mercredi 29 mars 2017

Ça bouge dans le milieu de la SFFQ

Même si le paysage ne le laisse pas deviner, le printemps est arrivé, si si.

Et comme à tous les printemps, ça bouge dans le milieu de la SFFQ.

Premièrement, le concours des Six Brumes est lancé. Saurez-vous identifier quelques artistes du Cirque des Monstres (ou tous) grâce à leurs surnoms et à leurs photos? (J'vous donne un indice : j'en parle, donc... ;) À gagner : deux mystérieux prix d'une valeur de 90$ (je crois qu'il s'agit d'une partie des publications de cette année...)

Deuxièmement, c'est le moment de voter pour les finalistes des prix Aurora-Boréal. La liste des œuvres éligibles est ici, le bulletin de vote par là. (Pour une fois, je fais cette annonce de manière tout à fait désintéressée, car je n'ai rien publié en SFF en 2016, rôle de jurée littéraire oblige. ;) Ce n'est pas grave si vous n'avez pas lu tous les candidats en liste, l'important c'est de voter pour vos œuvres préférées.

Comme d'habitude, le vote final aura lieu durant le congrès Boréal. Congrès qui se tiendra la première fin de semaine de mai et auquel je participerai pour la première fois en tant qu'invitée cette année. :) J'ai déjà plusieurs activités à l'horaire, notamment une table-ronde où je questionnerai trois scientifiques pour qu'ils nous démystifient les notions de base en nanotechnologie, en génétique et en physique quantique. (Si, comme moi, vous lisiez Asimov au lieu d'écouter durant vos cours de science, ça pourra servir de rattrapage accéléré...)

Troisièmement, dimanche, si jamais vous n'avez rien à l'horaire et que vous habitez la Rive-Sud de Montréal, je participerai à l'Avenue Littéraire de Communication-Jeunesse. Autrement dit, vers 14h, si vous êtes à la Librairie Le Fureteur (25 rue Webster, Saint-Lambert, J4P 1W9), vous aurez la chance de suivre une petite bande d'écrivains (et de supporteurs) alors que nous passerons de commerce en commerce pour lire des extraits de nos romans. Personnellement, semblerait que je vais lire un extrait d'Hanaken dans une savonnerie. (J'vais essayer d'en choisir un où ça parle pas trop d'entrailles déversées sur le champ de bataille... hihihihi!)

C'est pas mal tout pour les annonces. De retour vendredi avec un billet sérieux.

Enfin, plus sérieux, hein. C'est quand même moi qui vais l'écrire! :p

lundi 27 mars 2017

Le dit du Musè (24)

C'est une journée tranquille où mon chum travaille de la maison, tandis que la puce est à la garderie et que j'écris. À l'heure du dîner, une fois n'est pas coutume, on prend le temps de manger ensemble. Et de jaser un peu.

Mon chum - Dans le fond, un prospecteur pis un archéologue, c'est la même affaire.

Moi (m'étouffant presque avec ma bouchée) - Pardon?

Lui - Ben oui, les deux creusent pour trouver du stock précieux.

Je ne peux pas vous dire la suite de son argumentaire : je crois que je me suis évanouie! :p

vendredi 24 mars 2017

Facebook et les étourdis

L'autre jour, sur Facebook, je faisais part de mes angoisses à l'idée que mon roman en cours soit mauvais.

(Pour faire une histoire courte, j'expliquais que ça fait trois ans que j'ai pas aligné ça 35 000 mots dans le même projet et ça m'angoisse d'être arrivée à ce point, parce que comme j'écris pas vite, c'est 6 mois de ma vie qui y ont passés. Et c'est pas encore tout à fait fini. Les nouvelles, c'est tellement moins risqué comme investissement! Mais comme dans tous les domaines, sans risque, pas de chance d'avoir des rendements intéressants.)

Un gars bien intentionné est intervenu dans la discussion pour me dire en gros "Mais tu sais, dans ton processus d'apprentissage, au début, c'est normal d'écrire de nombreux romans sans qu'ils trouvent preneur. Un jour, ça va marcher tes affaires!"

Je me suis rendue compte dans les minutes suivantes que le gars ne savait pas que j'avais déjà publié. Plusieurs fois. Et que l'écriture était désormais ma job.

Mais il se permettait de m'inonder de sa sagesse.

Mettons que comme base de dialogue, c'était moyen.

J'oublie toujours que la majorité des gens sur Facebook en viennent à ne plus se rappeler qui sont ces gens qu'ils ont ajouté comme "amis". Mais que cela ne les empêche pas de donner leurs opinions sur les statuts de ces quasi-inconnus. Sans consulter préalablement leur profil pour se rafraîchir la mémoire.

Je ne sais pas trop ce qu'ils espèrent...

Avez-vous une théorie?

mercredi 22 mars 2017

Travail d'équipe (2)

Comme je l'ai déjà mentionné, je travaille depuis plusieurs années sur un projet à six mains. Oui, vous avez bien lu, j'ai écrit "années". Au pluriel.

