vendredi 15 décembre 2017

Canulars littéraires et incultures

Ah, les canulars littéraires!

Me semble qu'on a droit à un nouveau à tous les cinq ans.

Mis à part les plus célèbres d'entre eux (comme Romain Gary qui gagna un deuxième Goncourt sous le pseudonyme Émile Ajar), la plupart des supposés canulars littéraires reposent sur la volonté de prouver que les éditeurs modernes sont des incultes qui ne publient que des textes "faciles".

Nous avons eu droit à un nouvel épisode récemment. Un homme a envoyé à 19 éditeurs un roman, paru en 1962, d'un auteur Français nobelisé. Six mois après, il a reçu 12 refus (dont un qui se plaignait de phrases sans fin et de personnages mal dessinés) et 7 silences. Sa conclusion :  "Aujourd'hui, c'est le concept de livre jetable qui fait fureur."

Je trouve un peu déplorable que Radio-Canada ait relayé cette histoire sans la critiquer un brin, car plusieurs choses me sautent aux yeux en la lisant :

1- Recevoir un taux de réponse (fussent-elles négatives) de plus de 50% après six mois, dans le contexte actuel du milieu de l'édition, c'est déjà pas si mal. Cela signifie que des lecteurs ont pris la peine de lire au moins une partie du texte.

2- Recevoir une réponse motivée, c'est toujours bon signe : quelqu'un a lu le texte jusqu'au bout. Donc il ne l'a pas rejeté d'amblée sous prétexte qu'il n'était pas "facile". On lui a donné sa chance.

3- Le roman a été publié en 1962, soit il y a 55 ans! Évidemment que le style d'écriture n'est plus au goût du jour! (Les phrases à rallonge, notre monde trépidant les apprécie moins.) Et nos connaissances de la psychologie ayant évolué et s'étant propagées, les chances sont bonnes pour qu'on ne trouve pas que l'auteur dresse un portrait suffisamment juste de ses personnages. (The Rest of the Robots d'Isaac Asimov est paru dans les mêmes années. J'suis pas mal sûre que si Alire en recevait une nouvelle version, ils n'en voudraient pas. Entre autres parce que l'écriture est pénible et que les personnages sont à peine définis!)

4- Le roman ayant déjà été publié (et primé! et l'auteur nobelisé!), les chances sont bonnes pour que les idées soient passées dans l'imagination populaire et qu'elles donnent donc une impression de "déjà lues, déjà vues" à un éditeur, même s'il ne reconnaît pas le texte. Or, les éditeurs cherchent des écrits qui se démarquent, pas qui ressemblent à ce qui existe déjà.

Bref, j'en ai marre de ces supposés canulars qui ne prouvent, tant qu'à moi, que la méconnaissance du milieu littéraire et de la littérature contemporaine de ceux qui s'y livrent.

Non, on ne publierait pas Camus ou Tolkien ou Balzac ou Tolstoï ou Asimov de nos jours. À tout le moins, pas sans une réécriture de fonds en combles. Mais, tant qu'à moi, c'est parce qu'ils vivaient et écrivaient à une autre époque, dont ils étaient le reflet. Ce n'est pas parce que les éditeurs cherchent à imprimer des livres faciles ou jetables (ils rêvent tous que leurs auteurs remportent des gros prix et vendent des milliers de copies pour les siècles à venir). C'est simplement parce que les éditeurs vivent maintenant et qu'ils savent ce qui intéressera le public actuel, car c'est ce qui les intéresse aussi. Je ne crois pas qu'aucun éditeur publie un livre qu'il n'estime pas intéressant et vendeur! Cependant, ce qui intéresse et vend de nos jours n'est pas ce qui intéressait et vendait il y a cinquante ans.

Alors désolez-vous de l'inculture des éditeurs si vous voulez et déplorez un "bon vieux temps" révolu, mais pour ma part je préfère vivre maintenant, écrire maintenant, refléter mon époque et arrêter de penser que c'était mieux avant! (En tant qu'historienne, je vous garantis qu'on vit dans un siècle merveilleux, même si, oui, y'a des trucs qu'on a perdu).

À la limite, si vous voulez vous complaire dans la nostalgie,  écrivez à propos d'un habitant de notre époque qui trouve que c'était donc mieux avant, vous ne manquerez pas de public et je suis sûre que les éditeurs le verront! :p  Qu'est-ce que vous en dites? ;)

mercredi 13 décembre 2017

Relations distantes

Quand je commente les textes de mes amis, de mes participants d'atelier ou des jeunes écrivains que je coach, il m'arrive souvent d'écrire des trucs comme :

Pas d'élision ici. "Je hoche" et non "J'hoche"... Une histoire de h aspiré ou pas, je te laisse vérifier.

ou

Ce verbe-là exige un complément. Parce qu'il est... transitif ou intransitif, cherche si tu veux.

Avec les ans, je constate que j'ai désormais une relation assez distante avec la grammaire et l'orthographe. Il fut une époque où je les fréquentais beaucoup, alors je les connais très bien. Je sais pas mal tout le temps quand quelque chose est mal écrit ou mal accordé. (Cela dit, personne n'est à l'abri d'une inattention!)

Demandez-moi pas c'est quoi la règle par contre! J'm'en souviens plus et j'ai rarement envie d'aller la chercher. J'suis écrivaine, pas réviseure! :p (Vous remarquerez toutefois que j'encourage les autres à se livrer aux fouilles appropriées. C'est de même que j'ai appris à ne plus faire de faute : quand j'en faisais, on me forçait à chercher pourquoi. À la longue, j'ai décidé que ce serait plus simple d'écrire correctement du premier coup! Hihihihihi!)

Et vous, comment vont vos relations avec la grammaire et l'orthographe? ;)

lundi 11 décembre 2017

Varier la syntaxe

Les répétitions de mots sont souvent la bête noire des écrivains. On veut être précis, mais répéter quatre fois "vaisseau spatial" ou "combat" en autant de phrases, ça fatigue un lecteur!

Ce phénomène est connu, alors la plupart des manuels d'écriture parlent de l'importance du vocabulaire et Antidote permet de traquer les répétitions de mots ou même d'obtenir des statistiques de leur utilisation. Alors les écrivains débutants passent souvent beaucoup de temps à polir leur vocabulaire (parfois en abusant d'ailleurs des synonymes approximatifs, parce que non, un pistolet pis un revolver, c'est pas la même chose, même s'il s'agit de deux armes à feu).

Cependant, il me semble que je n'ai pas entendu souvent parler de la syntaxe répétitive. Pourtant, ça énerve encore plus que le vocabulaire identique.

Qu'est-ce que je veux dire? Voici un exemple :

Sally se réveille en sursaut. Elle remarque la musique trop forte qui l'a tirée du sommeil. Elle enfile le peignoir qui traînait sur le sol à côté du lit. Elle se rend jusqu'à sa fenêtre et elle regarde dehors. Elle aperçoit la bande de voyous qui se sont installés sous sa fenêtre et qui fument un joint au son de la musique qui sort de leur vieille radio surdimensionnée. Elle se rappelle en avoir possédé une comme ça lorsqu'elle était petite et qu'elle vivait encore chez ses parents. Elle ne se laisse cependant pas attendrir par la nostalgie. Elle prend son téléphone et appelle la police. Elle veut dormir!

Est-ce que ça vous écorche les yeux? Oui? Sautez le paragraphe suivant. Non? Lisez le paragraphe ci-dessous :

Sally se réveille en sursaut, tirée du sommeil par une musique trop forte. Elle enfile le peignoir qui traînait sur le sol à côté du lit, se rend jusqu'à sa fenêtre et regarde dehors. Une bande de voyous s'est installée sous sa fenêtre pour fumer un joint au son de la musique sortant de leur vieille radio surdimensionnée. Elle en possédait une comme ça lorsqu'elle était petite et vivait encore chez ses parents. Cependant, la nostalgie ne suffit pas à l'attendrir : elle prend son téléphone et appelle la police. Elle veut dormir!

Voilà, vous comprenez ce que je veux dire, maintenant? Vous voyez la différence entre les deux textes? Y'a pas de quoi gagner un GG avec le second passage, mais déjà, en gardant les mêmes idées et presque le même vocabulaire, toutes les phrases ne se ressemblent pas. J'ai joué sur l'ordre des mots, la longueur, le rythme. Les phrases n'ont pas toutes le même nombre de propositions, certaines sont introduites par des passés simples, d'autres par des pronoms relatifs, d'autres par des conjonctions de coordination et j'ai même utilisé un deux points.

De mon point de vue, le deuxième texte me semble largement supérieur au premier. Tout simplement parce que la syntaxe ne se répète plus. (Je crois que ça fait partie d'un bon style d'écriture). Qu'est-ce que vous en pensez? Devrait-on conseiller davantage aux apprentis écrivains de varier leur syntaxe? (Honnêtement, je n'y avais jamais vraiment réfléchi auparavant, parce que je croyais que ça venait tout seul à tout le monde, mais les dernières années m'ont appris, durement, que ce n'est pas le cas!)

vendredi 8 décembre 2017

Me v'là au 21e siècle!

Coudonc, suffisait que j'en parle! lol!

Je sais pas si mon beau-papa a lu mon billet d'hier et décidé de me mettre au défi, mais voilà qu'il vient de m'aider à déverrouiller son vieil appareil mobile (lui, il a désormais un IPhone récent) pour que je puisse l'utiliser à la place de mon flip antédiluvien.

Donc...

Moi qui tiens mon nouveau téléphone intelligent à deux mains comme une mémère

Ben oui : j'suis désormais propriétaire d'un téléphone intelligent! Héhéhé! Attendez-vous à voir plus de photo sur le blogue en 2018! ;) (Et probablement mal cadrées et mal éclairées, avec des filtres bizarres, le temps que je pogne l'habitude...)

Cela dit, les tentations d'être branchée en permanence resteront minces, parce qu'il n'est pas question que je paie pour un forfait de données (ça fitte pas dans mon budget d'écrivaine). Les fonctions intelligentes seront donc limitées au wifi. (Mais ça me donnera quand même accès à Google Map pas mal facilement... Youhouhou! Je vais ptêt enfin arrêter de me perdre partout... Ben quoi, on peut rêver, non? ;)

mercredi 6 décembre 2017

Oser se débrancher

Je n'ai pas de téléphone intelligent.

Pourtant, entre ma télé (qui est branchée sur un ordinateur) et mon ordinateur portable, je suis "branchée" presque 16 heures par jour, Internet, Facebook et les courriels toujours accessibles en un clic.

Accessibles, mais pas envahissants, car j'ai depuis longtemps désactivé toutes les fenêtres d'alerte qui me dérangeaient dans ma concentration (et menaçaient de faire planter mes ordinateurs, qui ne sont jamais de la dernière jeunesse).

Et de temps en temps, au moins une fois par semaine, souvent plus, je me débranche. Que ce soit de manière forcée, parce que je pars pour un salon ou une journée d'animation scolaire (auquel cas, je traîne mon vieux cellulaire sans accès Internet, un livre et un carnet de notes) ou de manière volontaire, le temps d'un après-midi ou d'une soirée, pour aller courir, marcher, faire du yoga, manger avec un ami ou simplement pour lire un livre.

