mardi 22 juillet 2014

Scène de bureau (39)

L'Employé a changé de job (et on le comprend). Maintenant, ce jeune informaticien travaille pour une plus petite compagnie. On l'a assigné à un projet très intéressant. En partenariat avec le Groupe, une filiale d'une Grosse compagnie internationale, il développe un logiciel pour la Grosse compagnie. Le Groupe s'occupe de la gestion des bases de données et lui-même code l'application qui va fouiller dedans.

Tout va bien au début, mais bientôt il découvre que le Groupe n'est pas très coopératif. Il change des standards sans l'aviser. Il fournit des données non testées ou incomplètes. Il prend des jours à répondre à ses demandes. Bref, c'est le bordel.

Et du côté de la Grosse compagnie, la désorganisation semble régner. Il n'y a pas une journée où l'Employé ne reçoit pas une demande qui devrait s'adresser au Groupe. Il soupçonne que le Groupe doit recevoir des demandes qui s'adressent à lui. Mais comme le Groupe ne collabore pas, ces courriels ne se rendent pas jusqu'à lui.

Un jour, en découvrant, avec écoeurement, que la Grosse compagnie vient de rejeter sa dernière version de l'application sous prétexte qu'elle ne rencontre pas les exigences spécifiées le mois précédent (exigences qu'il n'a jamais reçu), il apostrophe un de ses collègues.

Employé - Coudonc, c'est moi où la Grosse compagnie, elle est désorganisée au possible? Pis le Groupe, méchante gang de broche à foin!

Collègue - Oh, attend, t'as rien vu. Je vais t'envoyer un courriel.

L'Employé reçoit ledit courriel de son collègue et l'ouvre. Il contient un article de journal. Le gros titre est le suivant :

"La Grosse compagnie se poursuit elle-même".

Écarquillant les yeux, l'Employé lit le premier paragraphe.

"Insatisfaite des délais dans l'accomplissement d'un projet confié au Groupe et lui reprochant un manque d'organisation du travail flirtant avec le sabotage pur et simple, la Grosse compagnie a lancé une poursuite de plusieurs millions de dollars... avant de réaliser que le Groupe est l'une de ses propres filiales. La désorganisation reprochée ne semble donc pas limitée au Groupe..."

Employé (à son collègue) - Euh... c'est une blague?

Collègue - Non.

Employé - Ben là... je fais quoi moi?

Collègue - De ton mieux. Pis tu te stresses pas avec le reste. Les patrons sont au courant que c'est un projet tout croche, mais tant que la comptabilité de la Grosse compagnie va nous payer, ils sont pas prêts à jeter l'éponge.

Employé - Ah... ok je suppose.

Et l'Employé se remet au travail. Depuis ce temps-là, chaque fois qu'il a l'impression que son mandat tient d'une balade dans la maison qui rend fou, il relit l'article. Et ça le réconforte. Peut-être qu'un jour il parviendra à terminer le projet.

(Et oui, cette anecdote est véridique!)

lundi 21 juillet 2014

Cyrano - Enfin!

Vous vous en souvenez peut-être pas, mais l'année dernière, à pareille date, je m'enthousiasmais parce que le TNM avait mis Cyrano de Bergerac à l'affiche pour sa saison 2014.

J'avais aussitôt acheté des billets. Des maudits bons billets. Pas mal chers. Pour le vendredi soir 18 juillet 2014, soit le premier vendredi où la pièce serait à l'affiche. Une date pas trop loin de ma fête. Je voulais nous gâter mon chéri et moi. Depuis le temps qu'on aime Cyrano!

Sauf qu'en juillet 2013, les plans de bébé stagnaient depuis des années. Je ne pouvais pas me douter qu'un an plus tard, je serais en fin de grossesse. À 37 semaines et demi de grossesse précisément. 37 semaines... Comme dans "bébé est à terme et pourrait arriver n'importe quand, y compris pendant la scène du balcon"!