Parce que le problème avec l'écriture en équipe, c'est qu'on est confrontés à ce genre de situation...

Équipier I (par courriel) - Faut rédiger la C4 pour telle date. J'suis un peu dans le jus, mais j'm'en occupe bientôt.

Moi (toujours par courriel) - Je la fais maintenant si ça te dépanne.

Équipier I - Je veux bien. Faut voir si C est d'accord.

Équipier C - Oui oui, j'suis dans un rush moi aussi, alors allez-y.

Rédaction d'un premier jet de la C4. Relecture du premier jet par Vincent. Envoie aux équipiers. Délai pour laisser les copains lire.

Équipier I - Je ferais quelques modifications. Je les ai mises dans le fichier attaché.

Équipier C - Y'a beaucoup de phrases non verbales.

Moi - Quel fichier attaché?

Équipier C - Ah ah ah!

Équipier I - Oups, le voilà.

Moi (après lecture desdites modifications) - Bonnes suggestions! Je les intègre. Et ça règle le cas des phrases non verbales.

Retravail du texte.

Moi - Ok, voici la version 2.

Délai le temps que tous la lisent et, possiblement, la soumettent à l'approbation de leurs propres conjoints, enfants, premiers lecteurs ou autres conseillers techniques.

Équipier I - Ah! C'est beau pour moi! C, est-ce que ça te va?

Équipier C - C'est parfait!

Bref, même quand tout le monde s'entend bien (ce qui a heureusement été le cas tout au long du projet), la moindre modification ou création d'une page de texte mène à un roman-fleuve de courriels, à d'innombrables versions qu'il ne faut pas oublier de numéroter et à beaucoup, beaucoup, de temps écoulé.

Cela dit, on achève! Vous en entendrez parler sous peu! (Et si vous êtes de fins limiers, vous aurez ptêt deviné l'identité de mes deux complices! ;)

lundi 20 mars 2017

Ah tiens...

Ah tiens, j'avais oublié de planifier un billet pour ce matin.

Désolée, je me reprendrai mercredi.

... Si j'ai fini de réviser le guide de l'utilisateur que mon chum a écrit pour son projet!

Depuis le temps qu'il lit mes nouvelles et mes romans, c'est la moindre des choses de l'aider à mon tour.

Mais 80 pages de documentation techniques en anglais, c'est prenant quand même! O.o

(Une chance que j'ai déjà été tech writer et que le jargon informatique ne m'est pas totalement hermétique)

vendredi 17 mars 2017

Annonces diverses

C'est vendredi!

Avez-vous survécu à notre méga-tempête de neige?

Notre garderie (commodément située à 3 minutes de voiture de chez nous) étant demeurée ouverte, Éliane a pu s'ébattre dans la neige avec ses amis pendant que, après une petite séance de pelletage qui a compté pour mon entraînement du jour, je restais bien au chaud chez moi à écrire.

Vive la vie de travailleuse autonome! hihihihi! ;)

Parlant de travail et d'écriture, deux projets auxquels j'ai collaboré seront bientôt en prévente aux Éditions des Six Brumes. Je vous en parlerai bientôt, mais en attendant, vous pouvez vous préparer à participer au concours du "Cirque des monstres". Le jeu consiste à identifier des auteurs à partir de photos tronquées et de surnoms.

Surveillez la page des Six Brumes pour plus de détails.

Et si vous avez un peu de temps en fin de semaine et que vous aimez les labyrinthes, mon chéri a rendu disponible un jeu d'évasion illustrant les possibilités de son outil de création de donjons virtuels. Pas de monstre à affronter, pas de manipulation difficile avec la souris et le clavier, il suffit de trouver son chemin dans des souterrains pour gagner la partie..

Ceux qui connaissent mon légendaire sens de l'orientation (hum...) se douteront que le beta-test auquel je me suis livrée m'a occupée pendant plusieurs heures... :p 

mercredi 15 mars 2017

Don et contre-don

Évidemment, comme toujours, après avoir annoncé que je prenais une pause de blogue pour les Fêtes, j'ai eu l'idée d'un billet génial, inspiré par tous les articles sur le thème de "Noël est devenu ridiculement matérialiste" et...

Et pour une fois, je me suis retenue de le publier pendant ma pause annoncée et je l'ai gardé pour plus tard. Désolée, donc, s'il arrive trop tardivement pour chambouler votre conception des Fêtes. ;)

Savez-vous d'où vient l'habitude de se faire des présents à Noël et à nos anniversaires?

Elle découle du fondement de toutes les sociétés pré-industrielles : le don et le contre-don. (Aussi nommé évergétisme si on se réfère aux Grecs et aux Romains).

C'est quoi ça? Eh bien, dans la majorité des sociétés anciennes (ou des sociétés actuelles dites "primitives", c'est-à-dire moins obsédées que la nôtre par l'éternel débat Mac ou PC), les gens aisés, pour bien marquer leur importance et leur richesse, faisaient régulièrement des dons à leurs concitoyens moins bien nantis.