Pour moi, c'est tout naturel. Ces moments loin de l'hyperconnectivité, loin des réseaux sociaux virtuels, je sens qu'ils me permettent de me ressourcer, de me calmer. D'observer mon environnement au lieu de regarder un écran. De regarder les gens vivre et de les imaginer en personnage...

Récemment, je suis tombée sur un article qui incitait les gens à "oser se débrancher". Et ce ne sont pas les bienfaits (baisse du stress, allongement de la durée de la concentration) des déconnections qui m'ont frappée, mais plutôt le fait que, pour beaucoup de gens, ces moments "hors-ligne" n'existent plus depuis longtemps.

Ouf! Je suis soudain heureuse d'être trop pauvre pour me payer un téléphone dernier cri avec forfait de données...

D'ailleurs, cherchez moi pas aujourd'hui : je m'en vais dîner avec un ami, puis faire un peu d'observation de l'homo consumericus dans son habitat naturel (c'est-à-dire un centre d'achat en période des Fêtes! hihihihi!), le tout, loin d'Internet.

lundi 4 décembre 2017

Le 24 ou le 25?

Tsé, t'es en couple avec un homme depuis des années, tu le maries, tu lui fais un enfant, tu penses tout connaître de lui et, tout d'un coup, la surprise te tombe dessus...

Il est un adepte de la visite du Père Noël et du déballage de cadeaux le 24 décembre!!!

Sacrilège!

...

Bon, j'arrête de déconner! lol! Plus sérieusement, cette année, comme notre puce est embarquée à fond dans la magie de Noël, mon chum et moi nous sommes rendus compte qu'on a grandi avec des traditions des Fêtes diamétralement opposées.

Chez lui, quand il est était tout-petit, le Père Noël venait leur rendre visite le 24 au soir et il leur apportait leurs cadeaux.

Chez moi, le 24 au soir, on laissait du lait et des biscuits sous le sapin et on se réveillait le 25 pour découvrir les cadeaux laissés par le Père Noël. (Et la veille du Jour de l'An on allait chez ma grand-maman maternelle pour recevoir d'autres cadeaux, nos "étrennes", ouvertement offerts par les membres de notre famille, mais ça c'est une autre histoire.)

Mon chum n'a jamais laissé du lait et des biscuits au Père Noël. Pour ma part, je n'ai jamais vu mon père ou un de mes oncles se déguiser en Père Noël et tenter de nous faire croire qu'il était "le vrai".

Comme le souper du 24 décembre aura lieu dans notre maison cette année et que ma fille et mes neveux seront là, mon chéri et moi avons réfléchi... Allions-nous investir dans un costume de Père Noël et essayer de duper la vigilance des enfants pour leur remettre leurs cadeaux après le souper ou allions-nous plutôt instaurer avec notre puce le rituel du lait et des biscuits?

En faveur du Père Noël en chair et en os le 24 au soir, il y avait les arguments suivants :
- relation privilégiée avec le Père Noël et donc magie décuplée

Les arguments contre étaient plutôt d'ordre pratique :
- oblige les enfants à se coucher plus tard (ma puce tombe de sommeil vers 19h, alors qu'on n'a pas toujours terminé le souper!)
- ils ne peuvent pas jouer longtemps avec les jouets qu'ils viennent de déballer
- le risque qu'un enfant s'aperçoive de la supercherie est grand (surtout que ma fille est plutôt brillante et que ma maison n'est pas vraiment conçue pour qu'un adulte puisse sortir en douce et revenir costumé) et ça scrapperait assez vite la magie
- les plus jeunes ou les timides pourraient piquer une crise en voyant le barbu

D'un autre côté, la coutume des cadeaux arrivés par magie le 25 décembre au matin présentait bien des avantages (surtout pour les parents!) :
- incite les enfants excités à aller dormir de bonne heure le 24 (pour que le Père Noël puisse passer) et permet donc aux adultes de finir de manger en paix
- le petit rituel du lait et des biscuits est dépeint dans plusieurs livres et émissions de télévision, ce qui provoque beaucoup d'enthousiasme de la part des enfants
- la magie est pas mal impossible à scrapper (à moins que les parents oublient de mettre les cadeaux sous l'arbre en allant se coucher...)
- au matin, une fois les cadeaux déballés, on a tout notre temps pour en profiter

Pour toutes ces considérations, on a donc opté pour "ma" tradition de Noël pour cette année. Le 24, les enfants recevront les cadeaux offerts par les grands-parents (parce qu'on a déjà expliqué à ma puce que le Père Noël donne des cadeaux, mais les autres gens aussi). Toutefois, on ne ferme pas la porte à la possibilité que le Père Noël fasse une visite-surprise lors d'une année prochaine.

C'est comique, mais toute ces discussions autour de l'organisation du 24 et 25 décembre m'ont rappelé mes découragements quand j'ai commencé à étudier la mythologie et le folklore. Je cherchais toujours "la vraie version" et j'étais désorientée devant toutes les variantes qui existaient. Maintenant que je dois composer de première main avec la mythologie et le folklore entourant Noël, je comprends très bien comment toutes ces différences ont pu éclore et prospérer!

Et vous, comment ça se passe/ se passera/ se passait Noël chez vous? Et, surtout, les cadeaux, c'est le 24 ou le 25?

vendredi 1 décembre 2017

Bilan des projets et objectifs (3)

Donc, cette année, je voulais essayer de garder les yeux fixés sur mes objectifs établis en janvier... Comme il me reste un mois pour les compléter, voyons où est-ce que j'en suis... 

Cette année, mes objectifs sont : 

1 - Compléter l'écriture de mes deux romans en cours

Hum... Bon, les deux romans ont été complétés... Seulement, le premier se cherche toujours un éditeur (la prochaine fois que je parlerai de faire un truc réaliste, rappelez-moi donc que je suis une inconnue dans ce milieu-là et que je risque d'attendre longtemps les réponses, positives ou négatives!!!) et le deuxième a besoin de pas mal de retravail. Entre les commandes, les ateliers, les animations et les préparatifs des Fêtes, je vois pas comment je vais réussir à le terminer avant 2018. Enfin, au moins j'ai un premier jet et un plan assez clair des modifications à effectuer...

 2 - Passer plus de temps avec mon chum

Vive Netflix! lol! Mine de rien, suivre une série télé, ça nous donne une bonne excuse pour se coller une heure par soir. Et si, parfois, on pause l'épisode pour se mettre à jaser de tout et de rien, ben c'est pas grave! En plus, la puce s'est remise à s'endormir assez rapidement, alors ça fait plusieurs fois qu'on se fait des soupers tardifs en amoureux. A défaut de sortir (ce qui est toujours compliqué avec mon chum de toute manière), ça nous donne au moins quelques moments spéciaux en couple.

3- Me remettre régulièrement aux arts martiaux 

Ahahah! Entre les maux de dos de mon chum, ma grippe-extinction-de-voix et les inévitables imprévus de la vie (une réunion pour moi un soir, un 5 à 7 de travail pour mon chum), voilà un mois que j'ai pas fait d'arts martiaux! Une chance que je suis plus assidue au yoga et que c'est un pas pire entraînement!

4- Développer mes contacts pour les animations scolaires

J'ai fait plus d'animations scolaires que je l'aurais espéré cette année! (Tellement en fait que je commence à m'ennuyer de l'écriture!!!) Reste à voir si les contacts noués déboucheront sur des activités récurrentes.

5- Préparer du matériel pour donner davantage d'ateliers

J'ai maintenant deux animations bien structurées, avec support visuel (un détecteur de mensonge et une présentation de la civilisation japonaise féodale), du matériel pour donner des séries d'atelier à divers publics et des projets de création collective! Oh et j'ai écrit une nouvelle qui pourrait assez facilement devenir un conte. Bref, ça prend forme!

6- Assurer la promotion de mes trucs qui sortiront dans l'année

Si vous savez pas que "Écrire et publier au Québec" et "Horrificorama" sont sortis récemment, je crois que vous ne savez pas lire! Hihihihi! Heureusement, je vais pouvoir mettre un peu la pédale douce sur l'auto-promotion en janvier et février, car... ben j'ai pu rien de prévu! Comme je disais, j'ai presque rien écrit dans les derniers mois, trop prise par mes "activités connexes". 


Qu'à cela ne tienne, je vais essayer de commencer 2018 en lion côté rédaction! :)

Et vous, les objectifs annuels, ils sont en bonne voie d'être complétés ou pas?

mercredi 29 novembre 2017

Je préfère épicène à inclusif

On parle beaucoup d'écriture inclusive ces temps-ci et elle me pose un gros gros problème : les formes tronquées ou pointées (mes ami.e.s sont allé.e.s) et les néologismes à outrance (celleux, heureuxe et autres épouxe), ça agace et ça devient vite illisible.

(Je fais une exception pour le pronom "iel", néologisme nécessaire pour désigner un individu qui tient à ce qu'on ne le rattache pas à un genre.)

Je n'ai pas de problème avec l'accord à la majorité (deux cents femmes et un gars sont allées) ou à la proximité (Vincent et Geneviève sont remises de leurs blessures), même si je trouve que ce dernier peut introduire un peu de confusion (Xian et Geneviève sont remises... oups, Xian est-il un garçon ou une fille?), à laquelle nous ne sommes pas habitués en français. Dans les deux cas, je ne pense pas les utiliser, mais bon, si vous êtes plus confortables ainsi, pourquoi pas.

Par contre, je suis contre, mais alors là totalement contre, l'accord au choix (la robe et le pot sont bleus devenant aussi valables que la robe et le pot sont bleues). Un moment donné, pour lire et comprendre rapidement un texte, faut qu'on s'entende sur quelques règles de base.

Le pire, c'est que, tant qu'à moi, la réponse aux interrogations actuelles sur la langue, elle est connue depuis 30 ans : c'est la rédaction épicène. Qu'est-ce que ça veut dire? C'est un type de rédaction qui prend pour acquis, dès la conception du texte, que le lectorat en sera à la fois féminin et masculin, alors on mêle dans le texte les formes masculines et féminines, en les écrivant au long, sans surcharger le texte. (Bref, c'est le genre de texte où on écrit "ceux et celle", puis les "auteurs et auteures", puis "les individus" et on accorde la suite au masculin, puis "les personnes" et on accorde la suite au féminin, etc.)

L'Office québécois de la langue française préconise la rédaction épicène depuis 30 ans et elle est enseignée dans les écoles depuis... ben aussi longtemps que je suis allée à l'école! (Ce qui est, tant qu'à moi, la preuve que le débat actuel sur la féminisation est surtout un problème importé de France, où on n'a toujours pas découverte  les mots "présidente" et "mairesse", mais où on essaie très fort d'imposer "autrice" au reste de la francophonie...)

La rédaction épicène est, à mes yeux en tout cas, élégante, inclusive, et elle permet d'utiliser la grammaire actuelle au lieu d'essayer de la réformer "au goût du jour".

D'accord, ça ne règle pas le problème de la règle des accords où "le masculin l'emporte"... mais on aura beau s'insurger contre cette règle au nom du féminisme, reste qu'elle simplifie pas mal l'écriture. D'ailleurs, je vous gage qui si ça n'avait pas été le cas, ben ça n'aurait jamais pogné!

Qu'est-ce que vous en pensez?

lundi 27 novembre 2017

Tranche de vie (24)

Fallait que je partage, parce que j'en reviens pas...

