vendredi 11 août 2017

Le 12 août je... pars en vacances

Depuis ses débuts, je suis une grande fan de la journée "le 12 août j'achète un livre québécois".

Mon seul problème avec cette journée, c'est qu'elle a tendance à mal tomber.

Parce que comme j'ai accouché lors de la première édition, depuis ce temps-là, je passe mon 12 août à célébrer les anniversaires de ma puce! Hihihihi! En plus, cette année, le 12 août marquera le début des vacances en famille, alors...

Qu'à cela ne tienne, j'ai fait mon magasinage à l'avance!

Cette année, je me suis gâtée en achetant trois titres que je voulais depuis longtemps (parce que tout le monde en a parlé et qu'ils sont bardés de prix, alors ma curiosité est piquée), mais que je n'avais pas encore eu le temps de me procurer, c'est à dire "La femme qui fuit" d'Anaïs Barbeau-Lavalette, "Le plongeur" de Stéphane Larue et "L'affaire Mélodie Cormier" de Gullaume Morrissette. Deux romans de littérature générale et un roman policier. Pas de roman de science-fiction ou de fantastique... on se demande ben pourquoi, hein? ;)

Évidemment, il y aura aussi des livres québécois parmi les cadeaux de fête de ma puce. (Deux albums de la série "Cajoline", soit "Fini les colères" et "Le partage"... hé que c'est le fun qu'elle soit encore à l'âge où ça ne lui dérange pas que ses lectures lui passent des messages pas subtils! lolol!)

Et vous, qu'allez-vous acheter lors du 12 août? Si vous voulez des idées, signalez-vous dans les commentaires, j'suis sûre qu'on pourra vous aider!

Cela dit, demain, je plie bagages (pour aller pique-nique au parc) et je ne promets donc rien pour la fréquence de parution des billets dans les trois prochaines semaines!

Pour me faire pardonner, je vous laisse sur une photo de la puce, prise dans la plus grande discrétion (ça explique le cadrage incluant un gros bout de mur blanc) pour ne pas la déranger alors qu'elle est occupée à une activité qui fait fondre mon cœur de maman-écrivaine :

Elle lit une histoire à son gros ours!

mercredi 9 août 2017

Économies d'écrivain

On parle souvent des faibles revenus des écrivains, de tout ce que ça ne rapporte pas. On mentionne moins tout ce que ça permet d'économiser. Pourtant, après presque trois ans sans véritable boulot, je constate que ma vie d'écrivaine coûte beaucoup moins cher que ma vie de travailleuse. Notamment :

Transport
Fini les cartes mensuelles de transport en commun! D'accord, de temps à autres je m'achète des billets et je me paie des autobus voyageurs pour me rendre dans des salons ou des animations scolaires, mais reste que je passe 75% de mon temps chez nous et ça paraît dans mon budget.

Nourriture et café
Comme je suis chez moi, je mange ce qu'il y a dans mon frigo et je suis ma propre barrista. Je peux boire deux lattés par jour sans me sentir coupable à cause de l'argent dépensé. Je n'ai pas la tentation d'aller manger au restaurant, puisque le plus proche est à 30 minutes de marche (et c'est un Tim Hortons, pas un comptoir à tartares, une pizzéria fine ou autre tentation urbaine). Je m'achète ce qu'il me faut pour me préparer des bons lunchs et les rares fois où je suis à l'extérieur de chez moi pour le dîner, je me gâte en mangeant au resto sans culpabilité.

Vêtement
Tant qu'à moi, la caractéristique principale des vêtements "propres", c'est d'être chers à l'achat et d'être confectionnés dans des étoffes fines qui montrent rapidement leur âge. Et on ne peut pas travailler dans un bureau en chemisier défraîchi et pantalon qui bouloche. Par contre, on peut parfaitement écrire en linge mou partiellement déteint ou en jeans inusable. C'est pas glamour, mais ça sauve beaucoup d'argent! Pis en prime, on peut porter des tshirts humoristiques sans déranger qui que ce soit!