Selon les époques et les sociétés, ces dons prirent plusieurs formes. À Babylone, le roi remettait des écheveaux de laine ou des poutres de bois. À Rome, durant l'Antiquité, les riches faisaient des dons en argent ou en pain. Et dans tout l'Europe médiévale, les seigneurs donnaient des lopins de terre.

Pour leur part, les gens moins nantis offraient un contre-don, c'est-à-dire un remerciement plus ou moins symbolique.

À Babylone, les paysans offraient des jours de travail (destinés à entretenir le système d'irrigation des terres) en échange de la laine et du bois. À Rome, les citoyens offraient à leur bienfaiteur la protection de leur présence physique (lors des manifestations) ou leur vote durant les assemblées (non, ça date pas d'hier, mais dans le temps c'était officiel au moins!). Durant l'Europe féodale, les paysans juraient fidélité à leur seigneur (on appelait ça "l'hommage") et remettaient une partie de leur récolte en échange de la terre.

À nos yeux, ces contre-dons ont l'air de loyer ou de paiement différé, mais en fait, les dons avaient souvent une valeur monétaire nettement supérieure aux contre-dons. Les riches et puissants dépensaient la majorité de leur fortune (acquise par le commerce ou la guerre) en dons.

D'accord, tous ces dons et contre-dons étaient rarement désintéressés, mais ils permettaient de cimenter la société, d'aplanir les inégalités et ils s'exerçaient tout au long de l'année. (Et puis entre un riche qui donne sa fortune aux pauvres et un riche qui travaille seulement à accroître son profit, je sais lequel je préfère. Surtout que je ne me fais pas d'illusion : dans les deux cas, s'il veut être élu quelque part, il le sera!)

Cette pratique du don et du contre-don s'étendait à toutes les couches de la société. Lorsque l'administrateur d'un village voulait être réélu malgré des catastrophes (famine, épidémie, incendie, etc.), il faisait des dons aux villageois pour alléger leurs malheurs. Lorsque le fils ainé d'un homme décédé voulait prouver qu'il en était le digne successeur, il faisait des dons à sa parenté, y compris à ses rivaux (qui se retrouvaient obligés de répondre avec un don plus généreux ou de déclarer forfait). Et lorsqu'un père de famille voulait prouver à ses enfants qu'il les aimait, il leur faisait des dons (et les enfants, des câlins!).

Vous voyez où je m'en vais avec ça?

Ben oui : avec le temps, les changements des systèmes économiques et politiques, ainsi que la perte des réflexes généreux des élites, les dons sont devenus des cadeaux, presqu'exclusivement réservés à la sphère familiale.

Et la notion de contre-don, en tant que réponse symbolique qui n'a pas besoin d'avoir la même valeur que le don, s'est perdue.

De nos jours, le seul temps où une entreprise fait des dons, c'est à Noël, devant l'œil d'une caméra et après avoir soigneusement calculé que le remboursement d'impôt additionné aux retombées médiatiques renflouera ses coffres.

Au sein des familles, les gens se sentent obligés de donner des cadeaux de la même valeur monétaire que ceux reçus. Même si la personne qui leur offre le cadeau est trois fois plus riche qu'eux. Même si cela les pousse à l'endettement. Les cadeaux sont devenus des transactions économiques au lieu d'être des expressions de générosité des plus nantis envers les plus démunis. Après tout, en cette ère du paraître, personne ne voudrait admettre un défaut de richesse!

Je trouve ça infiniment triste. Parce que souvent, devant le casse-tête économique que sont devenus les cadeaux, on abandonne simplement (volontairement ou sur insistance de nos créanciers!). Il n'y a presque plus de présents pour les adultes sous les sapins de Noël. Plus de cadeaux d'anniversaire quand on a passé 25 ans.

Depuis deux ans, profitant de mon statut d'écrivaine sans le sou, j'ai décidé de renverser la tendance et je me suis mise à offrir à ma parenté de petits cadeaux symboliques. Quelques biscuits, des tuiles au chocolat, des noix sucrées, des plats cuisinés... bref, des dons de temps (ressource dont je suis relativement riche) et d'amour.

En échange, j'ai reçu des livres, du vin, des câlins, des bisous, des visites au spa (merci chéri!), selon les moyens de la personne qui recevait le cadeau.

Et, savez-vous quoi? Je ne me suis jamais sentie spoliée ou gênée. Il y a eu don, il y a eu contre-don, les calculatrices ne sont pas intervenues et c'était parfait! :)

J'espère que, peu à peu, l'habitude des cadeaux symboliques, des petits gestes généreux qui veulent simplement dire "je pense à toi" ou "je sais que tu en as besoin", et qui sont dénués d'attente de contrepartie monétaire de valeur équivalente, reviendra dans ma famille.

Car pour une historienne, ressusciter un petit bout de passé, c'est toujours le plus beau des cadeaux! ;)

Et qui sait, ptêt qu'un jour j'arriverai aussi à convaincre des entreprises et des millionnaires de se remettre à l'évergétisme. J'aimerais aussi faire l'élevage de licornes... :p