vendredi 28 avril 2017

Le masculin ne doit plus l'emporter? Ok, mais...

Dernièrement, je lisais un article d'une journaliste féministe qui s'insurgeait devant le fait que, en français, en 2017, le masculin l'emporte toujours sur le féminin.

Par exemple, si je parle de Luc, Isa et moi, je dois dire "des auteurs québécois", au masculin.

Y'en a que ça gène. Qui trouvent que, dans cette situation, on devrait soit représenter tout le monde : "des auteur(e)s québécois(e)s" ou "des auteur.e.s québécois.e.s", soit représenter le groupe majoritaire : "des auteures québécoises".

Personnellement, j'ai toujours vu cette règle de grammaire comme une simple convention et non comme une attaque machiste. D'accord, la convention a été décidée par des hommes à une époque où le patriarcat régnait en maître et oui, le français porte des traces de cette époque, mais bon... (Je ne dirai pas "ça fait partie de son charme", mais je vais le penser, parce que, hé, je suis historienne ;)

Un moment donné, la langue est un ensemble de conventions ayant pour but de communiquer des idées entre personnes. En l'absence de genre réellement neutre en français, on a décidé que le masculin en jouerait le rôle et depuis, on fait avec. (Soit dit en passant, la plupart des langues anciennes avaient un genre neutre, mais à peu près tous les peuples l'ont éliminé avec le temps, parce que franchement apprendre trois accords possibles pour tout, c'est chiant!)

Cela dit, un mouvement féministe revendique l'abandon de cette règle voulant que le masculin l'emporte. Le masculin, dit-on, n'est pas neutre (et je ne m'en rends pas compte parce que je suis une pauvre victime du machisme, paternalisme et autres-ismes qui imprègnent notre société).

Bon, à la limite, si c'est le consensus actuel, je veux bien l'adopter et, même, en faire la promotion dans mes romans.

Sauf que... si le masculin ne l'emporte plus, on fait quoi? On met des syntaxes pointées partout? (styles auteur.e.s) Ça va pas être le fun à lire! (Ni à écrire!) On fait l'exercice mathématique de découvrir le genre dominant à chaque fois qu'on parle d'un groupe? Et si jamais y'a deux gars, deux filles? Ou, problème encore plus épineux, deux gars, deux filles et une "personne ne s'identifiant pas au système binaire de représentation des genres"?

Parce que oui, ça existe ça aussi, mais on ne semble pas avoir encore prévu de nom pour les représenter (queer ne fait pas consensus). Parce que c'est réducteur, paraît-il, de donner un nom pratique à un groupe, de réduire les personnes qui le composent à une seule de leur caractéristique. C'est ainsi que, en 2017, on ne doit plus parler d'aveugle, de sourds, d'autiste, d'handicapé, d'homosexuels, mais bien de personne non voyante, de personne malentendante, de personne autiste, de personne vivant avec un handicap, de personne homosexuelle...

Et l'auteure (pardon, paraît que je devrais dire "autrice" pour me détacher du machisme linguistique ci-haut mentionné, mais je trouve le mot laite à mort, en plus d'avoir l'impression qu'il insiste beaucoup trop sur le fait que je suis une femme qui écrit et non pas un écrivain qui s'adonne à être une femme) arrivée à ce point-ci de ses réflexions linguistiques, a un peu envie d'arrêter d'écrire, de peur d'offenser mortellement une personne ou une autre.

Je ne sais honnêtement pas où on s'en va comme société avec ce langage si inclusifs et précis qu'il en devient inutilisable (sans parler de la redondance du mot "personne" qu'on sous-entendait, me semble, dans les termes "réducteurs"), mais j'ai hâte que l'usage des générations futures tranche la question. (Parce qu'on peut réformer une langue tant qu'on veut, c'est à l'usage qu'on voit ce qui fonctionne).

En attendant, si vous cherchez des personnes vivant au Québec et qui pratiquent la littérature de genre peu importe leur genre, vous les trouverez en fin de semaine prochaine au Congrès Boréal. Probablement en train de boire pour oublier cette discussion! ;)

mercredi 26 avril 2017

Écrire et publier... en équipe!

Il y a quatre ans, Isa m'a dit "J'ai une idée de fou". J'ai répondu "Raconte-moi ça!"

Il y a trois ans, elle a dit "Je rassemble le matériel, là, t'embarque?" J'ai répondu : "Bien sûr!"

Il y a deux ans, elle m'a annoncé "Ok, on commence à écrire". J'ai dit "Pas de problème, dans six mois, ce sera fini."

S'en est suivi deux ans de travail d'équipe assez intense, que j'ai mentionné ici et .

Ce travail vient de livrer ses fruits : le manuel "Écrire et publier au Québec, les littératures de l'imaginaire" qui sera publié à l'automne aux Éditions des Six Brumes.

Le résumé officiel est sur le site des Six Brumes. La prévente, quant à elle, commencera lundi.

Mais laissez-moi vous dire une chose : ce manuel est un monstre de densité, que ses modestes 55 000 mots ne laissent pas présager.

Là vous pensez "encore un manuel sur l'écriture écrit par des auteurs obscurs et qui donne la supposée recette du succès qu'ils ne connaissent pas". (J'suis pas télépathe : j'ai souvent pensé la même affaire! :p ) Mais vous vous trompez, c'est pas ça du tout!

Notre manuel contient très peu de conseils techniques sur l'écriture proprement dite (on laisse ça à Élisabeth Vonarburg et à son excellent "Comment écrire des histoires") et aucune prescription à suivre absolument pour connaître la gloire et la fortune (lol!).

Nous discutons plutôt de tout ce qui précède l'écriture (la lecture, les plans, les recherches, les réseaux sociaux, les études...) et de tout ce qui suit (la réécriture, les premiers lecteurs, la recherche d'un éditeur, les refus, les acceptations, la direction littéraire, la révision linguistique, l'illustration, le contrat, les lancements, le DPP, les doutes, les motivations à écrire...). Notre but était de démystifier le travail d'auteur et de répondre une fois pour toute aux questions des jeunes (et moins jeunes) auteurs qui nous contactent tous à un moment ou un autre, par courriel ou en personne.

Les textes s'appuient sur nos propres recherches et expériences, ainsi que sur les réponses à un sondage qu'Isa (instigatrice du projet) a envoyé à une cinquantaine d'auteurs, illustrateurs, lecteurs et éditeurs issus du milieu de la SFFQ. (C'était ça qu'elle voulait dire par "rassembler le matériel". C'est à cause de ça aussi qu'on a mis deux ans à écrire le bouquin. Pouvez-vous imaginer la quantité de texte que ça donne lorsque cinquante auteurs répondent à une centaine de questions à développement?!? O.o)

Soit dit en passant, malgré le sous-titre du bouquin, je crois que les réponses obtenues des collaborateurs n'auraient pas été très différentes même s'ils avaient été issus du milieu du polar, de la littérature blanche ou de la littérature jeunesse... probablement parce que certains d'entre eux œuvrent aussi dans ces autres genres! Le manuel est donc intéressant, je crois, pour les écrivains ou futurs écrivains de tous les horizons.

Bref, c'est du solide notre affaire. Un vrai "guide de l'écrivain québécois".

Cela dit, la prochaine fois que mon adorée Isa va me dire "J'ai une idée de fou", je me sauve! :p

(Farce à part, Isa, j'suis super contente d'avoir réalisé ce projet en ta compagnie, chère plume-soeur. Mais... pas trop souvent des comme ça, ok? ;)

lundi 24 avril 2017

Chère puce

Chère puce,

Tu commences à comprendre le monde.

Tu sais que les amoureux s'embrassent sur la bouche.

Tu sais que papi et mamie sont les parents de papa.

Tu sais qu'avec une maman et un papa, on fait des bébés et que ça donne une grosse bedaine à la maman pendant que le bébé pousse.

Tu sais que grand-papa, c'est le papa de maman.

Dans ta tête, tout le monde a un papa et une maman, même tes gobelets. Ton gobelet de lait étant plus gros que ton gobelet d'eau, tu as décrété que l'un était le bébé et que l'autre est, selon les jours, son papa ou sa maman.

Bientôt, je vais devoir t'expliquer que...

Que matante Julie aime les femmes, pis que "des amoureux", ça veut pas toujours dire un monsieur pis une madame.

Que celle que tu appelles grand-maman est en fait l'ex-blonde de grand-papa.

Que ta vraie grand-maman est décédée avant ta naissance. (Pis qu'elle portait le même prénom que l'autre grand-maman, tsé d'un coup que la situation ait été pas été assez délicate...)

Que ça arrive que les gens meurent.

Pis je vais devoir faire tout ça en essayant de te traumatiser le moins possible et en te transmettant mes valeurs d'amour pis d'ouverture d'esprit, en évitant de t'imposer un moule hétérosexuel, d'un coup que toi, ça soit pas ça ta voie.

Ouf, chère puce, j'ai comme qui dirait une petite angoisse maternelle ce matin.

La preuve : je t'écris sur mon blogue alors que tu ne sais pas lire, ni utiliser Internet! :p

PS: Je prends les suggestions d'albums jeunesse abordant ces sujets, si vous en avez.

vendredi 21 avril 2017

Horizons Imaginaires - lancement ce soir

Horizons Imaginaires, c'est l'idée un peu (beaucoup) folle d'un prof de français langue seconde au cégep de Marianopolis, Mathieu Lauzon-Dicso (l'un de mes collègues jurés du prix Jacques-Brossard).

Pour motiver ses étudiants, et parce qu'il est lui-même friand des genres de l'imaginaire, il a imaginé une version "SFFQ" du prix des collégiens, un webzine contenant des critiques composées par les élèves, des rencontres avec des auteurs, des ateliers d'écriture... et que sais-je encore?

(L'énergie et le dynamisme de ce gars-là me fascine! Imaginez : il a même réussi à me convaincre de participer au jury qui fait la pré-sélection des livres pour la prochaine édition de son prix littéraire!)

Son ambition est d'amener d'autres cégep (francophones ou anglophones dotés d'un bon programme de langue seconde) à embarquer avec lui dans le projet et de créer une vague de fond, un renouvellement du milieu SFFQ (ce sera pas de refus : les "jeunes", dont je suis, commencent à avoir des cheveux gris...). À ce que j'ai compris, c'est bien parti.

Et ce soir, à 18h, au collège Marianopolis, le projet sera officiellement lancé.

J'y serai, en compagnie de Luc, Pascale et Guillaume Voisine (et plusieurs autres je suppose!)

L'invité d'honneur de la soirée sera Norbert Spehner et il nous parlera d'une autre initiative qu'un prof de cégep lança, jadis, au cégep Édouard-Montpetit. Ça s'appelait d'abord Requiem, puis ça devint Solaris...

J'espère qu'un jour on parlera d'Horizons Imaginaires en disant "Ça a commencé au collège Marianopolis..." ;)

(À part ça, je serai en animation scolaire toute la journée, alors ne vous étonnez pas des délais de réponse et à lundi! ;)

mercredi 19 avril 2017

C'était en 2010

C'était en 2010.

On venait d'écouter Supernatural et Vincent m'a lancé, à moitié à la blague "Les gens possédés par des démons sont tellement pas tuables, avec leur force surhumaine, leur régénération, pis le fait qu'ils ont jamais mal... La possession devrait être utilisée en médecine!"

L'idée m'a séduite. Je l'ai notée.

Elle m'habitait. Ses répercussions étaient multiples. Je l'ai retournée dans tous les sens. Vincent et moi en avons reparlé plusieurs fois. Il aime toujours beaucoup les histoires de démons.

Quelque part en 2011, j'ai imaginé le contexte socio-politique dans lequel une telle médecine serait possible. Ça m'a donné assez de matière pour un roman. Un genre de religious-punk.

Que je n'ai jamais eu le temps d'écrire.

En 2015, j'ai décidé de condenser l'essentiel de mes idées dans une nouvelle. Et de la soumettre au prix Solaris 2016 (ce qui m'a forcée à couper quelques trucs, dont une idée horriblement géniale de Vincent... ce n'est que partie remise : le roman s'écrira peut-être un jour!). Je n'ai pas gagné le prix, mais le texte a retenu l'attention, alors...