Qu'à cela ne tienne! Dès que je me suis rendue compte du problème potentiel, j'ai fait un pacte avec la puce. "À moins d'urgence médicale, ma chérie, tu restes dans mon bedon jusqu'au 19 juillet, ok? Après ça, c'est quand tu veux."

J'ai eu peur de ne pas arriver à contrôler mon diabète et que les médecins décident de provoquer l'accouchement d'avance. Ça ne s'est pas produit. J'ai eu peur que ma tension artérielle monte trop haut, dégénère en pré-éclampsie et force les médecins à provoquer l'accouchement d'avance. Là encore, je m'en suis sauvée.

Et la puce a respecté notre pacte.

Alors vendredi soir, mon chum, ma bedaine et moi, sommes allés au théâtre! :)

C'était fascinant de voir enfin cette pièce prendre vie grâce à des comédiens professionnels. Jusque là, j'en avais monté des extraits au cégep et j'avais écouté un nombre déraisonnable de fois l'adaptation cinématographique mettant Depardieu en vedette, mais cela n'avait pas la magie d'une vraie représentation théâtrale. La version du TNM valait l'année d'attente, le prix des billets... et l'inconfort des bancs du théâtre, vraiment pas conçus pour une bedaine de neuf mois de grossesse! :p

Habitués au ton très sombre de l'adaptation cinématographique, on a d'abord été un peu déstabilisés par l'allure très burlesque du premier acte, mais ensuite le jeu de tous les comédiens, tel que requis, a lentement glissé vers un registre plus retenu et émotif. Cyrano est, après tout, une histoire où l'on doit passer du rire aux larmes. Et les deux ont été au rendez-vous.

Par moment, on a senti un peu que la pièce n'en était qu'à sa troisième représentation, car la musique d'accompagnement couvrait parfois un peu le texte (sans importance pour nous : on le connaît par coeur, mais il faudrait penser à baisser le son), il y a eu quelques accrochages au niveau des gestes (les hommes devront notamment s'entraîner à rengainer leurs épées) et le texte n'était pas toujours parfaitement fluide dans la bouche de certains comédiens (pas évident de prononcer des alexandrins aussi ornés de manière à bien en faire ressortir le sens et l'émotion), mais il n'y avait rien là pour gâcher notre plaisir. Et même, je dirais que ces petites imperfections, qui nous rappellent qu'on est au théâtre et qu'on regarde des êtres de chair qui performent en direct, n'ont fait que souligner l'excellence des comédiens.

Impossible de ne pas admirer Patrice Robitaille en Cyrano, qui se donne à fond et termine la pièce à bout de souffle et de forces... soit en parfaite harmonie avec son personnage. Magalie Lépine-Blondeau est une excellente Roxane, qui sait nous faire croire à son désespoir lorsque sa façade de précieuse écervelée vole en éclat. François-Xavier Dufour, enfin, nous offre un Christian parfait (la scène sur le banc avec Roxane, où il ne sait comment lui parler, était tout simplement géniale!). Les autres comédiens font presque tous double ou triple emploi et s'en tirent à merveille, soutenus par des costumes flamboyants (hourra pour le budget costume du TNM) qui les aident à créer ces multiples identités (on se demande encore par contre pourquoi certains costumes et armes de l'acte 4 évoquaient autant l'esthétique de la Première Guerre).

Finalement, la mise en scène très physique et l'ingénieux dispositif scénique complètent l'expérience et font de cette version de Cyrano de Bergerac une pièce à voir.

Je dirais même à revoir, mais on va être réaliste : la puce risque de naître avant que je me trouve d'autres billets! ;)

vendredi 18 juillet 2014

Tranche de vie (6)

Question qui m'est souvent posée ces temps-ci :

- Pis, en voulez-vous un deuxième?

Ma réponse :

- Euh... On sait pas encore.

La remarque qui suit invariablement :

- Ah oui, c'est vrai que t'as pas une grossesse facile.