Détente
Durant mes dernières années de travail, me semble que j'investissais beaucoup dans ma détente : massages, visites au spa, vacances permettant de décrocher... Étant désormais moins stressée, je ne ressens plus autant ce genre de besoin. Et en plus, depuis qu'on a la puce, n'importe quelle journée où elle n'est pas avec nous représente un oasis de calme qui brise instantanément la routine! :p

Livres
Ayant plus de temps à consacrer à la critique littéraire et aux jurys de divers prix, je remarque que j'achète nettement moins de livres depuis deux ans (oui, ce sont des lectures que je n'ai pas choisies, mais j'aurais lu 50% d'entre-elles de toute manière). En plus, quand cette source de livres gratuits se tarira, j'aurai le temps de visiter ma bibliothèque municipale plus souvent.

Communications et divertissements
Quand on passe ses journées chez soi, devant son ordinateur, le téléphone intelligent dernier cri avec large provision de données n'est vraiment pas nécessaire. Lors des sorties à l'extérieur, un vieil appareil avec cartes d'appel suffit. Et tant qu'à payer une connection Internet, on la met à profit en se payant Netflix ou un autre service de streaming vidéo et la question des frais de télévision se règle du même coup.

À combien se chiffre le tout? Ça dépend de votre train de vie je suppose... Mais comme je payais 150$ par mois en autobus, au moins 100$ en café et resto, un bon 1000$ par an de vêtements, un montant indéterminé en détente de toute sorte (mais qui devait approcher au moins 1000$ par an, sinon le double) et qu'un forfait de données de base coûte un bon 50$ par mois... Mettons 5000$, en arrondissant à la baisse.

D'accord, même en additionnant ce montant économisé au salaire moyen de l'écrivain québécois (5000$), c'est pas le Pérou, mais ça améliore le portrait! Surtout que ces économies-là s'appliquent même si on écrit seulement des textes refusés! hihihihi! ;)

lundi 7 août 2017

Club de lecture, Tour sombre et autres parenthèses

Bon lundi matin!

(Avant de penser "y'a rien qu'une fille qui travaille en pantoufles dans son salon qui peut être aussi enthousiaste à propos d'un lundi matin", considérez le fait que ma puce m'a probablement réveillée à 5h45 et que depuis ce temps-là, j'alterne entre des épisodes de Pat Patrouille et d'intenses séances de "faire semblant de manger des Duplo". Le bon côté du lundi, pour moi, c'est essentiellement qu'il me rapproche du mercredi, premier jour d'écriture de la semaine. Cela étant dit...)

Je ne sais pas si vous avez vu, mais je me suis jointe (de manière très très ponctuelle) à l'équipe de la République du Centaure, afin de mettre sur pied un club de lecture virtuel. En fait, j'étais juste tannée de me faire dire "hein, t'as pas lu ça!?!" trois ou quatre fois par événement social, alors j'ai décidé d'exploiter l'expérience des Grands du milieu de la SFFQ, pour qu'ils me fassent un tri entre les parutions modernes médiocres et celles qui valent la peine d'être lues.

(Soit dit en passant, je viens de découvrir que j'suis pas pire pour déléguer mon travail aux autres quand je m'y mets. La preuve : Alain raconte partout que c'est moi qui pilote ce club de lecture, alors qu'en fait c'est lui qui a entretenu la communication avec la plupart de nos invités! héhéhéhéhé! Comme il m'a embarquée dans le comité organisateur du Boréal, je considère que c'est de bonne guerre! ;)

À part ça, hier, après avoir accompli la quête "trouver une gardienne pour la puce", mon chum et moi nous sommes lancés sur les traces de Roland Deschain et de la Tour Sombre. C'était le fun d'aller au cinéma en amoureux au milieu de la journée. ... Et ça fait pas mal le tour du sujet.

(Non, sans blague, le film présentait quelques clins d'œil amusants pour les amateurs de la série de romans de King, mais le scénario déviait tellement de l'original qu'on est à peine dans le même univers, ce qui en soit est un tour de force peu louable, et pour les non initiés ça doit avoir l'air d'une grosse bouillie incompréhensible. Les comédiens font leur gros possible et leur incarnation des personnages est probablement l'élément le plus fidèles à l'histoire originale, mais on est ressortis pas mal déçus.)