Dans quelques mois, soit 7 ans après l'embryon d'idée qui lui a donné le jour, vous pourrez lire "Démonothérapie" dans Solaris.

Ouaip, la médecine assistée par des démons. Avouez, vous voyez pas ce qui pourrait mal tourner... :p

(Je crois que c'est mon texte qui est resté en gestation le plus longtemps, mais je ne suis pas sûre... La réponse est probablement quelque part sur le blogue, mais où? Mystère! J'ai cherché pourtant! lol! Je crée donc une nouvelle rubrique "Notes sur les textes" pour me retrouver à l'avenir, surtout que je sais que ce genre de notes intéresse plusieurs lecteurs.)

lundi 17 avril 2017

Retour sur mon expérience de jurée littéraire

Maintenant que les finalistes du prix Jacques-Brossard sont connus (il s'agit de Dave Côté pour les nouvelles "Angle mort" et "Je ne voterai pas", Martine Desjardin pour "La maison verte" et Renaud Jean pour "Rénovation), je peux avouer officiellement que j'étais membre de ce jury pour l'année 2016.

Et je peux également effectuer un bilan de mon expérience, pour ceux qui seraient tentés de participer.

Points positifs :
- J'ai pu lire gratuitement toute la production SFF (science-fiction, fantastique et fantasy) publiée au Québec dans l'année.
- J'ai découvert des auteurs et des maisons d'édition que je ne connaissais pas.
- J'ai dû aiguiser mon esprit critique.
- J'ai été inspirée pour mes prochaines créations, car une part de moi souhaitait répondre, contredire ou réagir à ce que certains ont écrit.

Points négatifs :
- Je me suis rendue compte qu'il se publie vraiment beaucoup de SFF au Québec dans une année et j'ai donc passé 12 mois à ne lire quasiment que ça (moi qui aime varier les genres d'habitude!).
- Il m'a fallu poursuivre la lecture de bouquins que j'aurais normalement abandonnés après 30 pages, d'un coup que ça deviendrait bon et que les autres membres du jury, eux, aient persévéré (on veut pas être le seul à passer à côté d'un chef-d'oeuvre!).
- J'ai constaté que quand c'est mauvais après 30 pages, c'est rarement meilleur au bout de 300.
- J'ai découvert que les écrivains non spécialisés en SFF écrivent merveilleusement bien... mais remâchent souvent les mêmes clichés!!! (J'ai lu 6 livres où le personnage est mort, mais où il ne s'en aperçoit pas avant la seconde moitié du récit. À chaque fois, je le savais au bout de 10 pages!)
- J'ai appris qu'il se publie vraiment beaucoup de SFF en hiver lorsque la plus grosse caisse de livres de l'année est apparu dans ma boîte aux lettres vers la fin du délai imparti pour tout lire! Y'a fallu mettre les bouchées doubles vers la fin!
- Je me suis rendue compte que résumer mes impressions d'un an de lectures intensives lors d'une séance de délibération de 3 heures, puis de m'entendre avec 4 autres personnes pour déterminer 3 finalistes (alors qu'on a lu une quarantaine d'auteurs différents et que chacun les a perçu à sa manière), c'est vraiment crève-coeur. Surtout quand il y a plusieurs personnes chères à ton cœur parmi les auteurs en lice et que tu dois départager tes sentiments envers les gens et tes impressions de leur production de l'année. :( On ne prend aucune décision seul, le résultat est un compromis, mais la moindre décision reste lourde à porter. Mettons que je suis sortie des délibérations avec le cerveau en bouillie et le cœur amoché.

Cela étant dit, est-ce que je retenterais l'expérience?

Oui, mais pas avant quelques années. Premièrement, parce que j'ai besoin de m'en remettre émotionnellement et de me calmer le jugement critique mettons (lire ressemble un peu trop à du travail depuis quelques semaines). Deuxièmement, parce que ma pile de livres à lire (qui a continué d'engraisser pendant je me consacrais à la SFFQ) a vraiment besoin que je m'occupe d'elle de toute urgence! (Avant qu'elle ne s'effondre et écrase ma puce!)

Est-ce que je recommande à d'autres de s'y risquer?

Tout à fait, mais soyez prévenus : c'est un défi! On n'en sort pas tout à fait indemne!

(En passant, le gagnant du Jacques-Brossard sera dévoilé au congrès Boréal! :)

vendredi 14 avril 2017

Joyeuse Pâques, version païenne

De nombreuses fêtes chrétiennes ou judéo-chrétiennes ont des origines païennes, comme j'en ai déjà parlé avec Noël et l'Halloween.

Dans le cas de Pâques, mettons que le jupon païen dépasse encore plus que pour les autres fêtes!

Premièrement, c'est la seule grande fête chrétienne dont on fixe la date à l'aide de la lune. (C'est pour ça qu'elle se balade d'un bout à l'autre du calendrier). Or, le calendrier lunaire a toujours été lié aux déesses-mères, aux femmes (au cas où vous le sauriez pas, un cycle menstruel, ça a souvent la duré d'une lunaison), aux religions antiques, bref à des trucs non-chrétiens.

Deuxièmement, les œufs sont un des plus anciens symboles de fertilité. Et les lapins aussi, étant donné leur vitesse de reproduction! (Saviez-vous que la hase peut concevoir sa prochaine portée alors qu'elle est encore enceinte de la précédente? ça c'est de la productivité!!!)

Troisièmement, la raison pour laquelle c'est un lapin qui distribue des œufs à Pâques (association qui m'a longtemps intriguée) découlerait soit d'un mouvement d'humeur de la déesse anglo-saxonne Éostre (qui aurait transformé son oiseau favori en lapin pour le punir), soit d'une ancienne légende allemande où une femme pauvre, ne pouvant offrir de friandises à ses enfants, cache des œufs peints dans son jardin pour les amuser, mais un lapin passe durant la chasse et les enfants se mettent à croire que c'est lui qui a amené les œufs.

Les Chrétiens ont bien essayé de se réapproprier ces symboles, par exemple en interdisant les œufs durant le Carême (et en encourageant à peindre ceux qui sont ainsi gaspillés) ou en tentant de remplacer le lapin par les cloches des Églises (qui sont supposées revenir de Rome pour Pâques et ramener les œufs avec elles), mais je n'ai pas l'impression qu'ils ont très bien réussi! (Ironique quand on considère que c'est la fête la plus importante pour la religion catholique, puisqu'elle célèbre la résurrection de Jésus et que sans résurrection le dogme en entier s'écroule!)

Alors, peu importe votre opinion de la religion, ne vous gênez pas pour souhaiter Joyeuse Pâques autour de vous : c'est probablement une des fêtes les plus anciennes et païennes de notre calendrier, une excuse pour célébrer l'arrivée (tant espérée) du beau temps, se bourrer la face de chocolat et bricoler en famille! :)

(Pis si vous avez pas d'enfants, ayez une bonne pensée pour les pauvres parents qui passeront ce "congé" à gérer de la marmaille en surdose de sucre...)

mercredi 12 avril 2017

Du champagne un mardi!

Hier soir, même si on était crevés (et que la puce avait mis une heure à s'endormir), mon chum et moi avons fini notre soirée en buvant du champagne.

Eh oui, du champagne un mardi!

Tsé, quand le projet sur lequel ton chum travaille depuis un an et demi est accepté du premier coup par l'éditeur (d'outils de jeux vidéos) et mis en vente, ben fatigue ou pas, tu trinques! ;)

... En essayant de pas penser au fait que bientôt tu vas te faire niaiser à propos de ton nombre de ventes et de ta marge de profit sur chacune... :p

Ah pis, s'il peut devenir le prochain gars-qui-a-fait-Minecraft-dont-je-connais-pas-le-nom-juste-le-fait-qu'il-est-riche, il pourra me niaiser autant qu'il veut! ;)

(Je sens que je vais regretter ces paroles!)

En attendant, si jamais vous vous intéressez aux jeux vidéos ou connaissez quelqu'un qui bidouille ses propres jeux dans ses temps libres, partagez la bonne nouvelle!

lundi 10 avril 2017

Réflexion sur les souvenirs

En voyant mes bricolages et en me regardant jouer avec ma puce, plusieurs de mes amis m'ont dit "Tu fais tout ça pour ta fille parce que tu as des bons souvenirs d'avoir fait la même chose avec ta mère, hein?"

C'est là que ça m'a frappée. Non, je n'ai aucun souvenir d'avoir joué avec ma mère. D'avoir porté des vêtements et des costumes qu'elle m'avait fait, ça oui. Mais, à ce que je sache, elle n'a jamais cousu pour mes poupées. Je ne crois pas non plus qu'elle ait été du genre à s'allonger sur le sol pour que je lui grimpe dessus (activité favorite de ma puce ces temps-ci). C'est difficile à dire. On garde tellement peu de souvenir de cette époque de notre vie!

Je me souviens qu'elle nous fabriquait de la pâte à modeler maison. J'ai en tête des images où elle brasse la boulette de pâte dans le chaudron, puis la sort, la sépare en morceaux et teint chacun de ces morceaux avec du colorant alimentaire. Elle s'empresse de se laver les mains pour que le colorant ne les tache pas, tandis que je plonge les miennes dans la pâte tiède.

Je me demande de quoi ma puce se souviendra.

C'est fascinant les mécanismes de la mémoire. Inspirant aussi! :)

Vous, avez vous des souvenirs de jeux enfantins particuliers?

vendredi 7 avril 2017

Moment bizarre de chez Bizarre & Bizarre

Dimanche dernier, je participais à "L'Avenue Littéraire", une activité organisée par Communication-Jeunesse et la Librairie Le Fureteur à St-Lambert. Et j'y ai vécu un moment bizarre de chez Bizarre & Bizarre, spécialistes en étrangetés!

L'idée de l'activité était d'animer la rue Victoria à St-Lambert (une rue de petites boutiques qui ressemble à ce qu'on peut trouver dans le Vieux Montréal ou même sur le Plateau, si si) en se promenant d'une boutique à l'autre pour lire des extraits de texte.

Nous étions huit auteurs jeunesses, avec une escorte de familles et amis, ainsi que quelques passants entraînés dans notre sillage. Au bout de quelques arrêts, disons qu'on commençait à se faire remarquer. En plus, comme il faisait beau, c'était un plaisir de s'arrêter ici et là pour qu'on nous raconte un bout d'histoire.

(Mon seul bémol : pour éviter d'étirer l'activité dans le temps, on ne s'arrêtait dans les boutiques que le temps d'entendre les extraits. Lors d'une prochaine édition, il faudrait laisser un peu de temps pour visiter les boutiques et peut-être même entendre les proprios nous présenter les lieux.)

Nous en étions au dernier arrêt, devant la bibliothèque municipale. Ayant lu mon extrait dans la première boutique (une savonnerie, en l'honneur de laquelle j'avais sélectionné un chapitre commençant dans un bain), j'écoutais sagement l'auteur dont c'était le tour tout en profitant du grand air et du soleil lorsqu'un cri a retentit.

- Enève Bouin!

C'était une voix curieusement nasillarde, mais on aurait presque dit qu'elle prononçait mon nom. Je me suis retournée. J'ai vu un homme aux traits asiatiques s'approcher à grands pas en criant à nouveau la même chose. Bon, ça ne devait pas être mon nom, car je ne connaissais pas le type.

Je l'ai laissé fendre la foule et s'approcher de l'auteur qui lisait.

- Enève Bouin! a répété le nouveau venu, l'air éperdu, en interrompant l'auteur dans sa lecture. Où est Eniève Boulouin?

La scène était surréaliste. Tout le monde cherchait des yeux. Me cherchait des yeux, mais étant donné ma taille, mettons que je disparais facilement dans une foule. J'ai élevé la voix.

- Euh, c'est moi, je suis là.

J'avais pas tellement envie que cet inconnu survolé s'approche de moi, mais bon, je ne voulais pas non plus déranger tout le monde. Le type s'est planté devant moi.

- Vous Eniève Boulouin? a-t-il demandé.

J'ai dit oui. Alors il a braqué un téléphone sur moi, a pris une photo et s'est éloigné. Il a appelé (de manière toujours aussi approximative) le nom d'une autre auteure, a pris une autre photo et est reparti comme il était venu, à grands pas.