Hein? J'ai jamais eu de nausées, j'ai à peine pris 16 livres, j'suis rendue à neuf mois sans avoir le souffle particulièrement court et je peux encore me pencher pour attacher mes souliers. Ok, j'suis vraiment fatiguée, j'ai vécu des moments de stress intenses, j'ai dû surveiller mon alimentation à cause du diabète de grossesse et j'ai été alitée momentanément (une grosse semaine) à cause de ma tension artérielle (qui fait que je dois encore me prévoir des périodes de repos fréquentes), mais franchement, je connais bien des filles pour qui la grossesse ça a eu l'air pas mal plus pénible que pour moi. La "facilité" c'est relatif faut croire.

Mais j'ai envie d'accoucher de ma puce, de m'émerveiller de sa présence et de voir comment on s'adapte à la vie de famille avant de penser à un deuxième enfant.

C'est si bizarre que ça?

jeudi 17 juillet 2014

Écrivaine engagée?

Souvent, j'écris des textes inspirés de l'actualité politique.

Ce sont parfois des textes qui dénoncent certaines réalités politiques.

Surtout dans le cas de mes nouvelles mettant en vedette Marie, l'agente du SCRS.

Et des fois, je me dis...

"Ouin, si je fais une demande de bourse au Conseil des arts du Canada, j'suis mieux de pas inclure ces textes-là."

Je sais pas si je trouve ça amusant ou dérangeant de penser que, du point de vue de fonctionnaires fédéraux, je pourrais avoir l'air d'une écrivaine aux écrits engagés.

Mais ça permet de se mettre dans les souliers d'écrivains étrangers (ou d'auteurs des siècles passés) qui se sont vus associés à des mouvements protestataires... parfois contre leur gré!

mercredi 16 juillet 2014

Conseils bien intentionnés (6)

Beaucoup de mamans de la génération précédente m'ont mise en garde contre le guide "Mieux vivre avec son enfants de la naissance à deux ans" distribué par le gouvernement du Québec. Selon elles, mieux vaut se fier aux conseils éprouvés de mères d'expérience plutôt qu'à une "bible publiée avec l'argent de nos impôts" et qui donne l'impression que tout ce qui a été fait avant sa parution est mauvais et "quasiment criminel".

Au chapitre des pratiques prônées par le "Mieux vivre" et décriées par ces "anciennes" mamans?

- Allaiter (ou nourrir au lait maternisé) exclusivement les enfants jusqu'à six mois. Voyons, donc, ça n'a pas de bon sens selon elles. Les enfants doivent avoir faim! Pourtant, quand je regarde les bébés de mes amis, l'expression "cochon de lait" me semble prendre tout son sens. Ils sont potelés en masse!

- Interdire le lait de vache avant 9 mois. Ben oui, les générations d'avant en ont bu plus tôt. Mais on leur a aussi servi des céréales plus vite, pour compenser les éventuelles carences alimentaires. Et on constate beaucoup d'allergies alimentaires chez les enfants qui ont mangé des solides très tôt et chez leurs descendants. Avec les nouvelles découvertes, on espère inverser cette tendance.

- Coucher les enfants sur le dos. Ce que j'entends le plus souvent : moi je couchais mes enfants sur le côté/ sur le ventre et ils sont pas morts. Et c'est vrai que, selon les dernières statistiques, coucher les enfants sur le dos diminue le risque de mort subite du nourrisson de seulement 1% ou 2% par rapport aux enfants couchés dans une autre position. Mais qui se porte volontaire pour être le parent sur 100 qui découvrira son enfant mort dans son lit?

- Asseoir le bébé dans son siège d'auto adapté (et non le tenir dans ses bras). Ceux qui s'indignent de cette obligation "inutile" ont connu l'époque de la ceinture de sécurité facultative. Pour les gens de mon âge, le siège d'auto adapté est une évidence. La complexité de la réglementation les entourant et les méthodes d'installation le sont moins, mais bon...