Le dernier jury littéraire auquel je participais a délibéré vendredi soir, alors je suis maintenant libre de lire ce que je veux, après un an et demi à parcourir à peu près uniquement des romans de SFFQ. Ouf! Pour fêter ça, je sens que je vais lire un peu en anglais!

Et vous, ça va? ;)

vendredi 4 août 2017

Pique-nique et souvenirs

J'ai un souvenir flou d'un panier à pique-nique que mes parents possédaient. Je ne pourrais pas dire de quoi il avait l'air (peut-être était-ce plutôt une glacière ou une boîte à lunch grand format qu'un vrai panier?), mais, par contre, je me rappelle clairement qu'à chaque fois que ma mère le sortait, j'étais toute excitée, parce que ça signifiait qu'on allait faire une sortie spéciale.

Pique-nique au parc, visite au zoo, goûter tardif en attendant de contempler les feux d'artifice, ce panier présageait de bons moments. Il est toujours là, flou, à la limite de mes souvenirs heureux de petite fille.

Cette année, on ne s'offrira pas de grand voyage pour nos vacances, mais on prévoit plusieurs petites sorties. Et comme, gluten oblige, il nous est difficile de manger à l'extérieur de la maison, qui dit "sortie" dit lunch à emporter. Devant la perspective de devoir préparer un nombre élevé de pique-nique (en sacrant pour tout rentrer dans nos boîtes à lunch trop petites et en risquant à chaque fois d'oublier un couteau ou les cuillères), je me suis rappelée le panier de ma mère et je me suis dit... Pourquoi ne pas changer la corvée en occasion? Autant m'équiper convenablement, d'un panier qui deviendra, pour ma puce, le présage de bons moments!

Évidemment, quand j'ai pensé à "m'équiper pour pique-niquer", j'avais une image romantique en tête, avec du cuir, du rotin et de belles couleurs estivales... Quelque chose dans ce genre-là, quoi :

Crédit : Amazon.ca
 
Avouez, ça aurait été digne de Downton Abbey!

Ça aurait aussi été horriblement peu pratique à traîner dans un zoo, un parc d'amusement, en haut d'une montagne ou à toute destination qui ne serait pas une table de pique-nique à côté de l'auto!

Mon côté pratique parlant plus fort que mon romantisme, voici ce que j'ai acheté :

Crédit : Amazon.ca

Ok, les couleurs donnent l'impression que ce sac à dos sort de That Seventy Show. Mais il contient tout ce qu'il faut pour partir en pique-nique sur un coup de tête, son compartiment isolant est étonnamment vaste et ma puce l'a déjà associé au concept de "manger dehors et aller jouer au parc ensuite".

En plus, brun de même, il devrait être assez marquant pour que le souvenir qu'elle en gardera ne soit pas flou! Hihihihihi!

mercredi 2 août 2017

Faits historiques et fiction littéraire

Comme je porte (fièrement) le double chapeau d'écrivaine et d'historienne, ça fait quelques fois que des jeunes (et moins jeunes) écrivains me posent la même question : "D'après toi, quand j'écris un roman, à quel point est-ce que je peux jouer avec les faits historiques?"

Et comme toujours quand je dois répondre à la même question plus de deux fois, je finis par en faire un billet de blogue! :p (Ou par l'ajouter dans "Écrire et publier au Québec", mais comme il est en route pour l'impression, je pense que mes comparses n'aimeraient pas que je veuille ajouter un chapitre... hihihihi!)

Règle générale, quand la personne me pose cette question, c'est qu'elle a commis le péché classique du romancier historique débutant (vous en faites pas : je crois que ça nous arrive tous au moins une fois) : elle a développé son intrigue avant de faire ses recherches et là elle vient de frapper un mur, parce que des faits bien connus contrecarrent la base même de son récit (soit parce que tel roi n'est pas mort assassiné, soit parce que les femmes ne pouvaient pas être avocat à l'époque ou autre raison fondamentale du genre).

