisés collent si bien à nos idées qu'ils nous permettent d'économiser des explications. L'effet est particulièrement fort lorsqu'on écrit des nouvelles.

Je sais pas ce que vous en pensez, mais pour ma part je vais méditer là-dessus lors de ma prochaine séance d'écriture! :)