- Interdire énormément d'aliments aux futures mères. Ben non, de nos jours, les futures mamans ne boivent pas d'alcool, ne fument pas, ne mangent pas de fromage à pâte molle, ni de steak saignant, ni de sushi, ni de foie, ni de charcuteries froides, ni de légumes non lavés, etc. Ben oui, avant les femmes se cassaient pas la tête avec ça. Leurs enfants n'en ont pas été affectés? Tant mieux. Mais je gage que s'ils l'étaient, les mamans ne s'en vanteraient pas.

Au début, je ne comprenais pas pourquoi autant de femmes crachaient sur un bouquin qui a été conçu afin de donner à tous les parents une "formation" de base sur la grossesse et les soins à donner à leurs futurs enfants. Je ne voyais pas en quoi la distribution uniforme d'une information claire et à jour causait un malaise chez certaines mamans des générations précédentes.

Puis, un soir, au détour d'une conversation, mon chum et moi avons appris à ma belle-mère qu'on déconseille maintenant aux femmes enceintes de manger du foie, parce que ça contient trop de vitamine A et que ça peut endommager les yeux des bébés. Dans son temps, on disait d'en manger deux fois par semaine. Elle a écouté le conseil. Ses deux fils portent des lunettes. Je sais que depuis ce soir-là, elle est affligée d'un accès de la maladie parentale par excellence : la culpabilité. Elle se demande si la vue imparfaite de ses enfants, c'est de sa faute. La réponse est : NON! Premièrement, elle-même et son mari portent des lunettes, alors peut-être que la vitamine A n'a rien à y voir. Deuxièmement, belle-maman a fait au mieux avec l'information disponible à son époque. On n'a pas à se sentir coupable de faire les choses au mieux, d'agir au meilleur de nos connaissances.

Par contre, ce serait idiot, pour essayer de s'épargner un peu de culpabilité à rebours, de ne pas doter les générations de parents suivantes de la dernière information disponible, d'un coup qu'elle différerait des pratiques anciennes.

Récemment, un article dans La Presse m'a paru faire écho à l'attitude méfiante des mamans des générations précédentes. La journaliste semblait y dire que les parents "modernes" ont perdu tout instinct et tout jugement à cause de l'abondance d'information provenant de ce guide "Mieux vivre".

Ah bon? Au contraire, me semble que cette lecture m'a donné une certaine confiance en moi. Parce que 90% des trucs contenus dans ce bouquin m'ont semblé évidents. Et le 10% restant, j'ai été heureuse de l'apprendre. Au final, je me suis dit que, sans le guide, j'aurais fait ce qu'il fallait, d'instinct, 90% du temps. Quand même pas pire...

Les parents, selon la journaliste, deviennent démunis lorsqu'un sujet n'est pas couvert par le livre. Euh, ça dépend des parents. Celui qui n'est pas capable de comprendre que si on ne doit pas donner plus d'une demi-tasse de jus de fruit par jour à un enfant de deux ans, on ne doit certainement pas donner 5 portions de lait au chocolat par jour à un enfant de trois ans, je pense qu'il aurait été démuni de toute façon. Et la mère qui laisse son bébé tout seul dans la voiture, elle le laisse probablement tout seul dans son parc aussi. Et peut-être même dans son bain.

Même si le guide conseille clairement de ne pas le faire.

Et la grand-maman aussi.

mardi 15 juillet 2014

L'investissement que je ne ferai jamais

Récemment, vous vous en rappelez peut-être, j'ai reçu un héritage et donc réussi à avoir un certain "lousse" financier. Je l'ai aussitôt investi pour diminuer notre seule dette (notre hypothèque), ce qui me permet maintenant d'envisager quelques années d'écriture à temps plein.

Cela dit, alors que je m'apprêtais à prendre cette décision, une amie m'a suggéré d'acheter un logement que je pourrais louer. Ça, disait-elle, ce serait un investissement à long terme, quelque chose qui me rapporterait plus que le 3% d'intérêt que je payais sur mon prêt hypothécaire.