Ça vous rappelle quelque chose? Vous vivez (ou avez vécu ou prévoyez que vous finirez sans doute par vivre) cette situation et vous voulez savoir à quel point vous devez respecter ces embêtants faits historiques?

Réponse : vous devez être aussi exacts que si vous parliez de physique ou de géométrie! Les faits historiques, ce sont des faits, comme les trois côtés d'un triangle, pas des suggestions! (Quand vous entendez dire que "les historiens ne s'entendent pas", on parle dans 99% des cas d'une mésentente au sujet de l'interprétation d'un événement avéré ou d'un écart de date de moins d'un an.)

Ma réponse vous emmerde? Vous aimeriez situer votre histoire dans une Rome antique floue, en faisant cohabiter un empereur aussi solide que Marc-Aurèle et des tribuns de la plèbe aussi puissants que les Gracques? (Y'a quelques siècles et plusieurs réformes socio-politiques entre les deux...) Vous voulez juste garder "la saveur" de l'époque, quelques termes, le dépaysement... et votre intrigue, sans pour autant vous lancer dans des recherches dignes d'une thèse?

D'accord. Ça peut se faire. Je vois même trois méthodes pour y parvenir :

1- La manière "Guy Gavriel Kay" (ma préférée, simple et élégante)
Vous renommez la ville ou le pays (par exemple, si vous pensiez utiliser la ville de Sparte, elle pourrait devenir "Léonidye" ou tout autre nom évocateur qui permet de deviner le lieu qui vous a inspiré, mais sans le nommer clairement) et ses habitants. Comme ça, vous gardez la saveur de votre cadre historique, mais il est clair que c'est de la fiction et toutes les inexactitudes (volontaires ou non) sont pardonnées.

2- La méthode paresseuse mais honnête
Vous insérez un avertissement au début du livre disant que ceci n'est pas un roman historique (c'est-à-dire qui reflète à peu près fidèlement l'Histoire), que l'époque X vous a inspiré, mais que les souverains, les lois, les événements, etc. sont inventés (idéalement, dans la C4, vous écrivez "situé à une époque X fictive" ou autre expression montrant clairement qu'on est davantage dans le roman que dans l'historique).

3- Le casse-tête
Vous orientez vos recherches de manière à trouver un coin méconnu de l'Histoire (par exemple, tout le monde connaît au moins un peu la France médiévale, mais la Suisse ou l'Allemagne à la même époque sont plus obscures) où vous pouvez faire entrer sans trop de mal l'intrigue que vous aviez imaginée, quitte à changer quelques personnages et à corriger quelques détails qui ne fonctionneraient pas. Honnêtement, je recommande rarement cette méthode, car elle demande beaucoup de travail, un brin de chance (pour découvrir l'époque qui colle à votre idée) et si vous devez tordre trop de faits historiques, il vous faudra peut-être quand même mettre l'avertissement de la solution 2.

Notez que je ne cite pas la méthode "vous foutre de la vérité historique et écrire comme ça vous chante en prétextant que c'est un roman et donc que vous pouvez inventer ce qui vous plaît" dans les options, parce que si vous l'adoptez, que je lis votre roman et que j'y trouve des énormités je vais soit écrire un billet très méchant sur la question, soit (plus probablement) attendre d'être morte (j'aurai enfin des temps libres!) pour revenir vous hanter, vous ou vos descendants (si jamais vous trépassez avant moi). Oui, je tiens tant que ça au respect des faits historiques! :p

Pis maintenant vous avez trois méthodes pour vous assurer que je reposerai en paix! ;)

Précision : Évidemment, du moment où vous mettez du fantastique, de la fantasy ou de la science-fiction dans votre histoire, mon allergie aux inexactitudes historiques disparaît parce que, hé, si y'a un lecteur qui confond le tout avec la réalité, le détromper relèvera d'un boulot de psy, pas d'historien! hihihi! ;)