On est même pas encore en décembre (il reste une semaine COMPLÈTE!) et j'ai décoré ma maison pour Noël! Pis pas juste le sapin là! Y'a un village de Noël sur le manteau de ma cheminée et des toutous thématiques dans mon escalier.

C'est fou ce que les enfants peuvent causer comme entorse à nos principes! :p

(Ah pis tous mes cadeaux sont achetés, mais chez moi c'est normal.)

vendredi 24 novembre 2017

C'est si dur de dire non?

Étrange... il me semble que dans les premiers temps où j'écrivais, je recevais beaucoup de refus. C'est-à-dire que j'envoyais des textes, j'attendais des mois et puis, un jour, je recevais une lettre ou un courriel m'informant, plus ou moins sèchement, que mes écrits étaient refusés. Puis, le temps passant, des courriels d'acceptation ont commencé à se mêler aux refus.

Cependant, dans les dernières années, j'ai remarqué un nouveau phénomène : l'absence de réponse en cas de refus.

J'envoie un texte, je reçois un accusé de réception... puis j'attends, j'attends, j'attends... Et quand le délai me semble avoir franchement dépassé toute longueur raisonnable (ou si je découvre un appel à textes où mon manuscrit pourrait être envoyé), j'envoie un courriel de rappel, aussi mesuré et poli que possible malgré l'impatience et l'angoisse qui me tordent les tripes, pour savoir où en est le processus. Mon manuscrit est-il encore en attente d'être lu? Est-il en discussion? A-t-il été perdu?

Et là, trois fois sur quatre, on me répond "Ah, oups, on a oublié de vous le dire, mais votre texte a été refusé".

La première fois, j'ai cru à cet oubli. La seconde fois, j'ai levé un sourcil. Mais quand ça fait quatre ou cinq fois que les éditeurs "oublient" de vous prévenir des refus, mettons que ça commence à ressembler à une nouvelle manière d'opérer.

Surtout que l'autre fois sur quatre, quand je vais "aux nouvelles", on ne me répond tout simplement pas.

Hum... C'est si dur de dire non? Même par courriel? Je comprends que lorsqu'on a un lien personnel ou même simplement un lien professionnel de longue date avec un auteur, ça peut être gênant de lui refuser un texte. Sauf que, tant qu'à moi, faire semblant qu'on a oublié de répondre ou ignorer carrément ses communications, c'est mille fois plus malaisant et très irrespectueux.

Je n'ai jamais hésité à soumettre un nouveau texte à un éditeur qui m'en avait refusé, mais je crois que je vais commencer à éviter les éditeurs qui n'assument pas leurs refus!

Vous en pensez quoi, vous? Est-ce que vous avez remarqué le même phénomène?

mercredi 22 novembre 2017

Les fausses idées sur le minimalisme

Mon chum et moi avons un mode de vie plutôt minimaliste... enfin, autant qu'il est possible d'être minimaliste quand on a une grande maison en banlieue. Disons que le fameux "En as-tu vraiment besoin?" qui a transformé un comptable en célébrité, ben on l'applique depuis longtemps.

Souvent, quand je parle de notre mode de vie, les gens me trouvent bizarres. Et quand je suggère à certaines personnes (surtout des amis surendettés) d'essayer d'adopter certaines solutions minimalistes pour se faciliter la vie, les objections fusent. Des objections nées de fausses idées...

1) Je ne peux pas être minimaliste, je tiens trop à...

Mon cellulaire, ma coiffeuse, nos deux voitures, nos sorties au restaurant, notre collection de films, nos voyages... La liste des choses que les gens ne s'imaginent pas capable de couper est très longue. Trop longue. L'idée derrière le minimalisme n'est pas d'éliminer tous les petits luxes et les plaisirs et de garder uniquement le strict nécessaire pour vivre! L'idée, c'est de ne garder que ce qui est essentiel à votre bonheur.

Le principe est simple : contrairement à ce que les agences de publicité tentent de nous faire croire, on ne peut pas tout avoir dans la vie. Pour éviter de s'endetter, il faut donc s'efforcer d'obtenir uniquement ce qu'on veut vraiment. Seriez-vous prêts à payer moins cher pour votre cellulaire, quitte à vous passer d'un forfait de données, pour pouvoir conserver vos sorties au restaurant? Votre collection de films, êtes-vous prêts à la prêter à un ami qui vous donnerait, en échange, libre accès à sa bibliothèque? Vous avez besoin de deux voitures, d'accord, mais est-ce qu'il faut absolument que ce soit deux gros modèles? Peut-être que l'une des deux pourrait être une sous-compacte, moins chère, plus économique et écologique... Au lieu de payer le gros prix pour un restaurant, un massage, une coiffure, peut-être y a-t-il possibilité d'exploiter les écoles de métier qui se trouvent à proximité? (Ça demande un peu de recherche, mais ensuite vous pouvez souvent obtenir des services professionnels pour une fraction du prix.) Ou alors, peut-être y a-t-il certaines choses que vous pouvez apprendre à faire vous-mêmes? (Changer ses pneus, c'est pas si compliqué!)

Être minimaliste, au fond, ça se résume à effectuer une série de choix, qui permettront au bout du compte d'effectuer le choix ultime : travailler moins ou moins longtemps ou dans un emploi moins payant mais plus gratifiant. (En passant, tous les auteurs que je connais appliquent certains principes du minimalisme).

2) Si tout le monde était minimaliste, l'économie s'effondrerait.

Non, mais c'est vrai qu'elle devrait se réajuster. Les minimalistes n'aiment pas s'endetter ou surconsommer et ils essaient d'acheter des produits durables et respectueux de l'environnement, quitte à les payer plus cher. Entre vous et moi, si tout le monde faisait pareil, les industries seraient obligées de s'adapter et la planète se porterait rapidement mieux! (Pis quand on cherche un produit durable, ils seraient plus faciles à dénicher!)

3) Les minimalistes ne payent pas d'impôt et si tout le monde les imite, l'État va faire faillite.

Mais non! Être minimaliste ne veut pas dire être pauvre ou vivoter sur le bras de l'État. Oui, il y a des minimalistes extrêmes qui n'achètent jamais d'objet neuf ou qui plongent dans les poubelles de centre d'achat à la recherche de leur nourriture, mais ce sont des cas rares (et trop publicisés à mon goût). Quelqu'un peut gagner beaucoup d'argent (et payer beaucoup d'impôts) et être minimaliste. La caractéristique principale du minimaliste, c'est qu'il ne dépense pas plus que ce qu'il gagne et qu'il s'efforce de faire des économies pour parer aux coups durs. Il a aussi tendance à avoir des loisirs sportifs ou créatifs qui ne lui coûtent pas très cher et qui le maintiennent en bonne santé physique et mentale.

Et savez-vous quoi? Des gens moins stressés par leur travail et leur endettement, plus en forme physiquement et mentalement, ben au bout du compte, ça va voir le médecin moins souvent et ça coûte moins cher à l'État.

4) J'ai des enfants et Noël s'en vient, alors le minimalisme, hein...

L'idée derrière le Noël minimalisme, c'est "Donner peu, mais donner mieux" (à moins qu'inonder vos proches de cadeaux fasse partie de vos priorités pour assurer votre bonheur... voir le point 1 ci-haut!). Évidemment, si vos enfants sont habitués à recevoir un déluge de gogosses du Dollorama dans leurs bas de Noël et trois-quatre gros cadeaux sous le sapin, couper tout ça drastiquement risque de faire mal. Par contre, vous pouvez déjà commencer à réduire les quantités petit à petit et, surtout, à changer la nature des présents. Acheter un seul gros cadeau de type "jouet" et, pour le reste, se concentrer sur des trucs créatifs ou réutilisables, comme du matériel d'art, des livres, des jeux de société, des casses-têtes, de l'équipement de sport (traîneau, patins, ballons, raquettes, etc).

Pour les cadeaux aux adultes qui nous sont chers, on tente en premier d'en réduire le nombre (le troisième cousin de la fesse gauche qu'on voit une fois par an, on est ptêt pas obligés de lui donner quelque chose), puis de se concentrer sur des petits cadeaux significatifs (petit montant sur une carte-cadeau de son café préféré, un livre, une bonne bouteille de vin, un signet personnalisé, une tasse élégante ou amusante, du thé, de la bouffe maison, etc) en pensant à des trucs personnalisés, durables, réutilisables ou, au contraire, consommables. Bref, on évite d'acheter 24 plats de service qui iront prendre de la poussière dans leurs armoires. Ou d'investir des gros montants qu'on n'a pas.

Et, surtout, on prend le temps de réunir tous ceux qu'on aime autour de la table pour le souper, le brunch, le dîner, le déjeuner, un cocktail, un café... Bref, on passe du temps avec eux au lieu de dépenser de l'argent qu'on n'a pas (et de les forcer à faire pareil).

Le minimalisme, c'est pas compliqué, c'est pas douloureux, c'est pas extrême, ça ne menace ni l'économie, ni le gouvernement, ni la magie de Noël. La seule chose que le minimalisme risque de mettre sérieusement à mal, c'est votre compagnie de crédit. Avouez que vous en brailleriez pas! ;)

Quelles autres objections en défaveur du minimalisme avez-vous entendues?

lundi 20 novembre 2017

Podcast Horrificorama

Carl Rocheleau, l'un de mes complices pour "Écrire et publier au Québec", a décidé de faire une série de podcast avec des auteurs du recueil de nouvelles d'horreur Horrificorama.

À la fin de la semaine dernière, c'était mon tour et celui de Pascal Raud. (Je vous en ai pas parlé avant parce que j'étais au salon du livre de Montréal!)

Voici le résultat : https://www.youtube.com/watch?v=2liHAuUOG8Y&feature=youtu.be

C'est à voir si vous voulez constater que je mets autant de points d'exclamation à l'oral qu'à l'écrit! :p

Et que je fais des drôles de face.

Et que j'avais un restant d'extinction de voix (qui est revenue en force après le salon!).

Et que j'ai une dent croche.

Mais c'est surtout à voir pour découvrir davantage les différents styles d'horreur que vous offre Horrificorama avec ses 15 auteurs (et sa préface de Patrick Sénécal, parce que, hé, même le grand maître de l'horreur au Québec a aimé notre projet!).

Pis si on vous séduit, le lien pour acheter le bouquin c'est par ici : http://www.sixbrumes.com/catalogue/

mercredi 15 novembre 2017

Salon du livre de Montréal 2017

Le Salon du livre de Montréal commence!

Voici mon horaire pour le reste de la semaine :

-----------------------------------------------

Salon du livre de Montréal - Kiosque des Six Brumes (316)

Jeudi 16 novembre - 10h à 15h

Vendredi 17 novembre - 10h à 15h

Samedi 18 novembre - 11h à 17h 
et après vous me trouvez chez Alire à fêter avec les copains de la revue Solaris)


-----------------------------------------------
Et voici mon horaire pour le reste de la journée :

8h à 10h : lavage et pliage (minimum 4 brassées)

11h à 12h : dîner et vaisselle

12h à 13h : geler en me rendant à pieds à ma bibliothèque municipale

13h à 16h : donner un atelier d'écriture

Bon, ben, j'suis mieux de m'y mettre! Au plaisir de vous voir au SLM, que ce soit pour Hanaken, Écrire et publier au Québec ou Horrificorama (un recueil de nouvelles d'horreur auquel j'ai participé et qui vient tout juste de sortir!).