Bon, premièrement, les taux d'intérêt, ils risquent de monter. Deuxièmement, en même temps que je réduis ma dette, ma maison prend de la valeur. Troisièmement, je me fous des chiffres : ne plus verser la moitié de notre revenu familial annuel à mon banquier, c'est vraiment bénéfique pour ma tranquillité d'esprit!

Ces considérations mises à part, s'il y a un investissement que je ne ferai jamais, c'est bien dans un logement locatif.

Mon chéri et moi avons été locataires pendant plusieurs années. Sept années dans le même logement en fait, un minuscule demi-sous-sol. Au début, l'appartement avait du vécu (genre le prélard de la cuisine avait des trous et on voyait qu'il y avait eu des couches successives), mais après qu'on l'ait bien frotté, repeint, etc, il était à peu près habitable (malgré le fait que lorsqu'il ventait fort, mes rideaux battaient au vent même si les fenêtres étaient fermées).

Mais pendant les cinq premières années où on a vécu là, le proprio n'a jamais fait de rénovations, malgré nos demandes. Évidemment, parce qu'il ne changeait rien, on refusait les augmentations de loyer. Finalement, il a fallu qu'on lui envoie une mise en demeure parce que la porte-patio était tellement pourrie que je retrouvais non seulement des bibittes d'humidité et des araignées, mais aussi des vers de terre sur le plancher de mon logement!!! Peu de temps après, le proprio a décidé de remplacer le prélard de notre cuisine (y'était temps). Sauf qu'il a engagé une gang broche à foin qui a passé l'ancien prélard à la sableuse industrielle. Sans me prévenir des conséquences à attendre. Je vous laisse imaginer de quoi ça peut avoir l'air un trois et demi envahi par la poussière (toxique) de sept couches de vinyle passées à la sableuse. Y'en avait jusque dans les plis des draps rangés dans la lingerie. Mettons que le proprio a reçu une autre mise en demeure!

Bref, j'ai connu quelques mauvaises expériences en tant que locataire. Mais d'un autre côté, je regarde les réglementations, ainsi que ce que les associations de locataires réclament et ça me décourage complètement de devenir propriétaire de loyer.

C'est vrai que l'augmentation de loyer possible, en regard des sommes investies en rénovation, n'est vraiment pas élevée. Je comprends que c'est pour éviter des chocs tarifaires à des locataires qui n'avaient pas prévu ça. Mais si les proprios ne récupèrent pas leur investissement, ça les encourage à laisser les logements se détériorer. Et maintenir en état un bâtiment qui a de l'âge, ben la propriétaire que je suis désormais sait que ça coûte cher (quand on vient de changer les fenêtres, faut commencer à économiser pour refaire la toiture).

Deuxièmement, devoir dévoiler le loyer du locataire d'avant, je comprends que là encore ça sert à éviter des hausses trop élevées au moment du changement de locataire. Mais quand le proprio gardait un loyer volontairement bas pour accommoder un locataire fiable et de longue date, il devrait ensuite pouvoir se remettre au prix du marché. Surtout que le locataire qui signe le nouveau bail, il a la possibilité de magasiner son prix, de le négocier... mais bon, je comprends qu'il faut quand même un mécanisme de contrôle, parce que y'a des proprios qui abusent.

Troisièmement, il est illégal au Québec d'exiger un dépôt de sécurité pour couvrir d'éventuels dommages au logement. Là encore, je comprends la logique : on ne veut pas que des locataires à faible revenu, incapables d'amasser une sommes conséquente en dépôt de sécurité, ne puissent plus se louer de logement. En plus, on s'inquiète de l'honnêteté des propriétaires : ils pourraient prendre n'importe quel prétexte pour refuser de rendre le dépôt.