Il y a eu des ricanements incrédules, puis, faute d'explications, l'activité a repris.

D'accord, faut croire que j'ai un fan. Peut-être un employé de chez Bizarre & Bizarre? O.o

En tout cas, si jamais vous voyez une photo de moi avec des lunettes de soleil sur le nez (parce que je n'ai eu ni le temps, ni la présence d'esprit, ni soyons francs l'envie de les enlever) prévenez-moi, j'aimerais bien comprendre ce qui s'est passé!

Mise à jour : Ladite photo est désormais sur ma page Wikipédia. O.o

mercredi 5 avril 2017

C'est quoi ça, les codes de la SF?

Je lis de la SF depuis... je sais même pu. Faudrait que je demande à mon papa quand il m'a mis Asimov dans les mains pour la première fois. Ou plutôt Valérian et Laureline, parce que j'ai dû commencer avec les BD... En tout cas, j'étais au primaire. (Et je passais déjà à travers des livres pour adulte plus vite que mes parents n'arrivaient à les emprunter à la bibliothèque).

Bref, j'ai toujours lu de la SF. Beaucoup de SF. Tous les types de SF. De la hard science, du cyberpunk, du space opera, du steampunk, de l'anticipation, de la dystopie, de l'uchronie, de la science-fantasy... J'ai tâté de tout. Et pas mal tout aimé.

Puis j'ai commencé à aller dans des congrès de science-fiction. Et à entendre des phrases comme :

"La SF est un genre très codé."

"Il faut être habitué de lire de la SF pour en apprécier les codes."

"La SF se bâtit sur les œuvres antérieures, il faut les avoir lues pour la décoder."

"Cette œuvre joue vraiment sur les codes de la SF."

Et, à chaque fois, j'ai éprouvé une perplexité sans borne. Parce qu'après environ 25 ans de lecture de SF, j'ai une question à poser :

C'est quoi ça, les codes de la SF?

Parce que oui, la SF a un passé important, les œuvres se bâtissent souvent les unes par rapport aux autres et c'est important pour un écrivain de le savoir et de le comprendre pour éviter d'écrire ce qui a été écrit 100 fois.

Mais pour un lecteur, est-ce que c'est vraiment important de connaître tout le passé de la SF, tous ses codes, pour apprécier une œuvre contemporaine?

Si la réponse est oui, est-ce qu'on n'a pas un peu un problème de poule et d'œuf? Parce que le lecteur qui a 16 ans aujourd'hui, ça m'étonnerait qu'il commence à explorer la SF en partant de Mary Shelley et Asimov. Il va plutôt plonger dans une œuvre moderne.

Si cette œuvre moderne est tellement imprégnée des "codes de la SF", tellement ancrée dans une tradition qu'elle en devient incompréhensible ou sans intérêt pour le lecteur qui n'a pas tout lu de Shelley à Banks en passant par Gibson et Wells, on a un problème, non?

J'suis sans doute populiste, mais j'ai tendance à croire que n'importe quelle œuvre, fut-elle de SF, devrait pouvoir être appréciée en elle-même pour son rythme, son style, ses personnages, son intrigue, ses inventions, etc. Si elle est encore meilleure aux yeux d'un lecteur de SF aguerri, tant mieux.

Mais si un lecteur positivement prédisposé aux genres de l'imaginaire, quoique non rompu aux "codes de la SF", la trouve poche... ben ça pourrait ptêt vouloir dire qu'il lui manque quelque chose?

Ou alors j'ai vraiment rien compris aux codes de la SF?

lundi 3 avril 2017

Retour sur mes réflexions mode (2)

Héhéhé!

Mine de rien, depuis que je me suis intéressée un peu à la mode et au stylisme, on dirait que j'ai développé quelques trucs.

Il y a quelques semaines, j'avais des animations scolaires en matinée, puis, quatre heures plus tard, un cocktail et une séance de signature en soirée. Le tout dans une bibliothèque située à 30 minutes de chez moi.

J'avais donc deux options : rentrer chez moi pour un peu moins de 3 heures entre les deux blocs d'événements ou amener mon portable et écrire pendant 4 heures à la bibliothèque.

J'ai évidemment choisi la deuxième option.

Restait le problème des vêtements. Je ne voulais pas être habillée trop chic pour animer, ni être trop relaxe pour le cocktail.

La solution? Pour mon animation, je me suis fait un chignon, j'ai mis une robe noire, un legging noir et une grande veste militaire. Juste avant le cocktail, j'ai enlevé ma veste, défait mes cheveux, mis sur ma robe une ceinture style-obi-japonais (ma veste et elle ont échangé leur place dans mon sac) et... et deux filles qui m'avaient vues le matin même m'ont dit "Ah, t'es rentrée chez toi te changer finalement?"

Yeah! Dire que je voyageais léger auparavant, on dirait que mes valises vont encore rapetisser! :)

vendredi 31 mars 2017

Structure de récit et intérêt du lecteur

Ceux qui ont subi mes ateliers le savent : je commente beaucoup la structure d'un récit lorsque j'en fais une lecture critique.

Souvent, ça étonne les gens, même les autres écrivains. Ils s'attendent à ce qu'une auteure s'attarde au choix des mots, au style des phrases, mais pas à l'ordre des événements racontés.

Et pourtant! Il me semble que la structure d'un récit, c'est le matériel de base pour saisir et retenir l'attention d'un lecteur. (Ou d'un téléspectateur, comme les séries télévisées modernes l'ont compris.)

Bien sûr, quand on met en scène une aventure trépidante, il n'y a pas de problème à la raconter dans l'ordre chronologique.

Mais si l'action est un peu moins présente ou si on veut ménager des surprises à notre lecteur, il y a quelques petites astuces structurelles qui peuvent nous être utiles. Aucune n'est révolutionnaire, tous ont déjà été utilisées, mais dans les bonnes circonstances, elles font leur effet. Par exemple...

Il est possible de dynamiser un récit simplement en changeant la longueur des chapitres (surtout si l'histoire alterne entre plusieurs narrateurs, car les chapitres courts permettent au lecteur de n'être jamais séparé trop longtemps d'un personnage) ou en modifiant le moment où les coupures se produisent (chaque chapitre n'a pas à se terminer sur un suspense, un moment donné, trop de cliffhanger, c'est comme pas assez!, mais un de temps en temps ça ne fait pas de mal).

On peut aussi commencer l'histoire "par le milieu" et alterner les chapitres (ou séquences courtes) où l'action se déroule de manière chronologique avec des chapitres de flashback qui révéleront peu à peu les événements antérieurs et le passé des personnages. Très utile si le passé des personnages contient des surprises pouvant influencer les événements en cours.

Dans le même genre, certains aiment insérer au début du récit une scène, souvent houleuse, qui se déroulera plus loin dans l'histoire, afin que le lecteur demeure dans l'expectative. C'est particulièrement efficace si les circonstances entourant cette scène d'ouverture (lieux, personnages, etc) semblent se retrouver à plus d'un moment dans le roman. Chaque fois, le lecteur se demandera "est-ce maintenant que ça va arriver?".

Ou encore, l'histoire peut aussi être racontée dans un désordre apparemment total, mais au fond soigneusement conçu pour divulguer les informations au compte-goutte et tenir le lecteur en haleine. (Je vous avouerai que je n'ai pas encore essayé cette méthode narrative, mon esprit cartésien ne voyant pas trop comment l'appliquer.)

Bref, si on se permet de jouer avec la structure du récit, on peut créer des effets très intéressants. Je ne crois pas que ce serait suffisant pour rendre passionnante une histoire super cliché, mais en présence d'une intrigue un peu lente, ça peut insuffler une dose de suspense.

Qu'est-ce que vous en dites?

Connaissez-vous d'autres structures narratives qui sortent de l'ordinaire?

mercredi 29 mars 2017

Ça bouge dans le milieu de la SFFQ

Même si le paysage ne le laisse pas deviner, le printemps est arrivé, si si.

Et comme à tous les printemps, ça bouge dans le milieu de la SFFQ.

Premièrement, le concours des Six Brumes est lancé. Saurez-vous identifier quelques artistes du Cirque des Monstres (ou tous) grâce à leurs surnoms et à leurs photos? (J'vous donne un indice : j'en parle, donc... ;) À gagner : deux mystérieux prix d'une valeur de 90$ (je crois qu'il s'agit d'une partie des publications de cette année...)

Deuxièmement, c'est le moment de voter pour les finalistes des prix Aurora-Boréal. La liste des œuvres éligibles est ici, le bulletin de vote par là. (Pour une fois, je fais cette annonce de manière tout à fait désintéressée, car je n'ai rien publié en SFF en 2016, rôle de jurée littéraire oblige. ;) Ce n'est pas grave si vous n'avez pas lu tous les candidats en liste, l'important c'est de voter pour vos œuvres préférées.

Comme d'habitude, le vote final aura lieu durant le congrès Boréal. Congrès qui se tiendra la première fin de semaine de mai et auquel je participerai pour la première fois en tant qu'invitée cette année. :) J'ai déjà plusieurs activités à l'horaire, notamment une table-ronde où je questionnerai trois scientifiques pour qu'ils nous démystifient les notions de base en nanotechnologie, en génétique et en physique quantique. (Si, comme moi, vous lisiez Asimov au lieu d'écouter durant vos cours de science, ça pourra servir de rattrapage accéléré...)

Troisièmement, dimanche, si jamais vous n'avez rien à l'horaire et que vous habitez la Rive-Sud de Montréal, je participerai à l'Avenue Littéraire de Communication-Jeunesse. Autrement dit, vers 14h, si vous êtes à la Librairie Le Fureteur (25 rue Webster, Saint-Lambert, J4P 1W9), vous aurez la chance de suivre une petite bande d'écrivains (et de supporteurs) alors que nous passerons de commerce en commerce pour lire des extraits de nos romans. Personnellement, semblerait que je vais lire un extrait d'Hanaken dans une savonnerie. (J'vais essayer d'en choisir un où ça parle pas trop d'entrailles déversées sur le champ de bataille... hihihihi!)

C'est pas mal tout pour les annonces. De retour vendredi avec un billet sérieux.

Enfin, plus sérieux, hein. C'est quand même moi qui vais l'écrire! :p

lundi 27 mars 2017

Le dit du Musè (24)

C'est une journée tranquille où mon chum travaille de la maison, tandis que la puce est à la garderie et que j'écris. À l'heure du dîner, une fois n'est pas coutume, on prend le temps de manger ensemble. Et de jaser un peu.

Mon chum - Dans le fond, un prospecteur pis un archéologue, c'est la même affaire.

Moi (m'étouffant presque avec ma bouchée) - Pardon?

Lui - Ben oui, les deux creusent pour trouver du stock précieux.

Je ne peux pas vous dire la suite de son argumentaire : je crois que je me suis évanouie! :p

vendredi 24 mars 2017

Facebook et les étourdis

L'autre jour, sur Facebook, je faisais part de mes angoisses à l'idée que mon roman en cours soit mauvais.

(Pour faire une histoire courte, j'expliquais que ça fait trois ans que j'ai pas aligné ça 35 000 mots dans le même projet et ça m'angoisse d'être arrivée à ce point, parce que comme j'écris pas vite, c'est 6 mois de ma vie qui y ont passés. Et c'est pas encore tout à fait fini. Les nouvelles, c'est tellement moins risqué comme investissement! Mais comme dans tous les domaines, sans risque, pas de chance d'avoir des rendements intéressants.)

Un gars bien intentionné est intervenu dans la discussion pour me dire en gros "Mais tu sais, dans ton processus d'apprentissage, au début, c'est normal d'écrire de nombreux romans sans qu'ils trouvent preneur. Un jour, ça va marcher tes affaires!"

Je me suis rendue compte dans les minutes suivantes que le gars ne savait pas que j'avais déjà publié. Plusieurs fois. Et que l'écriture était désormais ma job.

Mais il se permettait de m'inonder de sa sagesse.

Mettons que comme base de dialogue, c'était moyen.

J'oublie toujours que la majorité des gens sur Facebook en viennent à ne plus se rappeler qui sont ces gens qu'ils ont ajouté comme "amis". Mais que cela ne les empêche pas de donner leurs opinions sur les statuts de ces quasi-inconnus. Sans consulter préalablement leur profil pour se rafraîchir la mémoire.