(Sans surprise, y'aura pas de billet vendredi. J'vous promets de me reprendre la semaine prochaine! ;)

lundi 13 novembre 2017

Où je jase de yoga

J'ai découvert le yoga au cégep, dans un cours d'introduction que j'avais pris parce qu'il fallait que je choisisse un cours d'éducation physique et que je voulais à tout prix éviter les sports de ballon et de balle (où je n'ai absolument aucun talent et encore moins de motivation). J'y suis allée sans enthousiasme, pour m'en débarrasser... et j'ai découvert une gymnastique douce qui m'a franchement séduite.

Je ne suis jamais tombée vraiment en amour avec le yoga. Même en suivant quelques cours avancés ici et là et en apprenant d'autres postures grâce à des livres, c'est toujours resté une discipline un peu trop pépère pour moi. C'était l'exercice que je faisais quand j'étais trop paresseuse pour me livrer à quelque chose de plus sérieux et/ou (selon les époques) la routine matinale qui me servait à me remettre des courbatures récoltées pendant les séances d'arts martiaux.

Par contre, mine de rien, la pratique du yoga est toujours restée dans ma vie. Même quand j'avais l'impression de ne plus être active physiquement, je continuais à faire quelques postures par-ci par-là dans ma semaine. Une petite salutation au soleil pour me réveiller le matin, une autre pendant que ma fille jouait...

Donc quand une amie m'a invitée à m'inscrire avec elle dans un centre de yoga près de chez moi, j'ai accepté sans trop d'hésitation. Ça allait me faire une activité en sa compagnie... même si l'endroit avait l'air vraiment trop new age pour moi, que les gens y étaient tous archi minces et portaient des costumes de yoga hors de prix, pis que la prof parlait beaucoup trop de prana et de chakra à mon goût, en plus de nommer uniquement les postures en sanskrit! J'ai assisté à quelques cours sans trop avoir d'attente, en réprimant parfois des fous rires. Ça me donnait une occasion de sortir de la maison. On pratiquait un yoga de type "flow", c'est-à-dire où les postures s'enchaînent les unes aux autres au rythme de la respiration. Ça me plaisait bien : c'était un peu cardio. Et puis...

Et puis, la prof m'a remarquée. Je sais pas ce que j'ai pu faire pour attirer son attention, mais elle s'est soudain mise à me proposer des variantes de plus en plus complexes aux postures que je connaissais déjà et que je pratiquais depuis des années. On soulève une main par ici, garde un seul pied au sol par là, on attrappe son gros orteil et on étire la jambe tout en gardant l'équilibre... Bref, des variantes devant lesquelles je pensais souvent : "Mais elle est malade? Je vais me péter la gueule!!!" Surtout que lesdites variantes, je devais les enchaîner à une vitesse qui me semblait soudain fort élevée!

Sauf que l'esprit du yoga, c'est de se laisser aller, d'essayer, quitte à frapper un mur. De rire si on tombe. (Avouez que vous me voyez bien là-dedans, hein?) Alors je me suis mise à ces postures de fous, une respiration à la fois, une variante à la fois...

Des affaires de même, genre!
Laissez-moi vous dire que mes cours de yoga n'ont plus rien de pépère! J'en sors épuisée et trempée de sueur, les muscles à la fois tonifiés et étirés. Wow! Ok, ma prof est ptêt un peu trop space à mon goût, mais elle vient de me faire redécouvrir le yoga. :)

vendredi 10 novembre 2017

Bouger

J'apprécie beaucoup les activités calmes, voir immobiles, comme la lecture, l'écriture et l'écoute de séries télévisées. Mais j'aime également bouger (à condition que ça n'implique pas une balle, un ballon, une raquette ou une quelconque équipe!) et je l'ai toujours fait.

Petite fille, c'était les cours de danse. Adolescente, la danse, le yoga et le conditionnement physique. Jeune adulte, le taekwondo et la course à pied, puis plus tard le jiu-jitsu, le MMA et l'entraînement physique à intervalles de hautes intensités (HIIT).

Le tout, à raison de deux à huit fois semaines (oui, oui, huit), selon les époques de ma vie.

Depuis que je suis maman, ça a bien diminué, mais je n'ai pas abandonné pour autant. Les bonnes semaines, je fais deux séances d'elliptique, une de yoga et une d'art martiaux. Les moins bonnes semaines... Ben c'est ça, c'est une moins bonne semaine! :p Dans le pire des cas, je finis toujours par marcher une dizaine de kilomètres dans ma semaine, parce que je vis sans voiture dans une banlieue prévue pour les chars.

Je ne me verrais pas arrêter de bouger. L'exercice physique, c'est tellement le remède à tous les maux, même quand ça semble contre-intuitif! T'es déprimé? Bouge! T'aime pas ton corps? Bouge! T'as mal partout? Bouge! T'as pas faim? Bouge, ça va t'ouvrir l'appétit! T'as faim pis tu devrais pas manger? Bouge, ça va te couper l'appétit! (L'exercice est un merveilleux régulateur métabolique) T'es heureux au point d'en être fébrile? Bouge! T'as d'la misère à te concentrer? Bouge, ça ira mieux après! T'es pas inspiré? Bouge!

Évidemment, depuis que j'ai franchi le cap de la trentaine, bouger n'a plus exactement les mêmes effets sur mon corps. Avant, au bout d'une semaine à répéter un exercice, je voyais déjà une amélioration nette de ma masse musculaire ou de ma condition cardio-vasculaire. À présent, au bout d'une semaine, j'ai surtout des courbatures bien spécifiques! Hihihi! Il faut dire que je pars avec un "bon fond" de forme physique : j'ai beau m'entraîner moins que dans ma vingtaine, les acquis que j'y ai faits n'ont pas tous disparu, alors il faut que les exercices présentent un assez haut coefficient de difficulté pour me faire sortir de ma zone de confort.

Et savez-vous c'est quoi le problème avec les exercices à haut coefficient de difficulté? Ils présentent aussi un haut risque de blessure. À vingt ans, me claquer un muscle dans l'épaule, ça me dérangeait pas trop. Je travaillais à l'ordinateur avec une seule main et, deux semaines plus tard, c'était réglé. À trente ans, la même blessure reste douloureuse pendant un mois ou deux, en plus de m'occasionner ben des misères quand c'est le temps de convaincre ma puce de prendre son bain!

Alors j'ai tranquillement glissé vers des séances d'entraînement plus prudentes, plus de marche, moins de course (mes genoux m'en remercient), plus de yoga que de musculation...

Et c'est pas grave, parce que, savez-vous quoi? Pour être en forme et en santé, c'est pas nécessaire de se pousser à bout quand on s'entraîne ou d'améliorer constamment ses performances. Si ça vous tente de le faire, tant mieux. Mais si ça vous tente pas, faut pas que ça vous empêche de bouger. L'important, surtout si vous avez plus de trente ans et que vous avez déjà été en bonne forme, c'est de maintenir votre corps en mouvement pour entretenir votre capital de bonne santé déjà présent!

Alors laissez-vous pas décourager par l'exemple des gens qui perdent 70 livres et se lancent à la conquête de marathon! ;) (J'avoue qu'il m'a donné des complexes! Hihihihi!) J'vous rappelle que les recommandations des professionnels de la santé en ce qui a trait à l'exercice physique, c'est d'en faire 30 minutes par jour, cinq fois par semaine, à une intensité modérée, c'est-à-dire qui vous permet de ressentir un léger essoufflement, tout en étant capable de continuer à tenir une conversation. C'est pas la mer à boire, ça!

Là-dessus, je vous laisse, j'm'en vais faire du yoga! :)

Pis d'ailleurs, je vais vous en reparler du yoga...

lundi 6 novembre 2017

Le poing, puis la plume, puis le SLM

J'vous parle moins d'arts martiaux depuis quelques années parce que j'en fais moins et que la UFC a démultiplié les catégories de poids et les événements au point où essayer de suivre tout ça, ce serait une job à temps plein!

Mais ce blogue continue quand même à s'appeller "La plume et le poing", parce que les arts martiaux continuent à faire partie de mes semaines, sinon de mon quotidien. Et on garde quand même "nos" combattants préférés à l'oeil.

D'ailleurs, en fin de semaine, on s'est gâtés en regardant le retour de Georges St-Pierre et, dans le même gala, un combattant chez les femmes opposant Rose Namajunes et Joanna Jędrzejczyk (oui, j'ai googlé son nom, parce que ça s'écrit pas comme ça se prononce). 

Wow! Quelle belle soirée! Rose Namajunes, qui a gagné le titre, me donne l'impression d'être la première vraie combattante de MMA qu'il m'est donné de voir. Elle a une diversité de techniques (au sol et debout) qu'on ne retrouvait pas jusqu'à maintenant chez les femmes. En effet, comme les combattantes arrivent de diverses disclines traditionnelles (judo, karaté ou boxe), elles ont tendance à être un peu unidimensionnelles... mais pas Rose! En plus, elle a seulement 25 ans, alors elle risque de s'améliorer encore. C'est définitivement ma nouvelle idole! 

Quand au retour de St-Pierre, j'ai beau l'adorer et savoir qu'il est super intelligent, un retour après quatre ans d'absence, dans une catégorie de poids supérieure à son ancienne catégorie et contre le champion en plus, ça me semblait un peu exagéré comme entreprise. Sauf que St-Pierre, pour la première fois depuis longtemps, avait l'air de s'amuser pendant la promotion d'avant combat. Et pendant le combat... ben il a pas eu l'air d'avoir du fun et il s'en est mangé toute une, mais il a utilisé son expérience et son sens de la stratégie pour arracher une superbe victoire! Des fois, on oublie que ce gars-là est aussi un joueur d'échecs de haut niveau... pis qu'un combat, c'est juste une partie d'échecs plutôt souffrantes, en trois dimensions. 

* * *

Ok, ok, assez avec la partie "poing". Du côté de la "plume", j'en avais glissé un mot brièvement, mais je participe cette année à la tournée "Lire à tout vent" de Communication-Jeunesse.

En gros, ça veut dire qu'on m'a prévenue il y a six mois de leur réserver cette semaine et que j'ai appris seulement le mois passé où est-ce que j'irais balader mes animations! Sachant qu'ils auraient très bien pu m'envoyer en Alberta ou en Colombie-Britannique, j'avoue que ça m'a stressée un brin.

Heureusement, pour cette année je reste "dans mes pantoufles", sur la Rive-Sud de Montréal. (J'avoue que ça ne m'aurait pas dérangée de m'éloigner davantage, mais côté logistique, ce sera plus facile de dormir chez moi et d'être là pour ma puce le matin... surtout que là elle passe des journées de plus que d'habitude à la garderie).

Alors ne vous étonnez pas si c'est tranquille sur le blogue pour quelques jours : j'suis partie expliquer à des jeunes du secondaire, qu'un écrivain, dans le fond, c'est juste un très bon menteur!

