mardi 19 août 2014

Notre fille est née, version courte

Le 12 août 2014, je me suis taillé une certaine renommée dans le pavillon des naissances de l’hôpital en tant que « la fille qui a eu douze heures de travail provoqué, qui est passée à travers sans épidurale, en faisant des blagues, avec à peine 35 minutes de poussée et 6 points de suture ».

Malheureusement, notre puce est aussi venue au monde en tant que « le bébé qui n’a pas respiré à sa naissance, qui semblait affecté par une infection au Strep B même si la mère avait été traitée, qu’on a gardé 5 heures sous oxygène, puis deux jours et demi en isolement, puis une journée sous lampe UV à cause d’une jaunisse et 7 jours au total sous antibiotiques intraveineux, mais qui a quand même têté avec cœur chaque fois que sa maman lui a présenté le sein ».

Bref, Éliane est née et, désormais, elle va bien.

L’accouchement s’est très bien passé, mais les premières heures et jours de vie de ma puce ont été très difficiles. En plus, à cause de contraintes d’espace, quand Éliane a pu sortir d’isolement et cohabiter avec moi (pour que je continue de l’allaiter) en attendant qu’elle finisse ses antibiotiques, l’hôpital n’avait plus de chambre pour nous. On m’a donné un lit dans une salle de débordement à trois places, où Vincent n’avait pas le droit de rester durant les nuits. J’ai donc passé mes quatre premières nuits de nouvelle maman sans pouvoir compter sur le support du papa.

Je vous laisse imaginer mon épuisement.

Aujourd’hui, je suis à la maison pour la première fois depuis le 11 août au soir, ce sera notre première nuit en famille. J’ai l’impression d’émerger enfin d’un cauchemar.

Éliane est magnifique, elle a les grands yeux de son papa et, pour avoir passé à travers tout ça, elle semble avoir aussi la résistance physique de sa maman. :)

Merci à tous ceux qui se sont inquiétés, vos messages font chaud au coeur. Je vous mets quelques photos pour vous faire patienter en attendant que je trouve le temps et le courage de vous raconter les événements en détail. Y'aurait de quoi faire un roman! ;)

Éliane, 12 heures de vie, dans les bras, gantés et protégés par une jaquette, de son papa.

La puce, 4 jours de vie, enfin sortie d'incubateur et d'isolement, qui finit une petite irruption allergique et une jaunisse, se demande c'est quoi ce truc que son papa braque sur elle...

lundi 11 août 2014

Le 12 août, j'accouche (probablement) d'un lecteur québécois

Bon, ben, c'est l'heure de prendre une pause de blogue (et du reste!).

Au moment où j'écris ces lignes (dimanche), je ne sais pas si ma puce décidera d'elle-même l'heure de sa naissance (j'ai des contractions intermittentes depuis vendredi) ou si les médecins vont la forcer à se décider, mais une chose est sûre : j'ai rendez-vous mardi matin à l'hôpital et mon médecin m'a dit d'amener ma valise.

Alors quelque part entre maintenant et mardi, je devrais avoir mon bébé dans les bras! :)

(Donc, le 12 août, au lieu de juste acheter un livre québécois, tel que recommandé par l'ami Pat pour augmenter la demande de bouquin d'ici et leur donner plus de visibilité, moi je vais carrément accoucher d'une future lectrice... Vous pouvez pas dire que je m'implique pas dans la cause! ;)

Le chemin pour arriver là va avoir été parsemé de plus d'échecs, d'attente, de stress, de contrôles et d'interventions médicales que j'aurais voulu (et si jamais ils doivent provoquer l'accouchement, ça veut dire que j'en ai pas encore fini avec tout ça), mais bon, ma puce et moi nous sommes rendues ensemble (et en santé!) jusqu'à l'étape finale.

Je sais que beaucoup de futures mamans redoutent le moment de l'accouchement, mais pour ma part je dois dire que j'ai hâte. Une épreuve physique, ça va me changer après toutes les épreuves psychologiques et nerveuses auxquelles j'ai eu droit pendant ma grossesse. En plus, c'est davantage dans mes cordes. ;)

C'est amusant de penser que je vais bientôt rencontrer celle qui a été la colocataire de mon corps pendant les neufs derniers mois. Je sais déjà qu'elle n'aime pas l'eau froide, ni le bruit du tonnerre, qu'elle dors comme une bûche lorsque le rythme de ma marche la berce, mais je n'ai aucune idée de la couleur de son teint ou de la forme de ses traits. Je vais le découvrir sous peu.