Je ne sais pas trop ce qu'ils espèrent...

Avez-vous une théorie?

mercredi 22 mars 2017

Travail d'équipe (2)

Comme je l'ai déjà mentionné, je travaille depuis plusieurs années sur un projet à six mains. Oui, vous avez bien lu, j'ai écrit "années". Au pluriel.

Parce que le problème avec l'écriture en équipe, c'est qu'on est confrontés à ce genre de situation...

Équipier I (par courriel) - Faut rédiger la C4 pour telle date. J'suis un peu dans le jus, mais j'm'en occupe bientôt.

Moi (toujours par courriel) - Je la fais maintenant si ça te dépanne.

Équipier I - Je veux bien. Faut voir si C est d'accord.

Équipier C - Oui oui, j'suis dans un rush moi aussi, alors allez-y.

Rédaction d'un premier jet de la C4. Relecture du premier jet par Vincent. Envoie aux équipiers. Délai pour laisser les copains lire.

Équipier I - Je ferais quelques modifications. Je les ai mises dans le fichier attaché.

Équipier C - Y'a beaucoup de phrases non verbales.

Moi - Quel fichier attaché?

Équipier C - Ah ah ah!

Équipier I - Oups, le voilà.

Moi (après lecture desdites modifications) - Bonnes suggestions! Je les intègre. Et ça règle le cas des phrases non verbales.

Retravail du texte.

Moi - Ok, voici la version 2.

Délai le temps que tous la lisent et, possiblement, la soumettent à l'approbation de leurs propres conjoints, enfants, premiers lecteurs ou autres conseillers techniques.

Équipier I - Ah! C'est beau pour moi! C, est-ce que ça te va?

Équipier C - C'est parfait!

Bref, même quand tout le monde s'entend bien (ce qui a heureusement été le cas tout au long du projet), la moindre modification ou création d'une page de texte mène à un roman-fleuve de courriels, à d'innombrables versions qu'il ne faut pas oublier de numéroter et à beaucoup, beaucoup, de temps écoulé.

Cela dit, on achève! Vous en entendrez parler sous peu! (Et si vous êtes de fins limiers, vous aurez ptêt deviné l'identité de mes deux complices! ;)

lundi 20 mars 2017

Ah tiens...

Ah tiens, j'avais oublié de planifier un billet pour ce matin.

Désolée, je me reprendrai mercredi.

... Si j'ai fini de réviser le guide de l'utilisateur que mon chum a écrit pour son projet!

Depuis le temps qu'il lit mes nouvelles et mes romans, c'est la moindre des choses de l'aider à mon tour.

Mais 80 pages de documentation techniques en anglais, c'est prenant quand même! O.o

(Une chance que j'ai déjà été tech writer et que le jargon informatique ne m'est pas totalement hermétique)

vendredi 17 mars 2017

Annonces diverses

C'est vendredi!

Avez-vous survécu à notre méga-tempête de neige?

Notre garderie (commodément située à 3 minutes de voiture de chez nous) étant demeurée ouverte, Éliane a pu s'ébattre dans la neige avec ses amis pendant que, après une petite séance de pelletage qui a compté pour mon entraînement du jour, je restais bien au chaud chez moi à écrire.

Vive la vie de travailleuse autonome! hihihihi! ;)

Parlant de travail et d'écriture, deux projets auxquels j'ai collaboré seront bientôt en prévente aux Éditions des Six Brumes. Je vous en parlerai bientôt, mais en attendant, vous pouvez vous préparer à participer au concours du "Cirque des monstres". Le jeu consiste à identifier des auteurs à partir de photos tronquées et de surnoms.

Surveillez la page des Six Brumes pour plus de détails.

Et si vous avez un peu de temps en fin de semaine et que vous aimez les labyrinthes, mon chéri a rendu disponible un jeu d'évasion illustrant les possibilités de son outil de création de donjons virtuels. Pas de monstre à affronter, pas de manipulation difficile avec la souris et le clavier, il suffit de trouver son chemin dans des souterrains pour gagner la partie..

Ceux qui connaissent mon légendaire sens de l'orientation (hum...) se douteront que le beta-test auquel je me suis livrée m'a occupée pendant plusieurs heures... :p 

mercredi 15 mars 2017

Don et contre-don

Évidemment, comme toujours, après avoir annoncé que je prenais une pause de blogue pour les Fêtes, j'ai eu l'idée d'un billet génial, inspiré par tous les articles sur le thème de "Noël est devenu ridiculement matérialiste" et...

Et pour une fois, je me suis retenue de le publier pendant ma pause annoncée et je l'ai gardé pour plus tard. Désolée, donc, s'il arrive trop tardivement pour chambouler votre conception des Fêtes. ;)

Savez-vous d'où vient l'habitude de se faire des présents à Noël et à nos anniversaires?

Elle découle du fondement de toutes les sociétés pré-industrielles : le don et le contre-don. (Aussi nommé évergétisme si on se réfère aux Grecs et aux Romains).

C'est quoi ça? Eh bien, dans la majorité des sociétés anciennes (ou des sociétés actuelles dites "primitives", c'est-à-dire moins obsédées que la nôtre par l'éternel débat Mac ou PC), les gens aisés, pour bien marquer leur importance et leur richesse, faisaient régulièrement des dons à leurs concitoyens moins bien nantis.

Selon les époques et les sociétés, ces dons prirent plusieurs formes. À Babylone, le roi remettait des écheveaux de laine ou des poutres de bois. À Rome, durant l'Antiquité, les riches faisaient des dons en argent ou en pain. Et dans tout l'Europe médiévale, les seigneurs donnaient des lopins de terre.

Pour leur part, les gens moins nantis offraient un contre-don, c'est-à-dire un remerciement plus ou moins symbolique.

À Babylone, les paysans offraient des jours de travail (destinés à entretenir le système d'irrigation des terres) en échange de la laine et du bois. À Rome, les citoyens offraient à leur bienfaiteur la protection de leur présence physique (lors des manifestations) ou leur vote durant les assemblées (non, ça date pas d'hier, mais dans le temps c'était officiel au moins!). Durant l'Europe féodale, les paysans juraient fidélité à leur seigneur (on appelait ça "l'hommage") et remettaient une partie de leur récolte en échange de la terre.

À nos yeux, ces contre-dons ont l'air de loyer ou de paiement différé, mais en fait, les dons avaient souvent une valeur monétaire nettement supérieure aux contre-dons. Les riches et puissants dépensaient la majorité de leur fortune (acquise par le commerce ou la guerre) en dons.

D'accord, tous ces dons et contre-dons étaient rarement désintéressés, mais ils permettaient de cimenter la société, d'aplanir les inégalités et ils s'exerçaient tout au long de l'année. (Et puis entre un riche qui donne sa fortune aux pauvres et un riche qui travaille seulement à accroître son profit, je sais lequel je préfère. Surtout que je ne me fais pas d'illusion : dans les deux cas, s'il veut être élu quelque part, il le sera!)

Cette pratique du don et du contre-don s'étendait à toutes les couches de la société. Lorsque l'administrateur d'un village voulait être réélu malgré des catastrophes (famine, épidémie, incendie, etc.), il faisait des dons aux villageois pour alléger leurs malheurs. Lorsque le fils ainé d'un homme décédé voulait prouver qu'il en était le digne successeur, il faisait des dons à sa parenté, y compris à ses rivaux (qui se retrouvaient obligés de répondre avec un don plus généreux ou de déclarer forfait). Et lorsqu'un père de famille voulait prouver à ses enfants qu'il les aimait, il leur faisait des dons (et les enfants, des câlins!).

Vous voyez où je m'en vais avec ça?

Ben oui : avec le temps, les changements des systèmes économiques et politiques, ainsi que la perte des réflexes généreux des élites, les dons sont devenus des cadeaux, presqu'exclusivement réservés à la sphère familiale.

Et la notion de contre-don, en tant que réponse symbolique qui n'a pas besoin d'avoir la même valeur que le don, s'est perdue.

De nos jours, le seul temps où une entreprise fait des dons, c'est à Noël, devant l'œil d'une caméra et après avoir soigneusement calculé que le remboursement d'impôt additionné aux retombées médiatiques renflouera ses coffres.

Au sein des familles, les gens se sentent obligés de donner des cadeaux de la même valeur monétaire que ceux reçus. Même si la personne qui leur offre le cadeau est trois fois plus riche qu'eux. Même si cela les pousse à l'endettement. Les cadeaux sont devenus des transactions économiques au lieu d'être des expressions de générosité des plus nantis envers les plus démunis. Après tout, en cette ère du paraître, personne ne voudrait admettre un défaut de richesse!

Je trouve ça infiniment triste. Parce que souvent, devant le casse-tête économique que sont devenus les cadeaux, on abandonne simplement (volontairement ou sur insistance de nos créanciers!). Il n'y a presque plus de présents pour les adultes sous les sapins de Noël. Plus de cadeaux d'anniversaire quand on a passé 25 ans.

Depuis deux ans, profitant de mon statut d'écrivaine sans le sou, j'ai décidé de renverser la tendance et je me suis mise à offrir à ma parenté de petits cadeaux symboliques. Quelques biscuits, des tuiles au chocolat, des noix sucrées, des plats cuisinés... bref, des dons de temps (ressource dont je suis relativement riche) et d'amour.

En échange, j'ai reçu des livres, du vin, des câlins, des bisous, des visites au spa (merci chéri!), selon les moyens de la personne qui recevait le cadeau.

Et, savez-vous quoi? Je ne me suis jamais sentie spoliée ou gênée. Il y a eu don, il y a eu contre-don, les calculatrices ne sont pas intervenues et c'était parfait! :)

J'espère que, peu à peu, l'habitude des cadeaux symboliques, des petits gestes généreux qui veulent simplement dire "je pense à toi" ou "je sais que tu en as besoin", et qui sont dénués d'attente de contrepartie monétaire de valeur équivalente, reviendra dans ma famille.

Car pour une historienne, ressusciter un petit bout de passé, c'est toujours le plus beau des cadeaux! ;)

Et qui sait, ptêt qu'un jour j'arriverai aussi à convaincre des entreprises et des millionnaires de se remettre à l'évergétisme. J'aimerais aussi faire l'élevage de licornes... :p

lundi 13 mars 2017

Être historienne et écrivaine, c'est...

Être historienne et écrivaine, c'est offrir à une collègue écrivaine une opinion informée et nuancée (avec références à l'appui) sur une époque donnée.

C'est se faire contredire par Jo-Blo qui a écrit un livre pseudo historique bourré de clichés approximativement situé à la même époque (et qui en profite pour vendre ledit livre).

C'est découvrir deux ans plus tard que la collègue a suivi l'opinion de Jo-Blo.

Pis c'est hausser les épaules avec fatalisme, parce que, hé, c'est pas la première fois que ça arrive. (Ouaip, l'histoire se répète.)

Dommage, avec les nuances, ça aurait fait une meilleure intrigue. :p

vendredi 10 mars 2017

La réécriture et les narrateurs multiples

J'achève mon projet de roman réaliste. Plus que deux chapitres et demi à écrire. Puis, après un petit repos, j'enclencherai la réécriture. Comme souvent chez moi, ça s'annonce assez léger comme travail : je n'ai pas de personnage à retrancher ou de péripétie à revoir. (Hé, un moment donné, mon habitude des plans hyper détaillé et mon rythme d'écriture digne des escargots, faut que ça paye!)

Par contre, comme l'histoire est racontée par plusieurs narrateurs, et que je ne me suis pas vraiment concentrée à leur insuffler une voix narrative propre durant l'écriture du premier jet, je crois que ma première réécriture va s'inspirer de ma vieille méthode maniaque pour retravailler les dialogues. Je vais lire, les uns à la suite des autres, les chapitres racontés par un personnage, puis par un autre. Ça devrait m'aider à cerner chaque narrateur et à lui donner sa "couleur".

En prime, comme je lirai le récit dans le désordre, j'espère que ça m'aidera à repérer les tics d'écriture, le vocabulaire répétitif, etc.

Ce sera une première expérience de relecture du genre. Qu'est-ce que vous en pensez? Ça vous semble casse-gueule comme idée ou potentiellement fructueux?

mercredi 8 mars 2017

Suis-je féministe?