Si jamais vous vous ennuyez de ma présence, vous pourrez toujours venir me voir "en vrai" la semaine prochaine, au salon du livre de Montréal, où je tiendrai souvent le fort pour les Éditions des Six Brumes. Voici mon horaire :

Salon du livre de Montréal - Kiosque des Six Brumes (316)

Jeudi 16 novembre - 10h à 15h

Vendredi 17 novembre - 10h à 15h

Samedi 18 novembre - 11h à 17h 
(et après vous me trouvez chez Alire à fêter avec les copains de la revue Solaris)

Au plaisir de vous y croiser! :)

vendredi 3 novembre 2017

Scène de salon du livre (9)

Je suis derrière la table de vente du kiosque des Six Brumes. J'ai encore de la brou dans le toupet, parce qu'Isa et moi venons d'arriver. J'ai d'ailleurs enfilé ma veste style kimono dans le stationnement, après l'avoir laissée dans la valise de la voiture pour qu'elle ne se chiffonne pas pendant le voyage.

Derrière moi, j'entends une lectrice s'adresser à Carl :

Elle - Euh... La fille là...

Carl - Ah, ça c'est Gen, vient je vais te présenter...

Elle - Oui, mais, euh, sa veste...

Carl - Ah, c'est un genre de kimono, parce qu'elle écrit des romans sur le Japon.

Elle - Oui, oui, mais... j'pense qu'elle l'a mis à l'envers.

Et Carl d'éclater de rire.

Carl - Ah, ça c'est ben possible. Elle est un peu lunatique.

Vérification faite, j'avais effectivement mis mon kimono à l'envers. Le pire là-dedans, c'est que ça n'a surpris personne. Même pas moi. Misère!

Je ris facilement de mes (nombreuses) gaffes, mais des fois j'aimerais qu'on me prenne un peu au sérieux...

D'habitude ça survient 10 secondes avant que je me renverse quelque chose dessus! :p

mercredi 1 novembre 2017

Tranche de vie (23) de travailleuse autonome

Je sers le déjeuner de la puce tandis que mon chum avale son bol de céréales.

Chum - As-tu ben des contrats à finir cette semaine ou alors tu vas surtout écrire?

Moi - En fait, j'suis pas mal dans un rush là.

Chum - Ah oui? C'est quoi ton rush?

Moi - Faut que je finisse de lire le dernier Kay, pis que je rende ma critique avant vendredi.

Chum - Ouin... Facque ton gros rush, c'est de finir de lire un bouquin d'un auteur que t'aime, en buvant du café?

Moi, toute heureuse parce que ma job est extraordinaire - Ouais!

Chum - Pis ça paye combien déjà?

Moi - À peu près dix piasses! Pis le bouquin était fourni!

Chum - C'est quand même pas beaucoup...

Moi - Pis entre deux chapitres, je vais faire le lavage et cuire des citrouilles pour faire des tartes.

Chum - Ok, ta job est cool!

Tout est dans la manière de présenter les choses! ;)

lundi 30 octobre 2017

Tranche de vie (22)

Les journées que je passe à la maison avec ma puce consistent souvent en des espèces de courses-poursuites durant lesquelles j'essaie de trouver une activité pouvant intéresser ma trop énergique cocotte pendant plus de 5 minutes, puis de mettre ladite activité en place avant que ma fille ne change d'idée (ou ne se casse quelque chose pendant que j'ai les deux mains occupées).

Aussi ai-je été fort heureuse quand, ce matin, en entrant dans ma chambre (à 6h15) ma puce m'a demandé :

Puce - Aujourd'hui là, est-ce qu'on peut rester en pyjama toute toute la journée, écouter de la télé, lire des histoires et dessiner?

Parlez-moi de ça une cocotte qui planifie notre journée mieux que je ne l'aurais fait moi-même! :p

(Entre vous et moi, je pense que ma fille est en pleine poussée de croissance et que ça explique sa petite baisse d'énergie aujourd'hui. J'vais en profiter pendant que ça passe!)

vendredi 27 octobre 2017

Assurance maladie grave

Petit post un peu technique aujourd'hui. Qui ne concerne vraiment que les travailleurs autonomes à faible revenus que sont les écrivains.

Récemment, mon chum et moi avons annulé l'assurance vie et l'assurance invalidité qui était accolées à notre prêt hypothécaire, parce que les sommes en jeu n'en valaient plus la peine : une vraie assurance vie sera plus payante en cas de besoin (en plus de coûter moins cher par mois) et l'assurance invalidité que mon chum possède avec son emploi est plus avantageuse. Nous nous sommes ensuite mis à la recherche de produits de remplacement.

Le volet de l'assurance vie a été relativement vite réglé : nos finances étant saines, on veut seulement que, si l'un de nous deux décède pendant qu'Éliane est encore dépendante financièrement, l'autre reçoive un montant d'argent lui permettant de souffler pendant quelques années. Alors on s'est pris chacun une petite couverture temporaire pour les 20 prochaines années. (Et on a soigneusement ignoré les conseils du vendeur qui nous poussait à prendre un montant assurant, pour le reste de nos jours!, un remplacement complet de nos salaires... qu'on ne dépense déjà pas en entier!)

Par contre, nous nous sommes ensuite retrouvés devant un problème épineux : si jamais je tombais gravement malade, qu'allions-nous faire? Entendons-nous, ce n'est pas la perte de mon salaire annuel qui mettrait nos finances en danger, mais plutôt les jours de travail que Vincent pourrait manquer, les frais de garderie qui augmenteraient, l'aide à domicile qu'il nous faudrait (parce que le lavage, la vaisselle et la bouffe ne se font pas tous seuls!), etc. Étant donné mon salaire et mon statut de travailleuse autonome, une assurance invalidité était hors de question (pour des primes mensuelles qui m'auraient mangé 20% de mon revenu, j'aurais eu droit à quelques années d'une rente équivalant à 50% de mon revenu... j'vous laisse faire les maths).

J'ai donc effectué quelques recherches (parce qu'il est toujours mieux de savoir ce qu'on veut AVANT de parler avec un vendeur d'assurances) et je suis tombée sur un concept très intéressant : l'assurance maladie grave. En gros, c'est une assurance qui vous verse un montant d'argent fixe (typiquement entre 25 000 et 75 000) si jamais on vous diagnostique un cancer, la sclérose en plaque ou une autre maladie invalidante (mais pas nécessairement mortelle) du genre ou encore si vous êtes victimes d'un malaise cardiaque ou cérébral.

La beauté de cette assurance : les primes sont relativement basses (parce que le montant ne sera versé qu'une seule fois) et la couverture dépend de votre contrat, pas de votre revenu. On s'entends-tu que, quand on vit de sa plume, la perspective de recevoir 25 000$ en cas de maladie grave, ça nous enlève ben des inquiétudes? (pis comme c'est non imposable, ça tofferait longtemps!)

Bref, je me suis tournée vers cette formule-là pour m'assurer un peu de paix d'esprit. Et là je partage la bonne nouvelle parce que si vous êtes dans le même genre de situation que moi (travailleur autonome sans assurance avec un enfant à charge), ça pourra peut-être vous être utile.

mercredi 25 octobre 2017

Commentaires d'atelier, presque huit ans plus tard

Les gens s'étonnent souvent du fait que je continue à alimenter mon blogue. Moi-même, des fois je me dis que je devrais passer à autre chose... Puis une idée me vient et je décide d'en faire un billet pour ne pas l'oublier... Puis je dois préparer des ateliers d'écriture et je me souviens avoir noté quelques trucs ici et là sur mon blogue, alors je plonge dans mes archives et je récupère ce vieux matériel pour mieux le recycler, contente qu'il ne se soit pas perdu.

Bref, plus je développe mes activités d'écrivaine, plus je trouve d'utilités à ce blogue. Et surtout à ses archives!

Récemment, alors que je préparais un atelier que je dois donner (oui, encore un autre!), je suis tombée sur ce billet, qui date du premier atelier auquel j'ai assisté, il y a presque huit ans de cela.

Wow! Les premiers commentaires d'Élisabeth sur mon écriture... En les lisant, j'ai décidé de faire un petit bilan, d'essayer de mesurer le chemin parcouru, quoi. Alors, à l'époque, Élisabeth m'avait reproché de...

1- Faire des textes "plats", tantôt avec une bonne intrigue, mais des personnages sans passé ou aspiration, tantôt avec de bons personnages, mais des intrigues faibles. Dans les deux cas, disait-elle, cela donnait des textes sans relief ou profondeur...

Bon... Je ne suis pas sûre d'avoir réglé ce problème à 100% (qui est sûr de toujours créer des intrigues captivantes?), mais je sais que je crée désormais mes personnages en me demandant systématiquement d'où ils viennent et où ils s'en vont. :) D'ailleurs, on m'a dit récemment que j'étais "une auteure à personnages". J'suppose que c'est bon signe! :)

2- De ne pas brainstormer suffisamment et de ne pas assez réfléchir à mes plans.

Ok, j'pense que ce problème-là est définitivement réglé! Hihihihi! Et maintenant je sais pourquoi je suis devenue une telle maniaque des plans et du travail préparatoire... (quoique "maniaque" est un grand mot si je me compare à certains de mes collègues).

3- D'avoir besoin de sortir des cadres, de tricher avec mon auto-discipline et d'explorer mon subconscient.

Hum... Ouais, la fille qui triche avec les cadres ou qui se garoche dans des projets démesuré, ce n'est toujours pas moi (c'est Isa! lol!). Par contre, je crois que dans les dernières années, j'ai exploré davantage mon subconscient ou, entk, mes émotions. Je suis sortie de mes zones de confort et je m'accorde davantage de liberté dans les étapes préparatoires et le brainstorm. Quitte à recadrer ensuite l'histoire ou le projet de manière à ce que ce soit réalisable.

Une chose est sûre : il y a huit ans, je me demandais si je serais capable de développer un jour une plume valable. Quelques trente textes publiés plus tard, j'pense que oui.

Maintenant, faut juste que j'évite de me reposer sur mes lauriers. Valable, c'est juste un début! ;) Mes intrigues ont encore besoin de polissage, un texte ne peut jamais avoir trop de profondeur et je ne sais toujours pas comment envoyer valser la discipline. Ça viendra je suppose. (J'espère!)

Et vous, vous livrez-vous à des bilans du genre sur vos forces et faiblesses de temps en temps?

lundi 23 octobre 2017

Mystère insoluble

Ma vie est marquée par un mystère qui, malgré tous mes efforts, semble vouloir demeurer insoluble :

Comment puis-je passer une soirée complète à jaser avec plein de gens et sortir de là en ayant l'impression de n'avoir vu que le quart des personnes que je m'étais promis de fréquenter? O.o

Enfin, bref, on a eu un super beau lancement samedi soir, mais malgré tous mes efforts (et mon application à essayer de passer de groupes en groupes), je crois que j'ai à peine échangé une brève salutations avec plusieurs personnes que j'avais très envie de voir! (Notamment Tania-fille-à-Isa, Caroline Lacroix et Daniel Sernine... J'm'excuse, on se reprend au prochain lancement! xxx)

Et là je ne parle même pas des nouveaux visages, que j'ai à peine remarqué, trop prise par le tourbillon des discussions.

Pfiou! C'est étourdissant les lancements!

Pis, j'vous jure que je ne fais pas juste parler, j'écoute aussi... même si j'ai toujours la bouche ouverte sur les photos! :p

vendredi 20 octobre 2017

Illusions d'écrivains

Je sais pas si c'est parce que nous passons une bonne partie de nos journées dans les mondes imaginaires qui peuplent notre tête, mais des fois je trouve qu'en tant qu'écrivains, nous (ça veut dire "surtout moi") avons tendance à nous bercer d'illusions...