Cela dit, pour avoir vu comment certains locataires traitent leur logis (et là je ne parle même pas de gens qui font des trous dans les murs ou invitent les coquerelles à s'installer, juste de gens qui ne lavent jamais un mur ou ne prennent pas la peine de prévenir le proprio quand un robinet coule "juste un peu"), je trouve que le dépôt de sécurité est un concept qui mériterait d'être réfléchi. Ou, à la limite, qui pourrait être demandé dans certaines circonstances. Par exemple, si le logement vient tout juste d'être abondamment rénové ou encore si le locataire ne peut pas présenter de référence ou s'il a un gros chien.

D'ailleurs, parler de chien m'amène à la quatrième raison, abondamment débattue ces jours-ci, qui fait que je ne serai jamais propriétaire de logements à loyer. Voyez-vous, les associations de locataires désirent maintenant forcer les propriétaires à accepter les animaux de compagnie. Encore là, je comprends la logique : les restrictions sur les animaux de compagnie font que beaucoup de gens abandonnent leurs animaux au moment d'un déménagement. C'est cruel pour l'animal. Parce que non, un chien c'est pas l'équivalent d'une chaise, c'est un être vivant, il mérite d'être protégé.

Mais un chien, c'est aussi un être vivant qui peut pisser (ou pire) sur un tapis, rayer les planchers, gruger les portes d'armoire, aboyer à toute heure du jour, etc. Je comprends les proprios qui n'en veulent pas dans leurs logements. De même que je comprends ceux qui acceptent les chats, mais en limitent le nombre (j'ai connu une fille qui vivait avec huit chats dans un trois et demi, j'vous laisse imaginer l'odeur de litière qui flottait en permanence chez elle... ainsi que chez ses voisins immédiats!).

Bref, dans cette histoire de propriétaires et de locataires, je ne peux pas dire que j'ai des opinions arrêtées. Je comprends les positions des uns et des autres.

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça?

lundi 14 juillet 2014

Le rôle des blogues dans mon parcours d'écrivain

Suite à l'appel à tous de Pierre-Luc Lafrance (que je lui avais un peu suggéré), je me suis retrouvée à m'interroger sur le rôle que les blogues ont joué dans mon parcours d'écrivain.

Il faut d'abord que je précise : en tant que lectrice j'avais découvert l'existence d'une partie du milieu de la SFFQ vers 1995 (j'avais 13 ans), grâce au recueil Escales sur Solaris sur lequel j'étais tombée par hasard à la bibliothèque municipale. À l'époque, les blogues n'existaient même pas! Le recueil m'a fait découvrir la revue Solaris, que j'ai lu de temps à autres (toujours à la bibliothèque), pendant quelques années, sans oser soumettre un texte (un premier roman refusé ayant déjà trop amoché mon égo d'adolescente). Dans les pages de la revue, j'ai appris l'existence du Congrès Boréal. Mais ma naïveté adolescente m'a fait croire qu'il s'agissait d'un événement réservé aux auteurs publié, où on ne se présentait que sur invitation.

Les années ont passé, j'ai cessé de hanter la bibliothèque municipale et perdu Solaris de vue. Cependant, lorsque, en 2006, j'ai écrit une nouvelle policière qui me semblait avoir une chance d'être publiée, j'ai fouillé le web à la recherche de l'équivalent de Solaris, mais en policier. Coup de chance : je suis facilement tombée sur la revue Alibis. Je leur ai envoyé mon texte et j'ai attendu.

Et attendu.

Le texte a finalement été publié en 2008. La revue m'a invitée au Salon du livre de Montréal. Là j'ai découvert plusieurs personnes sympathiques. Qui, visiblement, se connaissaient et se parlaient en dehors des salons. Et qui gravitaient toutes autour des genres de l'imaginaire.

J'ai eu envie de faire partie de cette gang-là. J'ai donc fouillé le web à nouveau. Je savais (grâce mon chéri plutôt bien renseigné côté tendances virtuelles) qu'une nouvelle mode existait, la mode des blogues. Je me suis dit qu'il devait bien y en avoir qui parlaient de littérature québécoise "de genre".