Au début de mon adolescence, j'avais embrassé à fond le mouvement féministe, y compris dans ses dérives moins jolies où on finit par rabaisser les hommes au rang de brutes sans cervelle, ni empathie. J'étais une femme, je pouvais donc tout faire. Et seule, de préférence.

Cependant, à mesure que je me rapprochais de l'âge adulte, je me suis mise à fréquenter des gars. Et à les trouver moins idiots et insensibles que prévus. À préférer leur franchise aux manières insidieuses des filles. Au point de me retrouver éventuellement avec un cercle d'amis exclusivement masculins. Puis j'ai rencontré mon chum. Et j'ai vu à quel point certaines dérives du féminisme pouvaient être blessantes pour les hommes. J'ai abandonné le terme, lui préférant "égalitariste". Je me suis rendue compte qu'en tant que femme, je pouvais faire tout ce que je voulais. Surtout si mon chum m'appuyait.

Sauf que cette position d'égalitarisme, c'est bon pour une Québécoise (ou pour la femme du Premier Ministre du Canada). Oui, il reste des combats à mener ici pour l'égalité des sexes, mais ça reste des petites luttes. Les combats de fond (notamment la reconnaissance des femmes en tant qu'humains adultes à part entière bénéficiant du droit de disposer de leur corps), ils ont été menés et gagnés. Il ne reste qu'à changer les habitudes et les mentalités, processus qui prend malheureusement beaucoup de temps.

Cependant, ce n'est pas le cas partout sur la planète. Il y a encore des pays où les femmes ne peuvent pas voter, détenir un compte de banque, prendre des contraceptifs, avorter, étudier, choisir qui elles vont marier, contredire un homme en public... Même ici, de temps à autres, un politicien réactionnaire essaie d'attaquer les droits acquis.

Et tout ça, ça m'enrage au plus haut point.

Alors, ouais, je pense que je suis féministe. Parce que je vais toujours me battre pour que les filles aient les mêmes droits que les gars. Mais je n'oublierai plus de réclamer qu'elles aient aussi les mêmes devoirs.

Homme ou femme, il faut qu'on puisse faire tout ce qu'on veut de notre vie. Avec l'appui de l'autre moitié de l'humanité.

lundi 6 mars 2017

C'est quoi ça un stéréotype de genre?

C'est quoi ça un stéréotype de genre?

Ma puce l'ignore.

Dites-lui pas, ok?


Puce (vêtue de sa plus belle robe et armée de son tournevis en plastique) :
J'pense que le problème est par là papa...
Je vais te dévisser ce truc-là pendant que tu t'occupes du reste...

vendredi 3 mars 2017

Trapped et l'enquête policière dans la neige

Je viens de finir d'écouter la télésérie "Trapped/Ofaerd" sur Netflix. Une série policière islandaise en 10 épisodes.

Pas nécessairement une télésérie que je recommande, car elle avait un rythme très lent qui, ajouté à l'obligation de lire les sous-titres, pourrait en rebuter plusieurs. (Mon chum s'est d'ailleurs emmerdé royalement pendant la première heure et m'a laissé poursuivre l'écoute en solo).

Cependant, il y avait plusieurs éléments dans cette série que je voyais pour la première fois à l'écran. Et ils m'ont fait sourire, car ils auraient été parfaitement à leur place dans une série policière québécoise. (Si on avait le courage et/ou les moyens de tourner dans la neige nous aussi...) Notamment :

- Une poursuite en voitures sur chaussée enneigée et glacée. (De manière très réaliste, le véhicule du poursuivi prend le fossé et le policier le rattrape à petite vitesse.)

- Plusieurs poursuites à pied dans un mètre de neige. (Avantage : impossible de perdre la piste et le suspect pourra être plaqué violemment au sol quand on le rejoindra. Inconvénient : de manière fort réaliste, les deux coureurs s'arrêtent fréquemment pour reprendre leur souffle et il arrive que l'un d'eux perdre une botte!)

- Un personnage qui sort sans attacher son manteau et qui s'arrête pour le fermer comme il faut. (Je note aussi que tous les personnages fermaient soigneusement les portes derrière eux en quittant des bâtiments.)

- Des arrestations effectuées sans menottes, sans bousculade, sans cris.

- Un suspect pointant une arme à feu qui est désarmé par une manœuvre de corps à corps appropriée.

- Le personnage de fille sexy apparaissait le plus souvent vêtue d'un gros foulard, une tuque, des mitaines et un gigantesque manteau bien attaché. (Il n'est pas nécessaire de se geler pour être belle!)

- Des jeunes qui jouent au soccer sur une fine couche de neige. (Hé! Ils ont même pas peur d'exposer leur mini-comédiens au froid là-bas!)

Bref, le tout présentait un vent de fraîcheur (jeu de mot délibéré), ainsi qu'une culture climatique et policière très différente des produits américains habituels. Et pourtant si proches de la nôtre! Juste pour ça, j'ai adoré!

mercredi 1 mars 2017

28 jours sans alcool... ouin, pis?

Depuis un mois, je vois beaucoup de statuts Facebook et d'articles à propos des gens qui ont fait le défi "28 jours sans alcool". Des gens qui disent que ça a "redéfini leur rapport à l'alcool" ou que ça les a "amené à réfléchir sur leur consommation".

Et je peux pas m'empêcher d'avoir un malaise.

Un mois sans alcool, c'est assez pour représenter une épreuve? Pour provoquer une réflexion sur leur manière de boire?

Wow! Y'a une méchante gang de monde avec des problèmes d'alcool! O.o

Je sais que le défi est supposé servir à ça : conscientiser les gens qui souffrent peut-être d'alcoolisme fonctionnel. Mais... tout ce monde-là?

J'veux dire... J'aime boire de l'alcool, il m'est arrivé d'en prendre de bonnes quantités (lire : trop), il m'est arrivé de boire souvent dans un mois, mais...

Mais j'ai bu à peu près 6 gorgées d'alcool durant mes neufs mois de grossesse, puis j'ai toffé un autre 14 mois d'allaitement avant de me remettre à boire plus qu'une once de vin à la fois. Est-ce qu'il y a eu des occasions où ça m'a manqué? Bien sûr. Particulièrement au Jour de l'An (champagne!) et à chaque fois que je me faisais un plat de pâtes un peu relevé (y'a rien, absolument rien, qui accompagne des pâtes épicées aussi bien qu'un verre de Valpolicella). Mais je n'ai pas pensé que je buvais trop avant. Juste qu'il n'y a pas grand chose qui présente la même complexité gustative qu'un bon vin rouge.

(Remarquez, après mes quasiment deux années sans alcool, j'ai constaté que je m'étais ennuyée davantage du vin rouge, du cognac et du whisky que de la bière... est-ce que ça compte comme une "réflexion sur ma consommation"? ;)

Bref, je ne bois pas d'alcool tous les jours. À toutes les semaines, oui, la plupart du temps, mais ce n'est pas une règle absolue.

J'peux pas croire que je suis une exception. Vous, ça a l'air de quoi votre consommation? 28 jours sans boire, ça vous semblerait une épreuve ou alors vous auriez juste à y penser le samedi soir et à déboucher une bouteille de Perrier au lieu de celle de vin?

lundi 27 février 2017

Qu'est-ce qui a changé?

Je ne sais pas si c'est mon hibernation post-bébé qui m'en a fait prendre conscience, mais il me semble que je remarque ces dernières années que quelque chose a changé dans les rapports hommes-femmes. Les premières fois que j'ai entendu le vocable "culture du viol" je l'ai trouvé un peu exagéré... comme beaucoup de femme ayant passé trente ans. Mais depuis, j'ai changé d'avis.

Je m'explique : je tiens ce blogue depuis presque dix ans maintenant. Comme mon adresse courriel est affichée et que les commentaires sont ouverts, je reçois donc une certaine quantité de spam, que je filtre par réflexe.

Mais je remarque dernièrement que, depuis trois ou quatre ans, parmi les messages de spam envoyés par des robots, il s'en glisse des moins automatisés (ou entk des automatisés en français!), des attaques personnelles de nature sexiste qui semblent être semées au hasard. J'vous épargne le détail, mais ça ressemble souvent à des "J'te f********." O.o Beurk!

De la même manière, je me suis toujours déplacée à pied, au centre-ville et près de chez moi. Pré-bébé, je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où je me suis fait siffler ou héler. Mais depuis deux ans, me semble que c'est rendu fréquent. Que des "heille, beau bébé!" me sont lancés d'un bord à l'autre d'une rue... alors que je me promène sans bébé ou poussette! Que des gars qui font du paysagement chez mes voisins ou réparent leur toiture me sifflent souvent tandis que je prends une marche avec ma fille.

Qu'est-ce qui se passe? Je ne suis pas soudain devenue plus sexy qu'à 25 ans (pas pantoute même!). Pourquoi est-ce que, brusquement, je reçois ce genre de message? Quand ils se produisent "en vrai" (plutôt qu'en virtuel), ils sont souvent issus de gars plus jeunes que moi (dans la jeune vingtaine). Est-ce que c'est le symptôme d'un changement de culture avec la jeune génération? Je trouve souvent que les vingtenaires sont plus "genrés" que les trentenaires, étonnament plus coincés sur les questions biologiques et sexuelles (j'ai notamment eu des collègues de cet âge qui étaient gênées de venir m'emprunter des serviettes sanitaires, alors que, dans ma génération, me semble qu'entre filles on se gêne pas). Est-ce que ça pourrait expliquer cette dérive, cette manière lourdaude d'aborder l'autre sexe? Si oui, va falloir réagir, parce que c'est inacceptable.

Je lis de plus en plus d'articles où des vedettes se plaignent du même genre de traitement (multiplié par mille!). Est-ce que c'est parce que le discours féministe actuel les rend moins tolérantes?

Je ne pense pas. Entre les psychodrames nationaux autour du voile et des réfugiés, la tuerie dans une mosquée et l'élection de Trump, j'ai de plus en plus l'impression que quelque chose a changé dans les dernières années. Que l'intolérance sous toutes ses formes (qu'elle soit sexiste ou raciste ou religieuse) est devenue acceptable.

Mais qu'est-ce qui a amené ce changement? Comment est-ce qu'on peut revenir en arrière?

vendredi 24 février 2017

Bilan des projets et résolutions 2017 (1)

Cette année, j'ai décidé que je garderais les yeux fixés sur mes objectifs, alors je vais faire un billet de blogue de temps en temps pour en vérifier l'avancement (ce qui me forcera à des bilans réguliers). Voici donc le premier billet.

Cette année, mes objectifs sont :

1 - Compléter l'écriture de mes deux romans en cours
Ça avance, ça avance. Mon roman réaliste vient de dépasser les 75% de la rédaction et, comme toujours, ce qui m'apparaissait depuis des semaines comme une bouette sans intérêt se met peu à peu à avoir de l'allure! :) (Entk, j'pense... j'espère... ok, je doute encore!)

2 - Passer plus de temps avec mon chum (ce qui inclut de trouver une gardienne pour qu'on puisse sortir de temps en temps)
Mouais... Côté gardienne, on vient de perdre l'une de nos régulières. Mais mon chum a pris quelques congés pendant que la puce était à la garderie, alors ça favorisé le temps de couple mettons! On s'est aussi organisé quelques soupers tardifs (après le dodo de la puce) en tablant sur le fait que, désormais, une fois qu'elle est endormie, c'est pour de bon. Conclusion : maudit que c'est le fun de souper sans devoir s'interrompre pour moucher un nez, verser du lait, couper des fruits, ramasser un dégât, verser de l'eau, remoucher le nez...

3- Me remettre régulièrement aux arts martiaux (parce qu'entre les problèmes de santé de ma puce, de mon chum et les miens, on n'a rien fait de très martial depuis le printemps! Bonus : comme je m'entraîne avec mon chum, ça nous fera une activité de couple)
Mon chum ayant toujours mal au dos, ce sera pas pour tout de suite. On s'est mis une soirée d'entraînement à l'horaire, mais pour le moment elle n'a été utilisée que trois fois et seulement pour de la remise en forme légère. En attendant que les choses se placent, je fais de l'elliptique, du yoga, du Pilates, de l'Essentrics (ouch, ça rappelle les classes techniques de danse classique!) et beaucoup de marche.