Première illusion : notre manuscrit est si bon, nos premiers lecteurs vont l'encenser et nous n'aurons plus qu'à l'envoyer tel quel à l'éditeur.

Ben non. Nos lecteurs vont lui trouver dix mille défauts, nous faire douter du projet lui-même et nous renvoyer à notre clavier pour une nouvelle version. Remarquez, c'est pour ça que nous avons choisi ces lecteurs-là : parce qu'ils sont critiques. Nous allons les haïr, nous allons avoir le goût de pleurer, d'aller nous rouler en boule dans un fond de garde-robe pour disparaître, nous allons même, pendant une minute ou deux, caresser l'idée d'arrêter d'écrire... puis nous allons nous remettre à l'ouvrage.

Deuxième illusion : notre roman, longuement retravaillé et enfin publié, est si bon, tout le monde va l'aimer.

Ben non. Il y aura des critiques négatives. Et elles nous donneront le goût de pleurer, d'aller nous rouler en boule dans un fond de garde-robe pour disparaître, nous allons même, pendant une minute ou deux, caresser l'idée d'arrêter d'écrire (ah tiens, je sens une tendance ici...)... Et ce, peu importe le nombre de critiques positives, prix, encouragements ou autres succès que nous aurons reçu avant. Parfois même 30 secondes avant.

Troisième illusion : nous avons déjà publié, alors l'ère des refus, c'est fini.

Ben non. Ça peut encore arriver. Parce que nous avons travaillé plus vite ou moins bien ou sur un sujet moins maîtrisé ou parce que l'éditeur n'était pas approprié, qu'il s'était levé du mauvais pied, qu'il venait de lire deux autres textes identiques, etc. Bref, ça nous arrivera probablement encore. Nous nous comparerons alors à Chose-Là, à qui ce n'est jamais arrivé (à ce qu'il prétend en tout cas). Et ça nous donnera envie de brailler et de... (ok, vous avez compris le principe).

Ayant pris conscience de mes propres illusions, j'ai récemment pris action pour les gérer.

J'ai mis une provision de kleenex dans le fond de mon garde-robe.

(Ben quoi, j'suis réaliste et j'ai dit "gérer", pas régler! ;)

mercredi 18 octobre 2017

Scène de bureau (43) - Tout est dans la manière de demander

J'ouvre mon courriel. Je vois un message d'un de mes clients de rédaction. Et là je soupire. Ça me tente pas de l'ouvrir, de regarder son document, d'exécuter sa commande. Je sais qu'il va me demander de rendre son texte non seulement grammaticalement correct et intelligible (ce qui n'est déjà pas évident), mais en plus, il voudra que ce soit divertissant.

Je clique sur le message en soupirant. Et c'est alors que je lis (textuellement) :

Salut Geneviève! Comme d'hab, faudrais que mes bullet point devienne du Français pis intéressant... J'ai vraiment besoin que tu exerce ta magie. As-tu le temp cette semaine de faire un miracle?

Parlez-moi de ça un client réaliste! ;)

(Et qui sait comment flatter sa rédactrice. Des fois, tout est dans la manière de demander les choses.)

D'accord, d'accord, je me retrousse les manches, pis je vous prépare ça ce miracle-là!

lundi 16 octobre 2017

Best-seller?!?

Ouf! Désolée pour ce billet qui arrive en retard (en ligne à 13h30 au lieu de 7h30, tttt, c'est quoi ce laisser-aller?), mais les deux dernières semaines m'ont un peu mise à plat.

Cependant, fallait que je parle de la belle surprise que j'ai eue au salon du livre de Sherbrooke. Tandis que j'étais occupée à jaser à vendre ce livre-ci :


J'ai découvert la nouvelle impression de ce livre-là :


Hiiiiiiiiiiiiiiiii! J'étais tellement excitée! Mon éditrice m'avait mentionné qu'il y aurait une réimpression, mais c'était la première fois que je tenais dans mes mains l'un des nouveaux exemplaires. :)

Mine de rien, le premier tirage (avec le logo de Trampoline) ayant été fait à 2000 exemplaires, si on est rendus à réimprimer, ça veut dire qu'Hanaken fait tranquillement son petit bonhomme de chemin vers le statut de... best-seller. O.o

Quand même... C'est pas pire pour un premier roman! (Oui, là je me pète un peu, et même beaucoup, les bretelles, s'cusez, j'arrête, promis :p )

Pis best-seller ou pas, dans un monde où les romans ont une durée de vie d'à peu près un an, je suis vraiment heureuse de voir que mes petits samouraïs continuent à faire leur chemin, lentement, mais sûrement. :)

En passant, comme Isa le mentionne ce matin, le lancement officiel de "Écrire et publier au Québec" aura lieu ce samedi soir, à partir de 17h, à l'Amère à boire, 2049 rue St-Denis à Montréal. On lancera en même temps le dernier numéro de Brins d'éternité, on jasera, on prendra une bière, y'aura probablement une petite annonce me concernant et, parce que je suis pas difficile, je pourrai signer tant des "Écrire et publier" que des "Hanaken" si le cœur vous en dit! ;)

vendredi 13 octobre 2017

Notices pseudo-nécrologiques

Après avoir bravement terminé une brassée de couleurs, dans un grand hurlement de roulements brisés, Laveuse est décédée le 12 octobre 2017 à 11h45, juste avant le dernier rinçage et essorage d'une brassée de foncé. La blessure fatale est venue d'une cuve désalignée. Laveuse laisse dans le deuil sa propriétaire, Geneviève, qui n'a pas apprécié de devoir rincer sa brassée dans le bain puis de la tordre à la main comme au 19e siècle, ainsi que son propriétaire, Vincent, qui aurait aimé qu'elle dure encore un peu, ainsi qu'Éliane, sa principale fournisseuse d'ouvrage. L'exposition du corps de Laveuse est permanente au domicile des propriétaires... jusqu'à ce qu'ils trouvent le temps d'aller chercher une remplaçante.

* * *

Ce jour d'hui, vers 14h décèdera ma Patience, après avoir été soumise depuis le matin à une armée de bambins occupés à manger, lancer, écrabouiller et, accessoirement, cueillir des pommes. Patience laissera dans la peine Éliane, sa principale utilisatrice, qui s'en voudra beaucoup (pendant au moins cinq bonnes minutes) d'en avoir abusé. Patience étant connue pour ses vies courtes et ses résurrections fréquentes, Éliane ne portera pas le deuil.

* * *

Samedi et dimanche, en la ville de Sherbrooke, Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau vous inviteront à célébrer le décès des arbres qui se sont réincarnés en divers livres, notamment leur guide "Écrire et publier au Québec". Le service commémoratif aura lieu au kiosque des Six Brumes. Les auteurs vous y attendent en grand nombre.

* * *

Mon chum fait dire que je devrais considérer l'écriture de notices nécrologiques comme boulot alimentaire. Qu'est-ce que vous en pensez? :p

mercredi 11 octobre 2017

Guide des méandres littéraires

Regardez ce qui vient de sortir des presses! :)

Mon dernier né! (À moi et à mes deux co-géniteurs)
Ceci n'est pas un roman. C'est un guide. Le Guides des méandres du monde littéraire à l'intention de ceux qui veulent écrire, qui commencent à écrire, qui écrivent... ou qui se demandent par quel procédé étrange les mots sont transformés en livre.

Les autres manuels sur l'écriture accompagnent durant la création ou, à la limite, jusqu'à la soumission du manuscrit. Ce guide vous parle aussi de ce qui se passe avant le début de l'écriture, pendant la création, ainsi que de tout ce qui suit la réception d'un refus ou d'une acceptation, y compris le contrat, la direction littéraire, la révision et même l'illustration de couverture!

Évidemment, les exemples pratiques se limitent au milieu des littératures de l'imaginaire (parce qu'on a déjà mis trois ans pour l'écrire et interrogé 49 personnes! O.o), mais ne vous y laissez pas tromper : je crois que les principes sont bons pour tous les genres. Alors si vous avez des questions au sujet de l'écriture et de l'édition, c'est le bouquin qu'il vous faut!

En attendant qu'il soit en vente sur le site de l'éditeur et en librairie, vous pourrez vous le procurer dans les salons du livre! :)

vendredi 6 octobre 2017

Octobre, qu'est-ce que t'as mangé cette année?

Octobre a toujours été un de mes mois préférés. C'est l'automne, il fait frais mais pas frette, les arbres sont beaux, la lumière est dorée, les boissons chaudes sont réconfortantes, les chandails de laine douillets sont de sortie, y'a presque pu de bibitte dehors, le mois est parsemé de tartes aux pommes et à la citrouille, pis il annonce l'Halloween. Bref, je l'aime!

Depuis que je me consacre à l'écriture, octobre est en plus un mois relativement calme (contrairement à avril, haute saison de mes animations scolaires!). En octobre, d'habitude, je donne un atelier, je fais un petit contrat de rédaction, des fois je vais dans un salon avec des amis ou dans un lancement... Pas de pression, pas de date de tombée... C'est le fun. :)

Cette année par contre, je me demande bien ce qu'octobre a mangé! D'ici à l'Halloween, je vais donner trois ateliers, trois animations scolaires, participer à un salon et à un lancement, en plus de boucler un contrat de rédaction et un gros coaching! Ah pis à travers ça, je dois amener ma puce chez le dentiste et mon gentil papa me sort au théâtre.

Pfiou! J'vais être essoufflée rendue en novembre moi!

Avant que ce feu roulant ne commence (demain, avec l'atelier-court-le-mal-nommé qui s'étale sur trois jours), je crois que je vais me prendre une journée tranquille aujourd'hui...

Mais seulement après avoir lu la suggestion d'Élisabeth Vonarburg pour le Club de lecture de la République du Centaure, bien sûr!

mercredi 4 octobre 2017

Faire du style

J'ai souvent eu l'impression que j'écris sans style (même si plusieurs amis me certifient que non). Probablement parce que je n'ai jamais pensé particulièrement à mon style quand j'écrivais. Je pensais à l'histoire, à l'ambiance, aux mots que j'utilisais (pour éviter les répétitions inutiles), aux métaphores filées que je voulais imbriquer dans mon texte... Bref, je ne me disais jamais "là faudrait que je fasse un peu de style".

Récemment, je me suis rendu compte que c'est sans doute une bonne chose.

Parce qu'à force de lire des manuscrits d'auteurs plus ou moins débutants, je constate que les textes où on a voulu "faire du style" se repèrent à quatre indices distincts :

1) Vocabulaire mal employé

Empreinte et emprunte, ça ne veut pas dire la même chose. Inoculation, ça peut être synonyme de vaccination, mais pas de contagion ou d'épidémie. Lorsqu'un auteur cherche à utiliser des "beaux mots", il finit souvent par employer certains termes qu'il ne maîtrise pas tout à fait... Et l'erreur sautera aux yeux du lecteurs, gâchant tout l'effet du paragraphe truffé de mots à 50 piasses.