En attendant le prochain billet, profitez-bien du reste de l'été! :)

Oh et si vous n'avez pas encore fait votre achat réglementaire du 12 août, c'est le moment de cliquer ici et d'aller fureter dans les rayons virtuels des libraires indépendants du Québec. (Ayez pas peur, c'est un site transactionnel comme Amazon, ils vous mangeront pas! ;)

Pis si vous manquez d'idée d'achats, vous pouvez essayer plutôt ce lien-ci! ;) D'un coup que vous auriez pas encore toute la collection... ;)

vendredi 8 août 2014

Conseils bien intentionnés (7)

Ok, je pensais pas écrire avant lundi, mais l'inspiration pour un billet s'est présentée d'elle-même.

Voyez-vous, la puce est officiellement "en retard" depuis mardi. Mais comme un accouchement peut survenir n'importe quand entre la 37e et la 42e semaine de grossesse, la date du "terme" donnée par les médecins (placée à la 40e semaine pour des raisons statistiques), ben c'est juste une suggestion.

N'empêche, si votre entourage est composé de mamans ayant accouché à terme ou avant-terme, vous allez avoir droit à une série de conseils. Notamment...

Inquiète-toi pas!

Ne faites pas l'erreur de répondre "Ben non, pourquoi je m'inquiéterais?" et tout va bien aller! Si vous échappez cette réplique naïve, la mère en face de vous risque de se lancer dans un discours sur les bébés trop gros, les déchirures du périné, les douleurs décuplées de l'accouchement provoqué, les risques de la césarienne d'urgence, les signes de souffrance fœtale, la détérioration du placenta, la dégradation du liquide amniotique, les statistiques de mort in utero inexplicables... Bref, elle va vous fournir amplement de matériel pour s'assurer que vous ne dormiez plus d'ici à votre accouchement (provoqué ou non!).

Essaie de...

Au nombre des trucs suggérés pour déclencher le travail, j'ai noté beaucoup de tâches ménagères (non, merci, ma maison est assez propre à mon goût), des longues marches (j'en fais déjà), des combinaisons d'aliments étranges et peu ragoûtantes (vive la diète anti-diabète qui me donne une bonne raison pour les refuser), des remèdes homéopathiques faits en Chine (auxquels je ne toucherais pas même si j'étais pas enceinte) et mes deux préférés : les massages de pied effectués par le futur papa, ainsi que les bains chauds. Ces deux trucs-là, à défaut d'être efficaces, ils détendent! ;) Mais je comprends pas pourquoi quelques jours de "retard" ça semble stresser autant les gens et pourquoi il faudrait que je m'empresse de bousculer ma puce pour qu'elle soit "à l'heure". Elle va passer le reste de ses jours à dépendre d'un horaire, on peut lui donner un petit break là, non?

Profites-en pour préparer...

Ta valise d'hôpital. Des plats congelés pour les premiers mois. Tout ce qu'il te faut pour accueillir bébé. Chacun de ces conseils est excellents. Mais j'ai pas attendu qu'on me les donne. La valise est faites depuis la 35e semaine, le siège d'auto est installé, le parc est monté, le congélateur déborde.

Reste calme surtout, quand tu auras des contractions, panique pas!

Habituellement, ce dernier conseil vous est servi sur un ton assez survolté merci. Remerciez les dieux si cette personne ne fait pas partie de votre entourage proche et n'a donc aucune chance d'être avec vous lorsque le travail s'enclenchera. J'ai l'impression qu'elle serait un peu stressante. Soit dit en passant, j'ai déjà eu des contractions. Je n'ai pas paniqué. Et même, j'ai hâte d'en avoir de nouveau.

Parce que ça voudra dire que ma puce s'en vient enfin! :)

mercredi 6 août 2014

SFFF et les limites de la complexité

Quand on parle de science-fiction, de fantasy et de fantastique (SFFF pour faire plus court), il faut qu'un univers ait un certain niveau de complexité pour être intéressant. En tout cas pour un lecteur averti.