4- Développer mes contacts pour les animations scolaires (ou m'inscrire à Communication-Jeunesse...)
Bataille entreprise sur tous les fronts : me suis inscrite à Communication-Jeunesse ET à l'association des auteurs de ma région, en plus de jaser avec le plus de profs possible dans les salons. On verra ce qu'on verra.

5- Préparer du matériel pour donner davantage d'ateliers (vais-je céder à l'appel du Power Point?)
Faut que je m'y mette sérieusement, parce que j'ai des animations et des ateliers qui s'en viennent et mes expériences récentes me prouvent qu'ils ne sont pas au point.

6- Assurer la promotion de mes trucs qui sortiront dans l'année (même si ça m'épuise! lol!)
C'est bien commencé : j'ai fait un peu de battage publicitaire sur Facebook et ici au sujet de mes dernières parutions et j'entends continuer dans la même voie! (Pauvres vous autres... ;)

Coudonc, ça avance mes affaires! :) Et vous, les résolutions? Déjà oubliées ou alors en bonne voie?

mercredi 22 février 2017

J'suis pas une pro de l'animation scolaire

Malgré mon aisance à parler devant un groupe, je dois me rendre à l'évidence : j'suis pas une pro de l'animation scolaire. J'me débrouille, j'arrive à garder les élèves réveillés, mais j'ai de la misère à transformer une rencontre en ventes.

Voyez-vous, la semaine dernière, je me suis retrouvée à donner des animations scolaires en même temps que deux vraies pros de la chose. Heureusement, qu'on ne rencontrait pas les mêmes classes les unes après les autres, mon égo n'y aurait pas survécu!

Parce que j'ai vu la différence dans nos talents respectifs lorsque, après les animations, les élèves sont passés dans la salle de vente.

Devant les tables de mes deux collègues, il y avait de longues files de jeunes lecteurs qui serraient leur bouquin fraîchement acheté et trépignaient en attendant leur dédicace.

Devant la mienne, il y avait un petit groupe d'élèves qui me bombardaient de question, mais qui étaient supposément tous fauchés.

Note à moi-même : parler davantage de mes livres durant les animations (les vendre, quoi!)

Seconde note à moi-même : trouver des admirateurs riches.

Troisième note à moi-même : essayer prochainement d'espionner ces pros de l'animation et de leur piquer leurs trucs! :p

lundi 20 février 2017

Décision éditoriale

Mardi passé, ce n'était pas un jour de garderie pour ma puce. Or, toute la semaine précédente, la garderie (décorée de coeurs et de cupidons) l'avait préparée à la St-Valentin qui s'en venait. Je ne voulais donc pas passer la fête sous silence. Même si, vous me connaissez, la St-Valentin, bof...

En cherchant une activité thématique amusante à faire, j'ai eu l'idée de décorer des biscuits. J'ai donc passé mon lundi soir à préparer des biscuits roses en forme de cœur et du glaçage encore plus rose...

Arrivée ici dans mon histoire, je dois prendre une décision éditoriale...

Est-ce que je vais simplement vous dire que ma puce a adoré son activité, qu'elle a participé comme une championne en écoutant toute les consignes et vous mettre une photo des biscuits décorés et de la face toute fière de mon petit bout de cuisinière? Ce serait une belle histoire à partager ensuite sur Facebook et une mise en candidature assurée au titre de "mère de l'année"...

Ou est-ce que je vais plutôt vous raconter, avec ironie et autodérision, que ça m'a un peu découragée de passer ma soirée du lundi à préparer une activité qui a duré seulement 30 minutes le mardi matin? Que le glaçage était trop ferme pour que ma puce arrive à presser la poire correctement alors c'est moi qui m'en suit chargé, tandis qu'elle se contentait de diriger le filet de glaçage là où elle le voulait sur les biscuits? Que j'ai eu à gérer ensuite une cocotte en méchant rush de sucre (parce qu'elle avait mangé des retailles de biscuits), tellement qu'il lui a fallu deux heures pour s'endormir au moment de sa sieste? Ce serait une bonne base pour postuler au titre de "Mère indigne"...

Ou alors, je pourrais simplement partager ce que cette activité m'a appris : quand tu as deux ans et demi, te faire dire que tu vas aider à décorer des biscuits ou à faire le souper, c'est déjà une activité spéciale. Que ta participation se limite à pousser la main de maman dans la bonne direction ou à couper deux cubes de tofu avec un couteau à beurre, c'est pas important.

Ouais, je pense que je vais y aller pour la troisième option! ;) Quand je fais une activité avec ma puce, je me dis toujours que j'ai une obligation de moyens (essayer l'activité), jamais de résultats (la terminer et/ou que le produit final soit pareil comme la photo dont je me suis inspirée!). Ça enlève beaucoup de stress et ça augmente le plaisir! :)

Coudonc, ptêt que je devrais commencer à me dire ça au sujet de toutes mes activités...

vendredi 17 février 2017

Changement de point de vue

Demain, à l'Amère à Boire, aura lieu le lancement du numéro 46 de la revue Brins d'Éternité, dans laquelle je publie une nouvelle "La comorte de la Dame de Lumière".

Pour la petite histoire, cette nouvelle a été écrite durant le premier atelier que j'ai donné, en 2015. J'avais demandé à mes participants d'écrire une nouvelle d'environ 1000 mots, sur le thème "incident à la frontière". Et en bonne animatrice d'atelier, je m'étais pliée à mes propres règles et j'avais produit un texte moi aussi.

À l'époque, ma puce avait tout juste un an et c'était la première fois depuis sa naissance que j'écrivais pendant une journée entière. J'ai été très satisfaite du résultat, même si le format très court condamnait le texte à dormir dans mes fonds de tiroir. Je l'ai quand même envoyé à Solaris, mais il a été, sans surprise, refusé.

Je pensais que l'aventure de "La comorte de la Dame de Lumière" se terminerait là, jusqu'à ce que j'en discute avec Guillaume Voisine et qu'il m'invite à soumettre quand même ce petit bout de texte.

Il a aimé sa lecture, mais m'a indiqué un gros problème : pour que le texte fonctionne dans cette version elliptique et hyper condensée, je devais changer de point de vue. L'écrire dans l'optique du personnage le moins informé (le soldat) et non pas du plus informé (la comorte éponyme). J'ai convenu sur le champ qu'il avait parfaitement raison! (et que j'aurais dû m'en apercevoir moi-même!)

Sauf que... hé, changer le point de vue du texte, ça signifiait le réécrire de zéro. Je n'avais pas nécessairement envie de...

Oh, attendez, le texte ne faisait que 1000 mots. Justement parce que, dans l'optique de l'atelier, je l'avais voulu court et facile à retravailler. Voilà qui adonnait bien!

J'ai donc retroussé mes manches et réécrit ma nouvelle. (Ça m'a pris un après-midi) J'ai adoré l'exercice, auquel je ne m'étais pas livrée depuis quelques années. Au cours de cette réécriture, j'ai éliminé certaines ellipses et enrichi mon arrière-monde en l'explicitant un peu. La version finale du texte approche donc les 2000 mots.

Et j'en suis vraiment fière! Il a une ambiance un peu mélancolique qui rappelle "Les Maisons d'Éternité". C'est un registre que je ne travaille pas souvent et je m'étonne moi-même quand ça m'arrive! hihihihi!

Vous viendrez m'en jaser quand vous l'aurez lu! ;)

mercredi 15 février 2017

Plein de bonnes nouvelles!

Je suis invitée au prochain Congrès Boréal!

J'ai plein d'animations scolaires prévues dans les prochains mois!

Ma pile de livres à lire pour les jurys littéraires diminue!

Je publie dans le prochain Brins d'Éternité (et je viens de me rendre compte que ça faisait 3 ans que je n'avais pas publié là! C'est impardonnable! Je m'étais ennuyée!). Le lancement est samedi, mais je n'y serai pas, parce que...

Je suis l'invitée d'un petit salon du livre! (un jour ce sera à celui de Montréal, un jour... ;)

Le collectif L'amour au coeur de la vie a eu une belle couverture de presse!

Je vais recevoir l'argent de mon prix Canada-Japon à la fin du mois!

Mes projets avancent!

Pis c'est mercredi! La puce (et son rush de sucre post-St-Valentin) est à la garderie et je déjeune tranquillement.

Mmmmmm, un bagel pis un café chauds! :)

lundi 13 février 2017

Le subjectif et l'objectif

Dans le domaine de la cuisine, un plat se catégorise selon deux critères : le subjectif (ce qu'il goûte) et l'objectif (sa valeur nutritionnelle).

Par exemple, il est clair, d'un point de vue factuel et objectif, que la bouffe de chez McDo ou de la Belle Province est pas ce qu'il y a de mieux pour notre santé. Mais d'un point de vue subjectif, il y a des gens qui ne peuvent pas s'en passer! (Et j'avoue avoir moi-même un faible pour les hotdogs steamé all dressed... auquel je succombe environ une fois par an.)

De la même manière, d'un point nutritionnel, un sauté de tofu agrémenté de chou kale et de poivrons rouges, avec un accompagnement de quinoa, c'est dur à battre. Y'a des gens (dont mon chum et moi) qui vont s'en régaler. D'autres personnes vont en manger à l'occasion, par principe, mais ce sera quasiment une punition.

Entre ces deux extrêmes, il y a tout un spectre, du plus savoureux au plus fade, du plus nutritif au plus dommageable, en passant par la bouffe réconfort de grand-maman, sur laquelle on préfère ne pas réfléchir trop longtemps, occupés à s'en bourrer la panse.

En littérature, c'est la même chose. Une œuvre s'apprécie d'un point de vue objectif (la technique narrative, la construction, le vocabulaire, la solidité de l'arrière-monde, la présence de clichés) et subjectif (le style, l'impression d'originalité, la sympathie pour les personnages, le plaisir qu'on prend à la lecture).

Certaines personnes ont de la facilité à passer par-dessus les pires défauts objectifs (soit parce qu'elles ne les voient pas ou parce qu'elles s'en fichent) pour se laisser porter par l'histoire et l'apprécier subjectivement. (De la même manière, y'a des gens qui trippent sur le bacon frit, mais moi, juste à y penser, j'ai mal au cœur!)

D'autres personnes (ça m'inclut) seront agacées par les maladresses techniques et leur appréciation subjective d'une œuvre sera largement tributaire de ses qualités objectives. (Traduction : si le narrateur est mal maîtrisé, ça se peut que je dépasse pas le premier 10% du récit.)

Parmi ces pointilleux, certains deviendront si sévères qu'ils finiront par se tourner presque exclusivement vers des œuvres subjectivement un peu pénibles à lire, sous prétexte qu'elles sont "bien faites". (Imaginez, y'a des gens qui ne mettent même pas de sauce dans leur sauté tofu/kale/poivron!)

L'idéal, selon moi, c'est de viser, en terme de qualités objectives et subjectives d'un texte, l'équivalent de la bouffe de grand-maman : faut mettre assez de légumes pour que personne ne remarque qu'ils ont cuit dans la graisse de rôti et il faut que ce soit assez goûteux pour qu'on n'ait pas le temps de s'interroger sur la composition exacte de la recette.

Un bon exemple de cette écriture qui s'avale toute seule, c'est Georges R. R. Martin. On s'en fout qu'il utilise trop d'incises et multiplie les personnages, on veut juste savoir quel Stark va mourir dans le prochain tome!!! ;)

Bon, maintenant, on peut s'obstiner sur le fait que les critères objectifs, en littérature, ne sont pas si objectifs que ça, mais il y a quand même des règles de base. Pis en nutrition aussi, on change souvent d'idée, alors... :p

vendredi 10 février 2017

Le dit du Musè (23)

Mardi, ma puce, qui mouche et tousse depuis quelques jours, m'a accidentellement mis les doigts dans les yeux.

Mercredi, je me suis réveillée avec un orgelet.

Et comme toujours chez moi, ça a dégénéré en conjonctivite. Une bonne grosse infection qui me rend l'œil rouge et enflé, avec larmoiements pis toute.

Mon chum, découvrant cette vision peu ragoûtante - T'aurais dû écrire des livres de pirates!

Moi - Hein?!?