2) Métaphores clichées

Blonds comme les blés. S'effondrer comme une poupée de chiffon. Lire en quelqu'un comme dans un livre ouvert. Quand vous lisez un texte et que vous avez l'impression de pouvoir terminer la moitié des phrases sans les lire, ça veut dire que l'auteur, sans doute en voulant bien faire, a eu la main lourde avec les métaphores clichées et les expressions idiomatiques les plus communes. Ça vole déjà pas haut, mais si jamais les jeunes filles se mettent à être frêles comme des soles (ouille!), c'est là que le bas (!?!) blesse! Et le tout me pue au nez. (S'cusez-la, j'ai pas pris mon deuxième café.)

3) Métaphores bizarres

Pour éviter de tomber dans les clichés, certains auteurs décide de réinventer la voile (la roue, ça a été fait). Le problème, c'est que ces métaphores nouveaux genres peuvent introduire au mauvais moment un effet comique involontaire ou alors être si bancales qu'elles sortent complètement le lecteur du texte. Des exemples lus récemment : "À sa grande horreur, il découvrit un cadavre raide comme une trique" (oui, mais non...) ou encore "Les bateaux flottaient comme des bulles dans un verre de champagne" (euh... ils étaient en dessous de l'eau et éclataient en atteignant la surface?!?)

4) Répétitions

Un autre trait que j'ai remarqué chez les débutants qui essaient de faire du style, c'est qu'ils formulent d'abord leur "jolie" phrase, genre "Il la contempla d'admiration dont il couvait d'ordinaire les divins autels", puis ils en rajoutent deux ou trois autres, plus simples, qui expliquent la même chose : "En effet, depuis son enfance, il n'avait été attiré que par les statues des déesses. Mais cette femme, devant lui, l'attirait tellement, elle ressemblait tellement aux statues des temples, elle était si belle, qu'il ne pouvait arrêter de la regarder." On jurerait que l'auteur ne nous fait pas confiance pour comprendre ce qu'il a déjà dit... parce qu'il sait subconsciemment que sa métaphore était incompréhensible ou son vocabulaire imprécis ou maladroit.

Y a-t-il d'autres indices que j'ai oublié?

Et qu'est-ce qu'on est supposés faire avec un auteur qui écrit comme ça et qui s'obstine que c'est de même qu'il faut faire pour être publié? À part lui expliquer que son style à lui, c'est ce qui restera quand il arrêtera de forcer?

lundi 2 octobre 2017

Enfin terminé!

D'habitude, je ne vous agace pas avec mes histoires de mots ou de chapitres écrits et de premiers jets terminés ou pas... Mais là c'est un peu spécial : je viens de terminer le premier jet de mon roman policier.

Un roman commencé il y a SIX ans!

Inutile de dire qu'il y a eu bien des détours et des écueils dans la conception de cette histoire!

Le premier plan et les personnages datent en effet de 2011, mais après avoir terminé ledit plan, je n'en étais pas satisfaite, alors je l'ai enfermé dans un tiroir. Et l'introduction déjà écrite est devenue une nouvelle. En 2012, j'ai voulu m'y replonger, mais la nécessité d'écrire Hanaken III s'est imposée et je m'y suis consacrée. En 2013, je n'y ai pas touché, absorbée par mon Hanaken III qui avançait à pas de tortue. En 2014, enceinte jusqu'aux yeux, un ami m'a involontairement donné l'idée qui me manquait. J'ai retravaillé le plan et, enfin enthousiasmée par le projet, je m'y suis remise un peu, en sachant que je serais bientôt interrompue. En 2015, j'ai écrit par-ci, par-là, quand la puce m'en laissait le temps et qu'aucun truc plus urgent ne m'appelait (comme un certain manuscrit à six mains). En 2016, la puce étant entrée en garderie, j'ai pu me lancer dans mon roman à fond... Pour m'interrompre presqu'aussitôt. Une idée proposée à un éditeur avait retenu son attention, mais je devais m'y mettre là, maintenant. J'y ai passé une partie de 2017.

Jusqu'à ce que finalement, il y a quatre mois, je puisse revenir à ce roman policier qui m'attendait, ce texte écrit par petits morceaux, où je croyais avoir encore tellement de travail à faire, que j'avais l'impression que je ne finirais jamais...

Hier, pendant la sieste de ma puce, dans un élan créatif d'une intensité que je connais peu, j'ai dévidé en deux heures les quelques 2500 mots qui me séparaient du point final. Whoa. Je venais de finir.

J'en reviens pas encore. Dans le coin de mon cerveau où je classe les projets "inachevés mais pas abandonnés", il y a soudain un grand vide.

Et j'ai l'impression qu'il a créé un appel d'air du côté des muses : depuis hier après-midi, des idées nouvelles me viennent plus vite que je ne peux les noter! Paraît que la nature a horreur du vide. Semblerait que les muses aussi! ;)

vendredi 29 septembre 2017

Métaphore filée

J'essaie de ne pas abuser des métaphores et figures de style dans mes textes. (J'ai dit "j'essaie", hein, c'est pas encore gagné, j'le sais, mais y'a une amélioration par rapport à l'époque où WordItOut me retournais un beau gros "COMME" au milieu de mon nuage de mots!)

Je suis donc désormais particulièrement prudente avec les métaphores qu'on annonce avec un "comme" impossible à manquer. (Ou avec un "tel/telle" est à peine plus discret).

Par contre, s'il y a un type de métaphore dont je ne peux me passer, sans doute parce que mon cerveau les conçoit à mon insu, c'est de la métaphore filée.

C'est quoi une métaphore filée? C'est en quelque sorte une comparaison longue, qui s'étale sur toute une phrase ou même un paragraphe. Elle existe sous plusieurs formes, mais ma préférée est celle qui s'appuie simplement sur un champ lexical. Par exemple :

La jeune fille avançait vent debout et son pas tanguait un peu tandis qu'elle fendait la mer d'herbes hautes, sa jupe de voilage gonflée derrière elle.

Bon, ici je force un peu la note, mais c'est pour que ce soit clair... Vent debout, tanguer, mer, voilage... Je sais pas pour vous, mais pour ma part, ça m'évoque un bateau. Si je lis un passage semblable, dans ma tête, je vais avoir tendance à compléter l'image, me figurant une jeune fille haute et frêle, comme un mât de navire et, quelque part au loin, un vaste horizon plat.

Une chose est sûre, l'impression laissée sera plus subtile que si je lis seulement :

La jeune fille fendait les herbes hautes, comme un voilier sur une mer verte.

Ce que j'apprécie particulièrement de la métaphore filée, c'est qu'elle crée une impression sur l'inconscient du lecteur et, si elle est bien conçue, elle plante l'ambiance sans même qu'il ne s'en rende compte. En plus, elle est très utile pour donner de la couleur à un personnage dont on emprunte le point de vue. Par exemple, la description présentée plus haut serait tout à fait à sa place si mon narrateur était un marin.

Évidemment, il faut y aller à petites touches (sinon ça peut devenir pénible ou sentir la recette), mais j'aime bien, quand je conçois un personnage un peu atypique (par son métier, son éducation, ses origines, etc.), préparer le terrain à quelques métaphores filées en me faisant des listes de mots qui lui sont propres.

Connaissiez-vous ce type de métaphore? Vous les appréciez ou pas?

mercredi 27 septembre 2017

Pas touche au montage!

Ça fait deux fois que ça m'arrive.

Deux fois qu'un éditeur, alors qu'on est à l'étape de mettre le texte en page pour l'impression (ça s'appelle "le montage"), me demande des changements.

Comme s'il le lisait pour la première fois.

Pourtant, l'éditeur, il a reçu le texte, il l'a accepté pour publication, il l'a envoyé à la directrice littéraire, il a reçu ma version modifiée, il l'a envoyé à la révision, il a reçu ma version révisée, il l'a envoyé au graphiste...

Et là, soudain, alors que le texte m'est retourné sous forme de PDF, que je suis occupée à  m'assurer que le graphiste n'a pas sauté de ligne (ça arrive!) et qu'il ne reste plus de coquille, l'éditeur me sort un "Es-tu sûre que tu veux utiliser ce terme-là partout dans le texte? Je verrais plutôt celui-ci... " ou alors un "Tu commences avec un dialogue, ça fait bizarre. Tu pourrais pas faire autre chose à la place?".

ARRGGGGGGGGGGGG!

Je ne sais pas si l'éditeur se rend compte qu'il risque sa vie lorsqu'il passe des commentaires du genre à l'étape du montage? Parce que je soupçonne que je ne suis pas la seule à qui ça donne des envies de meurtre!

À toutes les autres étapes du processus, je suis accommodante et ça me fait plaisir de modifier le texte en fonction des commentaires de l'éditeur. Mais une fois qu'il a été envoyé au graphiste et que je ne peux plus travailler le texte par moi-même, ni savoir si mes changements seront correctement reflétés ou causeront d'autres problèmes, touchez-y pu!!! S'il est pas à votre goût, fallait le lire avant! Non, mais!

Allez, rassurez-moi. Dites-moi que je ne suis pas la seule à réagir comme ça.

(À la défense des éditeurs auxquels je fais référence, et que je ne nommerai sous aucun prétexte, ça ne semble pas être leur manière courante de fonctionner, mais... ben c'est fâchant pareil!)

lundi 25 septembre 2017

Le Chasseur, récit socialement engagé?

La gang dynamique des Horizons Imaginaires a fait une très intéressante critique de ma novella Le Chasseur dans le cadre de leur spécial sur Montréal.

La lectrice y a notamment vu un récit engagé socialement, puisque je dépeins mon personnage aveugle non pas comme un handicapé démuni, mais comme un homme plein de ressources.

J'vais être honnête avec vous : j'ai jamais pensé en écrivant Le Chasseur que je dénonçais le "capacitisme". (Premièrement, en 2012, le mot n'était pas vraiment courant. Deuxièmement, si j'avais essayé consciemment, j'aurais sans doute appuyé un peu trop fort sur le crayon et forcé la note, en écrivant un insupportable roman "à message".)

Cela dit, j'essaie toujours de considérer mes personnages comme des êtres réels, avec leurs forces, leurs faiblesses, leurs qualités, leurs défauts... et leurs handicaps. Dans cette histoire, il était évident pour moi que Hugues, malgré sa propre impression de n'être plus bon à rien, avait encore plusieurs atouts dans sa manche. J'ai donc inventé un contexte où il se révèlerait à lui-même.

Tant mieux si ça peut ressembler à un engagement social de ma part, car c'est tout à fait vrai que je ne vois pas les handicaps comme des condamnations à l'inutilité! Tant mieux aussi si ma novella, en plus de divertir, peut servir à amoindrir certains préjugés ou à réconforter des gens atteint d'un handicap qui se sentent discriminés pour cette raison.

Après tout, toucher mes lecteurs à long terme, les aider à regarder la vie autrement, ça fait partie de mes motivations à écrire! :)

vendredi 22 septembre 2017

Biscuits Red Velvet particuliers

J'aime beaucoup les biscuits Red Velvet, mais la pensée de tout le colorant rouge qu'ils demandent m'écoeure un brin. L'autre jour, je cherchais quoi faire avec mon cinq livres de betteraves. J'ai découvert qu'on pouvait mettre des betteraves râpées dans des biscuits. Et que ça donnait des biscuits rouges. De là au Red Velvet, ma cervelle n'a fait qu'un tour. Quelques recherches et expériences plus tard, j'ai créé une douzaine de biscuits que mon chum a qualifiés de mes "meilleurs à ce jour". Quant à ma puce, elle a fait une méga crise pour en obtenir un deuxième!