Je suis tombée sur le blogue de Richard Tremblay, dit L'Ermite de Rigaud. Grâce à son blogroll, j'ai découvert ceux qui allaient devenir mes premiers modèles, c'est-à-dire Mathieu Fortin, Dominic Bellavance, Jonathan Reynolds, Élisabeth Tremblay (qui m'impressionnaient beaucoup, parce qu'ils avaient tous déjà publié des romans), ainsi que mes futurs amis, Isa Lauzon, Pierre H. Charron, Ariane Gélinas, Guillaume Voisine, Dave Côté et... j'en oublie c'est sûr! J'ai aussi découvert Fractale Framboise, les Six Brumes et Brins d'éternité. J'ai commencé à lire tout ce beau monde, discrètement, sans oser intervenir.

Quelques mois après cette découverte, mon chum m'a fait remarqué que ce serait pas si compliqué de m'ouvrir un blogue moi aussi. Que ça pourrait me servir à me faire connaître. J'ai donc créé "La plume et le poing" en juin 2009. Armée d'un profil Blogger, j'ai pu commencer à commenter sur les blogues des autres. Des discussions intéressantes ont eu lieu, un effet d'entraînement a amené des lecteurs chez moi... Et j'ai pris pied dans le milieu, mine de rien.

Contrairement à plusieurs, j'ai manqué le Congrès Boréal de 2009, passant plutôt du virtuel au réel durant le Salon du livre de Montréal 2009. C'est là que j'ai rencontré Isa Lauzon en vrai (une chance que Mathieu nous a présentées l'une à l'autre, sinon nos deux histoires auraient sans doute connu une autre tournure! lol!), ainsi que la majorité des autres. C'est notamment lors de ce salon que j'ai jasé pour la première fois avec les Six Brumes de mon projet de novella, le futur Chasseur. Rendue au Congrès Boréal 2010, je connaissais déjà tout le monde et il semblerait que j'aie donné à plusieurs l'impression que je faisais partie de la gang depuis longtemps! ;) (Alors que je reste l'une des tard venue).

Avant de prendre contact virtuellement avec le milieu SFFQ, j'avais déjà réussi à publier deux textes en dehors des genres de l'imaginaire (l'un chez Alibis, l'autre chez l'Inconvénient). J'écrivais et je soumettais régulièrement mes créations et je crois qu'au pire j'aurais continué ainsi, seule dans mon coin, papillonnant de genre en genre. Cependant, les contacts virtuels avec le milieu SFFQ m'ont appris à mieux cibler mes envois, à connaître davantage les attentes des différents supports et à être à l'affût des concours et autres opportunités. Ils m'ont aussi donné envie d'écrire davantage de nouvelles reliées aux genres de l'imaginaire, plutôt que de me limiter au noir et au policier... ne serait-ce que pour le plaisir de pouvoir ensuite en discuter! (On se refait pas! ;)

Finalement, c'est parce que j'ai un jour annoncé sur mon blogue avoir eu une idée pour un roman jeunesse que Pierre Chartray m'a contactée. L'aventure des Hanaken et mon entrée dans le club restreint des "auteurs publiés pas juste en revue" a donc débuté par un billet de blogue.

Mon âme d'historienne se dit qu'à une autre époque, j'aurais sans doute été une assidue des cafés littéraires, avec des résultats semblables sur ma vie sociale et ma carrière! ;)

Présentement, les blogues sont moins actifs, mais malgré l'existence de groupes Facebook ou de réseau Twitter d'écrivains, je n'ai pas l'impression que ces deux médias là, handicapés par leur exigence de concision, posent les bases d'une communauté aussi solide que celle née des blogues. L'avenir le dira! ;)

Allez, c'est à votre tour. Si les blogues ont joué un rôle dans votre parcours d'écrivain, c'est le moment de nous le raconter (ici ou chez vous!).