Il faut un arrière-monde fouillé et nuancé. Dans plusieurs cas, il faut aussi une mythologie ou une histoire ancienne qui se tienne et qui n'ait pas trop l'air de venir tout juste d'être inventée par un esprit super cartésien. Et il faut expliquer comment fonctionne la magie ou la technologie.

En fait, dans plusieurs romans de SFFF, ce dernier point, le fonctionnement de la magie ou de la technologie, finit par se retrouver au cœur de l'histoire. On dévoile peu à peu les explications aux yeux du lecteur (et parfois, en même temps, aux personnages). Puis on laisse le lecteur s'amuser avec le jeu intellectuel consistant à combler les vides et les blancs. À tirer ses propres conclusions devant les événements. À tenter de concevoir des plans qui pourraient sortir les personnages du pétrin...

... Et là, souvent, quand le lecteur croit avoir tout compris, c'est le moment où l'auteur décide d'introduire des exceptions à ses règles. Ou de rajouter un niveau de complexité que le lecteur n'avait pas prévu (et que, souvent, il n'aurait pas pu prévoir), en comblant les vides et les blancs d'une manière inattendue.

Si c'est cohérent avec le reste des règles ou, à tout le moins, que ce nouveau niveau de complexité reste compréhensible, ça peut être très intéressant et relancer l'histoire. Pimenter le jeu pour le lecteur.

Mais, parfois, ça peut aussi devenir n'importe quoi. Notamment quand l'envie de surprendre l'emporte sur la cohérence.

Ou alors ça passe la première fois que l'auteur nous fait le coup, parce qu'il sait rester cohérent et nous donne davantage de matière à réflexion, mais comme il y en a qui ne savent pas s'arrêter en si bon chemin, il y a des auteurs qui vont s'empresser, cent pages plus loin, de nous rajouter un troisième niveau de complexité. Puis un quatrième. Puis encore un autre. Si bien qu'à un moment donné, le lecteur ne comprend plus les règles. Il sait juste que tout est à peu près possible et que l'auteur, après lui avoir raconté la solution géniale inventée par les personnages, finira aussi par lui expliquer pourquoi cette solution a fonctionné.

Arrivé à ce niveau de complexité-là, l'histoire est mieux d'être bonne, parce que le lecteur ne peut plus participer au jeu intellectuel du début. Au lieu de s'investir dans sa lecture, de se questionner, il se laisse porter. Parfois en se demandant en souriant comment l'auteur va justifier son dernier effet de manche. D'autres fois en espérant juste que ça finira bientôt, parce qu'il en a un peu marre des explications.

Je ne sais pas si je suis juste malchanceuse, mais il me semble que, dernièrement, ça fait plusieurs fois que je tombe sur des romans de SFFF compliqués pour rien (non, je ne nommerai personne, mais oui y'avait des québécois dans le lot). Ça gâche mon plaisir de lecture. Je comprends que certains auteurs introduisent ces complexités par peur que le lecteur comprenne trop vite et se lasse.

Mais, tant qu'à moi, l'histoire et les explications sur la magie/technologie devraient être équilibrées de manière à ce que le lecteur attentif comprenne avec juste un peu d'avance sur les personnages... puis assiste, cœur battant, à la mise en œuvre du plan (ou à la révélation, ou à la catastrophe) qu'il a prévu, lui aussi. Qu'il se sente partie prenante de l'action.

Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que c'est ce qu'on devrait viser dans un monde idéal? Ou c'est mon amour pour les polars qui déteint sur mon appréciation de la SFFF?

En passant, je vais prendre une petite pause des nouveaux billets de blogue pour le reste de la semaine, histoire de profiter du temps qu'il me reste avant l'accouchement pour essayer de finir le retravail sur Hanaken III. Je vous rejase lundi si bébé n'est pas arrivée! ;)

mardi 5 août 2014

Sur-écriture

J'ai souvent dit que je n'aimais pas les textes sur-écrits.

Et il m'est arrivé de me faire demander ce que je voulais dire par là.

Souvent, je répondais "c'est quand l'auteur donne l'impression d'avoir mangé son dictionnaire de synonyme pour mieux le recracher sur la page", mais ce n'était pas tout à fait exact. Il y a des auteurs qui utilisent des termes très précis et très peu usités et qui produisent quand même des textes sans sur-écriture.