Bon, ben, devant une réception pareille, j'me suis dit que puisque les betteraves sont encore en saison, j'allais vous partager la recette! (Pis si vous haïssez ça, vous pourrez vous dire que je dois vraiment cuisiner comme un pied le reste du temps... Mais dans cette recette, le goût un peu terreux et sucré des betteraves me semble se marier parfaitement avec celui du cacao... d'où la faible quantité de sucre suggérée, mais si vous aimez vos biscuits bien sucrés ou que les betteraves vous terrorisent, gênez-vous pas pour en ajouter!)

Biscuits Red Velvet... aux betteraves!
(pour 12 biscuits)

1/2 tasse de beurre ou de margarine végétalienne
1/3 tasse de cassonade
(ou 1/2 tasse si l'idée de biscuits à la betterave vous effraie)
1/2 tasse de betteraves crues, pelées, râpées fin ou broyées
(environ 1 moyenne)
1 c. à thé d'extrait de vanille
2 c. à soupe de lait
2 c. à soupe de cacao
1 tasse de farine avec ou sans gluten
(mélange sans gluten suggéré : 2/3 t. sorgho, 1/3 t. fécule de patate et ½ c. thé de xanthane)
¼ c. à thé de poudre à pâte
1/8 c. à thé de sel
½ tasse de chippites de chocolat blanc (facultatif, mais miam!)

Crémez le beurre avec le sucre, ajoutez les betteraves râpées, puis les autres ingrédients jusqu'au cacao et mélangez bien.

Ajoutez les ingrédients secs (sauf les chipittes) en un tas sur le dessus et mélangez-les un peu ensemble avant de les ajouter au reste du mélange. (Ça c'est ma méthode de paresseuse pour éviter de salir deux bols!)

Terminez en incorporant les chippites.

Déposez 12 cuillérées de pâte sur une plaque à biscuit recouverte de papier parchemin et aplatissez à la fourchette.  

Cuire 12 à 14 minutes à 350 F.

Les biscuits sont très mous en sortant du four, mais se raffermissent ensuite. 
Et ils sont divins avec un latté!

mercredi 20 septembre 2017

Gâtée pourrie, mais...

Ma fille étant enfant unique, elle commence à être, je dois l'admettre, gâtée pourrie. Pas parce qu'on lui laisse faire tout ce qu'elle veut (au contraire, je crois qu'on est assez stricts), mais parce qu'elle obtient pas mal tout ce qu'elle désire.

Elle veut des nouveaux livres? Ils apparaissent bientôt par la magie de "maman est allée au salon du livre". (Et si je dessinais pas comme un pied, je lui offrirais des œuvres originales. Avis aux illustrateurs en manque de projets! ;)

Elle veut une maison de poupée? Je me mets à l'œuvre avec les Duplo.

Des masques comme dans un film qu'elle a vu? Je sors le carton, la gouache et on bricole.

Des véhicules pour ses bonhommes de la Pat Patrouille? Encore une fois, les Duplo sont mis à profit.

Une couronne pour jouer à la princesse? (Coudonc, c'est-tu inévitable cette phase-là dans la vie d'une petite fille?!?) Encore du bricolage!

Bref, elle est gâtée, mais c'est presque toujours du fait maison, du bricolé et du temporaire. (Les Duplo sont pour ça la meilleure ressource qui soit. Le bateau pirate d'hier devient l'autobus d'aujourd'hui... pis j'ai du fun au passage! lol!)

Dernièrement, j'ai remarqué un phénomène qui m'a fait plaisir : désormais, au lieu de me dire "Maman, je veux tel jouet", ma puce s'est mise à me demander "Maman, fais-moi tel jouet".

Ouf! Elle est peut-être gâtée pourrie, mais au moins c'est du fait maison et du recyclé! Visiblement, elle apprécie mes bricolages et elle s'amuse autant avec mes œuvres semi-improvisées qu'avec ses jouets plus coûteux. J'espère que ça l'encouragera, plus tard dans sa vie, à réparer et recycler ses possessions.

Quelque chose me dit que ça lui sera utile!

lundi 18 septembre 2017

Longueur naturelle des textes

Au dernier congrès Boréal, lors d'une table-ronde, Élisabeth Vonarburg a remarqué que la plupart des écrivains ont une longueur de texte qui leur est plus ou moins naturelle, avec laquelle ils sont confortables. La longueur qui leur vient par défaut, celle qui permet à leurs idées de ne pas s'essouffler.

J'étais un peu sceptique, puis j'ai examiné mes textes publiés et mes manuscrits en cours. Et j'ai observé que je travaille effectivement, par défaut, avec trois longueurs de texte :

1- la short-short : 1 000 mots

2- la nouvelle : 5 000 mots

3- le roman : 50 000 mots en moyenne

Ah ben, coudonc!

J'suis loin des 600 000 mots de moyenne d'Élisabeth, mais bon.. ;)

Et vous, avez-vous une longueur "naturelle"?

(Au moment où j'allais mettre ce billet en ligne, on vient de me commander une nouvelle de 3000 mots. Ouin, ça va demander du travail ça!)

vendredi 15 septembre 2017

Tu sais que (15)

Tu sais que tu t'assagis quand une soirée "bien arrosée", ça dure 5 heures, mais ça ne contient que deux pintes de bière, un verre de cidre et une lichette de vin. (Oui, c'est sage ça, bon!)

Tu sais que tu vieillis quand tu es toute contente, en mettant ton linge au lavage, de constater qu'il ne sent pas la vieille cigarette parce qu'on n'a plus le droit de fumer dans les bars "maintenant"... Puis tu te rends compte que "maintenant" est une période qui a commencé il y a onze ans (mais tu te souviens très clairement de "avant" et de l'odeur de cendrier qui te collait dans les cheveux jusqu'à la douche du lendemain matin!).

Tu sais que tu as acquis une certaine expérience dans les lendemains de veille quand tu te lèves après quatre heures et trois quart de sommeil, relativement dispose, et que ton premier réflexe est de vider deux grands verres d'eau et d'avaler une aspirine prophylactique en préparant le déjeuner de ton enfant (seule raison pour laquelle tu t'es levée aussi tôt!).

Finalement, tu sais que les nuits écourtées ne te font plus peur quand tu décides, après avoir envoyé ta progéniture à la garderie, de ne pas te recoucher et d'écrire à la place.

Bon, tu commences avec un billet de blogue, mais ça compte, hein? ;)

mercredi 13 septembre 2017

Horizons imaginaires - deuxième édition

Vous vous en souvenez peut-être pas, mais en parallèle de ma participation comme jurée au prix Jacques-Brossard, je vous avais dit que je m'étais embarquée dans un autre jury littéraire.

C'était le jury chargé de déterminé les finalistes du prix Horizons imaginaires, un genre de prix des collégiens spécialisés en science-fiction, fantastique et fantasy. Le gagnant sera, quant à lui, déterminé par un vote des cégépiens.

Le prix en sera cette année à sa deuxième édition. L'initiative, démarrée par un dynamique prof de français (salut Mathieu!) du cégep anglophone Marianopolis, semble vouée à grandir. Déjà, quelques cégeps ont manifesté leur intérêt à participer.

Le dévoilement des finalistes aura lieu ce soir, à la Librairie de Verdun. J'y serai en compagnie de mes co-jurés et des auteurs sélectionnés... Évidemment, je ne peux pas vous dire de qui il s'agit! ;)

Mais si vous êtes curieux et que vous avez du temps ce soir, passez nous voir!

(Pour le communiqué officiel, c'est par ici)

lundi 11 septembre 2017

Ouate d'oeuf?

Depuis que notre puce est dans notre vie, mon chéri et moi essayons de ne plus trop sacrer. Ceux qui m'ont déjà entendue parler (surtout après une bière ou deux) savent que c'était pas gagné d'avance... Mais ce que vous ne savez pas, c'est que mon chum, s'il épargne sur le chapelet québécois, est parfois créatif avec ses jurons anglophones (je l'ai déjà entendu dire what the flying fuck?!? et c'était pas en joke).

Bref, on essaie de notre mieux d'épargner les oreilles de notre progéniture, surtout depuis qu'elle est entrée dans sa phase perroquet (vers 18 mois! O.o). Quand l'un de nous deux se lance dans une envolée verbale qui risque de mal finir, on se prévient mutuellement d'un "Chéri/e!" qui soit coupe l'autre dans son élan, soit couvre commodément la finale fatidique.

Des fois, on se dit qu'on s'en fait trop, mais l'autre jour, on a été contents de notre système.

J'étais en train de préparer le souper, tandis que notre fille jouait dans le salon et que mon chum, près de moi,  ouvrait le courrier. Dans une enveloppe, il a découvert... je ne sais plus quoi, sans doute une facture inattendue... et s'est exclamé un beau, clair et sonore :

Lui - WHAT THE F....

Moi - Chéri!

Il s'est interrompu juste à temps.

Lui - Oups. Tu penses qu'elle m'a entendu?

Il venait de finir de parler lorsque notre puce est entrée dans la cuisine et est venue tourner autour de nos jambes en répétant gaiment :

Puce - Ouate d'œuf! Ouate d'œuf! Ouate d'œuf!

Moi - D'après toi?

On a beaucoup ri. Parce qu'une petite cocotte qui sautille en répétant "ouate d'œuf", c'est cute. Si elle avait dit le truc au complet, ça aurait été plus gênant! Hihihihihi!

vendredi 8 septembre 2017

Le lien entre direction littéraire et atelier

Depuis que je me consacre à l'écriture, j'essaie aussi de me développer en tant que directrice littéraire.

Premièrement, parce que, d'un pur point de vue mercantile, des contrats de direction littéraire, c'est un complément logique et bienvenu à mes activités d'écrivaine.

Et deuxièmement, parce que j'aime ça! J'adore analyser un texte pour en trouver les faiblesses, réfléchir à des moyens de les régler, en discuter avec l'auteur, sentir sa créativité se ranimer, le voir plonger dans le texte et en découvrir bientôt une version plus achevée.

Cependant, récemment, alors que je tentais de me trouver de nouveaux contrats et que je mentionnais mes ateliers en tant qu'expérience de direction littéraire, je me suis rendue compte que plusieurs personnes ne voyaient par le lien entre "direction littéraire" et "atelier".

Pourtant, un atelier littéraire (à tout le moins ceux qu'Élisabeth Vonarburg m'a appris à donner), c'est sans doute l'expérience de direction littéraire la plus pure qu'on peut connaître. Vous écrivez un texte (sur place ou avant l'atelier), l'animateur le lit... et le commente en direct!

Ensuite, vous tentez d'appliquer ses commentaires, vous examinez le résultat ensemble et vous faites quelques ajustements. L'auteur voit quelles sont ses faiblesses et comment les contrer, tandis que l'animateur d'atelier apprend à mieux formuler ses commentaires, à les rendre concrets et même à les limiter (afin que l'auteur ne se sente pas découragé à l'idée de tout retravailler en même temps).

C'est étrange quand même... on dirait que la mécanique des ateliers est vraiment peu connue. Quelqu'un aurait-il une explication?