Lui - Ben oui, comme ça tu pourrais mettre un eye patch pour le salon du livre. Parce que là, ouiche, c'est pas beau tu suite!

Ouais, parce que là faut que je fasse un salon amanchée de même! Mautadine...

mercredi 8 février 2017

Scène de salon du livre (8)

Une écrivaine, coincée derrière une minuscule table dans un coin d'un kiosque où pullulent les livres pour enfants sur les chats et le hockey, tente d'avoir l'air sympathique et de repérer dans la foule des lecteurs potentiels pour ses sanglantes histoires de samouraïs.

Un jeune ado à casquette s'approche :

Ado à casquette : Est-ce que je pourrais avoir un signet?

Écrivaine (qui a décidé d'emprunter la stratégie d'une amie) : Bien sûr! Sais-tu de quoi parle mon roman? C'est l'histoire...

Et elle débite son laïus tout en signant l'endos du bout de carton, dont l'ado s'empare avidement. Il le fait disparaître dans son sac, d'où dépassent déjà de nombreux autres signets, et s'éloigne sans un regard pour les livres placés sur la table.

Une jeune fille aux lunettes rouges surgit alors devant l'écrivaine.

Lunettes rouges : Est-ce que je pourrais avoir un signet?

Écrivaine : Bien sûr! Sais-tu de quoi parle mes romans? C'est l'histoire...

Re-laïus, re-signature, re-disparition du signet. Re-absence de vente.

Apparition d'un autre jeune ado, aux cheveux hérissés.

Hérisson : Hé! C'est vous qui écrivez des livres sur les samouraïs?

Écrivaine (avec un sourire format géant étampé dans la face) : Oui!!!

Hérisson : Est-ce que je pourrais avoir un signet?

Écrivaine : Bien sûr! Attends, je te le signe...

L'ado aux allures de hérisson s'éloigne, signet fièrement brandi. L'écrivaine le suit des yeux, espérant qu'il montrera son trophée à ses parents, qui viendront ensuite acheter discrètement le livre qui a séduit leur ado...

Mais non. Hérisson rejoint plutôt Casquette et Lunettes rouges, les deux précédents quémandeurs de signet.

Casquette (s'exclamant à voix trop forte) - Hein? Déjà? Comment t'as fait?

Hérisson (très fier de lui) - J'ai fait comme si je savais de quoi ses livres parlaient!

Et les trois éclatent de rire.

Une adolescente aux jeans troués apparaît alors dans le champ de vision de l'écrivaine, la distrayant de ses envies de meurtre.

Genoux à l'air - Est-ce que c'est vous qui écrivez des histoires de samouraïs?

Écrivaine (marmonnant entre ses mâchoires serrées) - Pas si c'est pour avoir des signets.

Genoux à l'air - Pardon?

Écrivaine - Oh, rien. Oui, mes livres parlent de samouraïs. Dans celui-ci...

* * *

LA SUITE? BIENTÔT, DANS UN SALON DU LIVRE PRÈS DE CHEZ VOUS!

Enfin, si vous habitez Longueuil, parce que j'y sera vendredi, de 12h à 15h30! ;)

lundi 6 février 2017

Tranche de vie (17)

En décembre dernier, peu après l'annonce officielle de mon prix Canada-Japon, ma municipalité m'a contactée. Ils organisaient un salon du livre la fin de semaine du 18 février et voulaient savoir si j'étais intéressée à participer.

Évidemment, j'ai dit oui. (Surtout que la présidente d'honneur est Kim Thuy pis que j'ai trippé sur son premier livre).

Je ne risquais rien, me disais-je, car on venait de m'informer que la remise officielle du prix Canada-Japon se ferait "dans le bout du mois de mars".

Mi-janvier, Brins d'éternité a annoncé que le lancement du prochain numéro, dans lequel je publie, se ferait le 18 février. Merde! Je ne pourrai pas y être.

Deux semaines plus tard, soit la dernière semaine de janvier, les responsables du prix Canada-Japon m'ont écrit pour me demander si je pouvais me déplacer à Ottawa pour la remise le... 18 février!

Hum... Vais-je annuler une invitation dans un salon (et des animations), invitation motivée par la réception d'un prix, pour aller chercher ledit prix?

Non.

On m'a dit "D'accord, mais alors la remise se fera sans doute seulement au début juin".

Dites, au point où j'en suis (ça fait plus de six mois qu'on m'a promis 10 000$!), c'est pas un mois ou deux qui va changer quelque chose.

Ah, la joie du travail autonome! C'est moi ou tout arrive toujours en même temps?

mercredi 1 février 2017

La religion sereine

Le billet de lundi, écrit depuis des semaines, s'est retrouvé en ligne avant que j'apprenne ce qui s'était passé à Québec. Résultat : timing fouaireux pour jaser de développement de personnage mettons.

Le billet d'aujourd'hui a été écrit depuis des semaines. Parce que des fois ma défunte grand-maman et sa philosophie de vie si simple me manque. Et aujourd'hui, alors que je boucle ma valise en vue d'une visite à Québec, me semble qu'elle manque aussi au monde entier.

Voyez-vous, ma grand-maman avait la foi. Une foi pure et lumineuse, que j’ai toujours trouvée contagieuse (même si ça ne m'a pas empêchée de devenir une athée ou, à tout le moins, une déiste agnostique). Je ne sais pas trop comment ça a commencé, mais je me souviens que quand j’étais petite, pendant des années je suis allée à l’église avec elle à tous les dimanches.

Et puis, un jour, le prêtre, pendant son sermon, a parlé du mariage et du divorce. Je comprenais pas tout, mais j’étais restée avec l’impression que l’église catholique aimait pas les divorcés. Sauf que déjà, à cette époque, je connaissais quelques divorcés, certains dans ma propre famille, et j’avais bien vu que, dans leur cas, mettre fin à leur mariage avait été une bonne solution.

Après la messe, j’avais demandé à grand-maman si c’était correct d’être divorcé.

– Les divorcés, c’est du monde comme tout le monde! qu’elle m’avait répondu.

– Mais grand-maman, que j’avais dit, le prêtre, il a dit...

À ce moment-là, elle avait levé un de ses doigts un peu croche pour m’interrompre. Elle m’avait regardée en baissant la tête pour bien m’encadrer dans le haut de ses lunettes à double-foyer, elle avait sourit et elle avait pointé vers le haut.

– Moi je m’arrange avec le petit Jésus, m’avait-elle dit.

C’est à partir de ce moment-là que j’ai remarqué que ma grand-maman répétait souvent la même phrase.
 
Telle femme préférait les femmes aux hommes.
 
– Pis ça? C’est du monde comme tout le monde!

Un tel et une telle avaient des enfants sans être mariés.

– Pis ça? C’est du monde comme tout le monde!

Sa voisine, à la résidence, n’était pas catholique.

– Pis ça? C’est du monde comme tout le monde!

Au fil des ans, et des anecdotes du genre, j’ai compris que, de toute la religion catholique, grand-maman n’avait retenu qu’une phrase dite par son "petit Jésus" : Aimez-vous les uns les autres. Et elle a vécu en accord avec cette phrase-là, en aimant tous ceux qui croisaient sa route, parce que c’était "toute du monde comme tout le monde".
 
Ces jours-ci, j'aimerais ça que, justement, tout le monde pense comme elle.

lundi 30 janvier 2017

La règle des dix ans

En arts martiaux, on dit qu'il faut dix ans pour devenir bon. Le talent et les aptitutes initiales vont aider, mais, généralement, au bout de dix ans de pratique assidue, une personne aura véritablement acquis son art.

Selon mon expérience personnelle, y'a pas juste avec les arts martiaux que c'est vrai : quand on veut vraiment maîtriser une discipline, surtout si elle ne constitue pas le sujet principal de nos études, faut s'y investir pendant à peu près dix ans.

Ça vaut même, selon moi, pour les gens qui semblent avoir tous les talents parce qu'ils ont de la facilité dans plusieurs domaines : s'ils s'investissent pendant dix ans dans le développement de l'une de ces habiletés, c'est là qu'ils pourront atteindre un niveau vraiment exceptionnel.

Si je pense à ma propre vie, la règle des dix ans s'applique bien :

De 0 à 10 ans, j'ai littéralement appris à apprendre (et, surtout, à aimer m'instruire).
De 10 à 20 ans, j'ai appris à écrire, tout en étudiant l'histoire.
De 20 à 30 ans, j'ai pratiqué à fond les arts martiaux.
Et depuis mes 30 ans, je me développe dans mon rôle de maman (ce qui implique d'acquérir des notions de pédagogie et beaucoup de patience!).

Alors depuis quelques temps, quand je crée un personnage, j'essaie de garder ça en tête. Je lui accorde à peu près un talent notable par décennie d'existence.

Ça évite de se retrouver avec des personnages de même pas trente ans qui maîtrisent huit langues, sont des cuisiniers accomplis, des génies de la génétique, des écrivains primés, des philosophes de renom et des combattants redoutables! ;)

vendredi 27 janvier 2017

Tranche de vie (16)

La journée commence à 6h15 de manière rock and roll avec la puce qui me fait une crise pour ne pas faire pipi sur le pot. Puis pour avoir d'autres céréales (alors qu'il en reste dans son bol). Puis pour être débarrassée de son reste de céréales. Puis pour obtenir d'autres céréales. (Pas folle la puce : elle sait que quand je débarrasse son assiette, je la vide, donc en attendant 2 minutes, elle espère obtenir des céréales "neuves"). Puis pour ne pas retourner sur le pot avant de partir. Elle me boude le temps que je la mette dans les bras de son papa, puis se remet à crier lorsqu'elle se rend compte que je ne monte pas dans l'auto avec eux...

Bref, un matin normal avec ma cocotte de deux ans quand elle se lève du mauvais pied!

Mettons que je suis pas fâchée, à 7h tapantes, d'entendre la porte du garage se refermer. Je me murmure un "Houston, ils sont partis!" et je m'en vais me préparer un café bien mérité. Je déjeune, je commence à travailler. Vers 10h, je me dis que ce serait le moment d'affronter mon elliptique pour ma séance de cardio...

Et le téléphone sonne. Je regarde l'afficheur. "Garderie" Et merde!

Je décroche, alors que tous les scénarios catastrophes me passent par la tête. Des crises répétées, des vomissements, une diarrhée, une épidémie de gastro, une chute en bas d'un meuble, un départ à l'hôpital... Dans tous les cas, je m'apprête à ce que ma savoureuse tranquillité et mon rythme de travail paisible soit massacré par les paroles de l'éducatrice.

-- Bonjour! Ah, je pensais bien me rappeler que vous travailliez de la maison. Dites, on ne trouve pas la salopette de neige de votre fille, est-ce qu'elle serait restée à la maison? Si oui, pouvez-vous nous l'apporter rapidement?

Une minute plus tard, j'étais dehors, avec bottes, pantalons de nylon, gants, bandeau et manteau, et je joggais vers la garderie.

À 10h40, j'étais de retour, essoufflée (ou plutôt "crachant mes poumons parce que l'air frette m'avait brûlé la gorge pis parce que je suis plus aussi en forme qu'avant la naissance de la puce"), mais contente. Ma puce pourrait jouer dehors avec ses amis et moi j'avais fait mon entraînement de la journée.

Ça a quand même ses avantages la vie de travailleuse autonome! ;)

mercredi 25 janvier 2017

J'suis pas impolie, juste mal élevée

Plus j'avance en âge, plus je constate que mon éducation comporte plusieurs lacunes. Il semble y avoir des gestes, considérés polis et nécessaires par plusieurs personnes, qu'on ne m'a pas enseignés. Notamment : 

L'habitude de faire des cadeaux à l'hôte ou à l'hôtesse
J'ai fini par apprendre qu'on est pas supposé arriver chez quelqu'un les mains vides. Et je comprends la logique : on remercie les gens qui nous reçoivent. Mais quand on s'échange les invitations régulièrement et/ou qu'on ne peut pas accepter de produits alimentaires, pour cause de maladie céliaque, et/ou qu'on haït les fleurs et les chandelles parfumées, me semble que des fois ça complique inutilement les choses. Et, particulièrement dans le temps de Noël, ça allonge encore la liste des achats à faire! (À moins de redonner les cadeaux d'hôte reçus plus tôt dans l'année... mais non, voyons, moi je ferais jamais ça...)