Mon chum m'a sorti dernièrement l'explication parfaite. C'est, dit-il quand tu lis un paragraphe qui parle d'une averse et que tu peux, une fois les termes ramenés au "vocabulaire de base" résumer ça par :

"Il tombait de la pluie mouillée et humide qui mouillait tout avec de l'eau trempe qui tombe".

Ouaip! Merci chéri, je vais le retenir cet exemple! :)

(Bon, maintenant qu'il a découvert que ce genre de descriptions exagérées et répétitives me fait rigoler, faut que je trouve moyen de l'arrêter d'en faire à tout propos... et que j'évite de m'y mettre aussi! ;)

lundi 4 août 2014

Vacances, une heure à la fois

Vincent est en vacances depuis vendredi dernier. En théorie, la puce doit venir au monde cette semaine. En pratique, ça peut en prendre encore deux autres. Dans tous les cas, mon chéri ne retournera pas travailler avant un long moment (puisque ses vacances déboucheront sur son congé de paternité et le congé parental).

Alors on s'est installés dans notre bulle et on attend. Plusieurs personnes m'ont dit que c'était dur ces derniers moments d'attente. Dur, je peux pas dire. Je ne subis toujours pas beaucoup d'inconfort physique. C'est particulier par contre. Je ne sais jamais si la petite contraction que je sens sera une autre manifestation isolée ou la première du vrai travail. Oui, parfois, ça nous rend un peu impatients. On a hâte de rencontrer notre petite puce. Mais, le plus souvent, on réagit en profitant tranquillement de chaque heure qui passe. 

Pas moyen de planifier quoique ce soit. Pour deux personnes hyper organisées comme nous, ça pourrait être angoissant.

Mais non, dans les circonstances, c'est correct. Libérateur même. On ne se sent pas coupables de ne rien prévoir, de ne pas être productifs. On s'enroule dans des vêtements confortables, on se colle devant la télé, j'écris, mon chum joue à des jeux vidéos, on se cuisine des petits festins, on lit, on fait des siestes.

On attend. On est bien. :)

vendredi 1 août 2014

Avez-vous 5 minutes pour sauver une vie?

L'histoire de Joël Champetier, pour ceux qui le ne connaissent pas, est peut-être moins attendrissante que celle de Mai Duong, la jeune mère de famille vietnamienne dont on a tant parlé.

Joël, la cinquantaine, n'a pas d'enfant, c'est un écrivain et un scénariste qu'on ne connaît pas autant qu'il le mériterait, ainsi que l'actuel (et parfois redouté) directeur littéraire de Solaris.

Mais c'est un mari dévoué et aimant, ainsi que le grand frère spirituel ou l'oncle inspirant de toute une génération de jeunes écrivains, parmi lesquels je suis fière de pouvoir me compter.

Sa quête est la même que celle de la jeune vietnamienne : atteint de leucémie, il cherche présentement un donneur de cellules souches génétiquement compatible.

Jusqu'à maintenant, les recherches dans sa famille et dans les banques de donneurs ont échoué.

Alors si vous lisez ceci, que vous avez entre 18 et 35 ans et que vous êtes en bonne santé, suivez donc ce lien et inscrivez-vous au registre des donneurs de cellules souches d'Héma-Québec.

S'inscrire comme donneur potentiel n'engage à presque rien : on vous enverra des Q-Tips que vous devrez vous passer à l'intérieur des joues et retourner à Héma-Québec. Les chances qu'on vous appelle au cours de votre vie, pour Joël ou un autre, sont minimes, car il est difficile de trouver deux personnes compatibles. Et, dans la majorité des cas, si jamais on vous appelle ce ne sera pas pour un don de moelle osseuse (une procédure invasive), mais bien pour un don de cellules souches, ce qui s'apparente à un simple don de sang.

L'inscription au registre prend un gros 5 minutes. Je le sais : je viens de le faire.

Alors, dites-moi, avez-vous 5 minutes pour sauver une vie?

MISE À JOUR :
On cherche en particulier des gens ayant comme ancêtres:
- des HARTON du bas du Fleuve ou d'Allemagne
- des LAFRANCE
- des CHAMPETIERS de FRANCE
- des DEIDIER de FRANCE
Contactez Héma-Québec par internet ou au 1-800-565-6635 si vous avez entre 18 et 35 ans et êtes en bonne santé.