Les cartes de Noël
Je trouve ça super gentil et mignon, surtout s'il y a des photos dedans. Mais au milieu de tous les préparatifs des Fêtes, j'arrive juste pas à concevoir qui a le temps de faire ça. J'ai jamais vu mes parents en envoyer entk!

Les cartes et photos de remerciement post-shower de bébé
J'ai eu vent de cette coutume quand quelqu'un qui m'avait offert un cadeau à mon shower (et qui est mon ami Facebook, donc a accès à toutes les photos de bébé que j'y ai mis) m'a reproché de ne pas lui avoir envoyé de photo de la puce nouvellement née pour le remercier. Euh... Si j'ai du mal à concevoir comment on peut trouver le temps d'écrire des cartes de Noël, vous pouvez imaginer ce que je pense de l'idée d'envoyer des cartes et des photos de bébé alors qu'on a du mal à dormir 30 minutes de suite parce qu'on s'occupe dudit nouveau né!!!

Les cartes et photos remerciement post-mariage
On vous a envoyé une invitation. Vous avez accepté. Vous êtes venus, on s'est vus, on a bu du champagne ensemble, on avait pas demandé de cadeau, vous en avez fait un pareil, on vous a remerciés chaleureusement... Est-ce qu'il faut vraiment envoyer en plus une carte avec photo pour vous remercier d'être venus à un événement où on vous avait invités?

Coudonc, c'est un complot des imprimeurs et de Poste-Canada ces coutumes-là?

Appeler les gens le jour de leur fête
Même si vous allez les voir trois jours plus tard pour fêter ça! Je suis en train d'apprendre, à la dure, qu'il y a des gens pour qui l'absence de coup de fil est une insulte méritant une vendetta qui se poursuivra sur six générations.

Ok, là je vais être totalement honnête avec vous : mis à part pour mon chum, ma fille, ma sœur et mon père, je ne retiens la date de fête de personne (assez curieux pour une historienne, avouez!). Si vous recevez un courriel ou, plus probablement, un message Facebook de ma part le jour de votre fête, c'est parce que y'a des algorithmes qui me rappellent de le faire. Mes vœux de bonheur, joie, inspiration et tout le tralalala sont quand même parfaitement sincères. Mais sans les miracles de l'informatique, je n'aurais jamais pensé à vous les faire parvenir.

Ou alors j'y aurais pensé, puis ma puce aurait pleuré ou j'aurais eu un flash pour mon roman en cours ou j'aurais échappé quelque chose et eu à ramasser un dégât... bref, il y aurait eu un très très faible pourcentage de chance que ça se concrétise en coup de fil.

Je n'en suis donc plus à une vendetta près! :p

Tout ça pour dire que j'en suis venue à la conclusion que je ne suis pas impolie, comme certaines personnes semblent le penser, mais seulement mal élevée.

Et je ne sais pas comment ça se fait. Je crois que ma mère faisait tous ces gestes (sauf les cartes de Noël)... mais j'suis pas sûre. Elle était ptêt mal élevée elle aussi! Ou carrément mal polie! (C'est curieux pareil de faire cette constatation-là à propos de sa mère quelques années après son décès!)

Remarquez, avoir l'excuse de "ne pas avoir été élevée de même", y'a plusieurs occasions où ça me simplifie drôlement l'existence! :p

Et vous, êtes-vous mal élevé vous aussi? ;)

lundi 23 janvier 2017

La job que je ne pourrais pas faire (3)

Chaque fois que je lis un article à propos d'une personne qui a trouvé la manière de concilier travail-famille et qui gagne maintenant sa vie en donnant conférences pour expliquer aux gens comment y arriver à leur tour, je me sens un peu mal.

Je ne me verrais pas faire leur job.

J'aurais ben trop peur que quelqu'un dans la salle pige le truc. C'est facile de se donner en exemple d'une bonne conciliation travail-famille quand tu n'as pas besoin de faire du 9 à 5!!! O_o

vendredi 20 janvier 2017

Simon Pegg & Nick Frost

Pour la fête de mon chéri, je lui ai offert les quatre comédies mettant en vedette le duo d'acteurs britanniques Simon Pegg et Nick Frost, c'est-à-dire Shaun of the Dead (une histoire de zombies), Hot Fuzz (comédie policière), World's End (une affaire de, euh, bière... entre autres) et Paul (parodie de film d'extra-terrestre.). Les versions françaises existent sans doute, mais je ne m'imaginerais pas écouter ses films-là en me privant des délicieux accents des comédiens! (Par contre, je mets les sous-titres).

Simon Pegg, en plus de jouer dans ces films, a participé à l'écriture et à la scénarisation. Ça arrive quand même souvent que des acteurs, qu'on pourrait croire stupides parce qu'ils jouent seulement dans des comédies, tiennent ce genre de double emploi, mais ça m'impressionne à chaque fois.

Nick Frost à gauche, Simon Pegg à droite
(que vous connaissez peut-être comme le Scotty des nouveaux Star Trek),
pis Paul en bas...
On avait déjà vu tous ces films et je ne suis pas une grande fan de comédies, alors je m'étais dit que je laisserais mon chum les regarder tout seul quand ça lui adonnerait.

Cependant, Vincent a pris quelques jours de congé cette semaine pour avancer ses projets personnels. Alors on a profité de l'absence d'Éliane (qui est à la garderie) pour se faire des pauses-cinéma à l'heure du dîner. On a choisi les films que je venais de lui offrir...

Et on a rit, mais rit!

Alors si vous ne connaissez pas les œuvres de Simon Pegg, je vous les recommande chaudement. Elles sont tout à fait appropriées pour lutter contre la déprime saisonnière.

Et pour les fans de SF, Paul, c'est génial! (C'était d'ailleurs sur Netflix jusqu'à tout récemment...)

mercredi 18 janvier 2017

La job que je ne pourrais pas faire (2)

Je le savais avant même d'avoir ma fille, mais maintenant qu'elle a grandi (et que j'ai accompagné son groupe de petits monstres charmants bambins lors d'une sortie), je vous le confirme : je ne pourrais pas être éducatrice en garderie.

Je n'ai juste pas la patience nécessaire pour répondre calmement 375 fois par jour aux mêmes micro-rébellions. Oui, faut changer ta couche maintenant. Parce que tu es mouillé/sale/puant. Tu joueras après. Oui, faut manger maintenant. Parce que c'est prêt, c'est l'heure, c'est chaud. Non, tu ne peux pas toucher à ça. Parce que c'est dangereux, fragile, chaud, sale, pas à toi, à moi pis j'y tiens. Oui, c'est l'heure du dodo. Parce que tu es fatigué. Pis moi aussi!

Y'a pas de doute possible : pognée toute la journée avec six (ou huit!) enfants, je ferais une crise de nerf avant longtemps.

Et ça c'est si le stress de superviser régulièrement six apprentis bricoleurs armés de ciseaux ne me tuait pas avant!

Bref, les éducatrices en garderie ont toute mon admiration. Parce que je ne pourrais absolument pas faire leur job!!!

Surtout pas ce matin, alors que j'ai déposé ma puce, fière porteuse d'une culotte de coton, aux bons soins de son éducatrice, qui est persuadée que ma cocotte est prête à devenir propre... Mais hier, première journée sans couche, j'ai passé la moppe six fois en six heures sur mon plancher (ensuite, ma puce n'ayant plus de pantalons de rechange, et moi plus de patience, les efforts de propreté ont fait relâche).

Imaginez : l'éducatrice, elle, a six bambins incontinents à gérer! O.o

lundi 16 janvier 2017

Pendant que j'écris des livres...

C'est la fête de Vincent aujourd'hui, alors j'ai décidé d'en profiter pour vous parler de lui un peu.

Je sais pas si vous êtes au courant, mais pendant que j'écris des livres, mon chum crée lui aussi.

Comme c'est un amateur de jeux sous toutes ses formes (de rôles, de société, vidéos, etc...), c'est dans cette direction qu'il s'est lancé.

Récemment, il a organisé sa compagnie, mis sur pied son site web et, bientôt, un outil pour programmeurs de jeux vidéos verra le jour sous la bannière de Chivalrous Games. :)

(Le site web est uniquement en anglais pour le moment, car le principal marché visé, celui des développeurs, est anglophone. Mais le logo a été dessiné par Olivier Carpentier, alors on encourage quand même la culture québécoise. ;)

(En passant, je suis jalouse du fait que mon chum ait pu tirer un nom de compagnie aussi génial à partir de son nom de famille!)

(Oui, je sais, j'abuse des parenthèses là!)

Un jeu de société est également en chantier et vous risquez d'en entendre parler pas mal sur ce blogue, parce qu'on dirait que je suis en train de me faire embarquer comme collaboratrice!

Comme quoi y'a pas juste Isa qui m'embarque dans des projets de fous : mon chum a le tour lui aussi... et depuis longtemps! :p

Bonne fête mon amour!
Bonne chance avec tous tes projets! :)

vendredi 13 janvier 2017

Parler des projets en cours

Je parle peu de mes projets en cours d'écriture, même avec mon chum. Oh, je jase d'idées diverses tant que mon plan n'est pas établi, mais une fois en écriture, je me contente de dire que c'est en cours, que c'est dans tel genre et que ça avance (ou pas), mais ça s'arrête là : je ne dévoile rien du contenu à personne tant que ce n'est pas terminé.

Pourquoi?

Différents facteurs entrent en jeu, mais le principal, c'est la peur.

J'ai peur que mon interlocuteur trouve mes idées faibles, qu'il me le dise (ou que je crois le lire sur son visage) et que sa réaction me coupe mon élan créatif.

J'ai aussi peur des suggestions. Parce que oui, certaines pourraient être géniales et m'amener dans une direction qui m'enchante et que je n'avais pas envisagée.

Par contre, d'autres suggestions pourraient m'entraîner dans une direction où je ne voulais pas vraiment aller, mais que je m'efforce d'emprunter parce qu'elle est mieux, plus novatrice. Elle ne provoque pas de feux d'artifice dans ma tête, mais mon intellect l'admet comme "la meilleure" et ne me permet plus de l'ignorer. Dans ces cas-là, même si le texte, une fois terminé, est jugé excellent, moi il me laissera insatisfaite, parce que mon histoire, mon idée à moi, elle n'aura pas été écrite. (Et je n'aurai sans doute ni le temps ni l'envie de la réécrire un jour... surtout en la sachant plus faible que celle que j'ai effectivement rédigée... Oui, je sais, c'est paradoxal).

J'ai également peur de créer des attentes. Il arrive de moins en moins souvent que je ne termine pas mes projets, mais, quand même, des fois c'est le cas. (Il y a des gens, je le sais, qui attendent depuis 10 ans que j'écrive un truc de chicklit... vous pouvez arrêter d'espérer, ça ne se fera pas!) Et, le plus souvent, les idées demeurent dans ma mijoteuse cérébrale 3 à 5 ans avant que je ne les juge mûres pour une rédaction. Alors j'aime mieux de ne pas en parler trop en avance.

Bref, tout ça pour dire que lorsque j'écris, je suis vraiment seule dans ma bulle avec mes personnages, mon intrigue, mon univers... et mes doutes.

L'autre matin, alors je soupirais devant mon écran et mon manuscrit qui, de mon point de vue, avance à pas de tortue vers une retraite anticipée dans la poubelle d'un éditeur, mon papa m'a demandé sur quoi je travaillais. Chose rare (j'avais pas encore bu mon deuxième café, ma vigilance était réduite), je me suis laissée aller à en parler un peu...

Mon papa m'a fait une suggestion. C'était déjà dans le texte. Il a avancé une seconde idée. Déjà là aussi, ai-je dit, et j'ai rebondi sur comment et pourquoi et dans quel sens ça va évoluer ensuite...

Et mon papa, homme d'un enthousiasme légendaire et communicatif, s'est exclamé "Ben là! C'est super bon! Envoye, écris, j'ai hâte de le lire!"

Ouf, ça a fait du bien. Merci papa.

Note à moi-même : parler de mes projets en cours, malgré tous les risques, des fois ça vaut la peine.

Et vous, quelle est votre position à ce sujet? Les idées en cours d'écriture, vous en jasez ou pas?