vendredi 21 juillet 2017

Partager sur Facebook ou pas?

Ceux qui suivent à la fois mon blogue et mon profil Facebook ont peut-être remarqué un phénomène : je ne parle de rien d'important sur Facebook. Je mets des anecdotes à propos de ma puce ou des livreurs de UPS qui ne sonnent pas à la porte.

Ici, je me permets d'aborder des sujets qui pourraient prêter à controverse (genre les vaccins), je jase de choses et d'autres, je me plains de mes amis Facebook...

Sauf que... Sauf que les blogues, je dois l'admettre, c'est un média en train de mourir. Je le vois avec Google Statistic : j'ai encore mes lecteurs fidèles (j'vous adore!), mais leur nombre n'augmente plus depuis longtemps.

Je n'ai pas envie d'abandonner le blogue (rassurez-vous si ça vous inquiétait), mais je me demande... est-ce que je devrais faire comme beaucoup d'autres et partager mes nouveaux billets de blogue sur Facebook? Est-ce que ça m'attirerait de nouveaux lecteurs ou est-ce que j'obtiendrais seulement un paquet de "like" inutiles de la part de gens qui n'auront même pas lu mon billet?

Qu'est-ce que vous en pensez? Y en a-t-il parmi vous qui ont tâté de la méthode "en partageant sur Facebook" vs "sans partager sur Facebook"? Si oui, quelles observations avez-vous faites? C'est une bonne idée ou pas?

mercredi 19 juillet 2017

Contrevenir aux attentes des lecteurs (3)

Je continue ma série de billets que quasiment personne ne commente (les deux premiers sont ici et ici), parce que ça me fait du bien de placer tous ces éléments dans ma tête.

J'ai lu énormément dans la dernière année (un peu plus de 110 romans, revues et recueils, ce qui est un record à vie je crois, ma moyenne annuelle de bouquins se situant plutôt autour de 60) et j'ai rencontré plusieurs livres qui prenaient, délibérément, certaines attentes de lecteur à contre-pied.

Parfois, ça fonctionnait. D'autres fois, pas du tout. Enfin, selon moi. Parce qu'on peut supposer que des lecteurs ayant des attentes différentes auraient réagi autrement.

Jusqu'ici, j'ai identifié deux attentes qui me semblent communes à la plupart des lecteurs :
1- établir un lien émotionnel (positif ou négatif) avec les personnages
2- vivre l'histoire

La troisième qui me vient à l'esprit est la suivante : comprendre l'histoire, ce qui inclut l'anticiper et en être surpris.

Comme j'ai dit dans le dernier billet, lire n'est pas un acte passif. En lisant, le lecteur a le temps de penser. Il rassemble des indices éparpillés dans le texte pour comprendre l'arrière-monde, l'intrigue et les personnages. Consciemment ou non, il échafaude des théories et il tente de prédire la suite du récit.

Je crois que le travail le plus difficile de l'écrivain, c'est de donner au lecteur assez d'éléments pour qu'il comprenne le récit, mais ni trop peu (pour éviter de l'embrouiller ou de le mélanger inutilement), ni trop (pour ne pas le noyer sous un déluge d'informations inutiles ou redondantes).

Je ne pense pas qu'on puisse contrevenir à l'envie du lecteur de comprendre ce qu'il lit. Je crois qu'un texte doit contenir ses propres clefs de déchiffrement, qu'il doit "se suffire en lui-même". La clef de l'énigme peut être à la fin du texte, éparpillée tout au long, etc, mais il doit y avoir un moment où le lecteur comprend ce qui se passe.

Parce qu'une partie du plaisir, pour le lecteur, c'est d'anticiper ce qui s'en vient, parce qu'il a résolu un mystère, mis deux indices bout à bout ou reconnu une convention (trope, cliché ou code). Si cette anticipation lui a demandé un certain effort mental, le lecteur en ressentira une grande satisfaction, une espèce de complicité avec l'auteur dont il a deviné les plans. Évidemment, si la conclusion s'impose d'elle-même dès la deuxième page du roman, là peut-être que l'auteur a manqué de subtilité et que les lecteurs seront déçus.

Ou peut-être pas. Car il y a des situations où le lecteur tire profit du fait qu'il en sait, ou croit en savoir, un peu plus que les personnages. Il peut ainsi compatir à leurs malheurs, s'inquiéter pour eux, anticiper leurs réactions. Et partager leur surprise lorsqu'un retournement de situation survient.

Mais attention, car si le lecteur aime être surpris, il apprécie rarement que ce soit parce que l'auteur a "triché", qu'il lui a caché des éléments qu'il aurait dû, selon la logique interne du texte, lui révéler. (L'exemple classique de cette tricherie, c'est l'inspecteur de police qui ouvre un tiroir et qui, soudain, comprend qui a tué Trucmuche... mais l'auteur termine le chapitre sans nous dire ce qu'il y a dans le cr**** de tiroir!). Entre vous et moi, une petite tricherie du genre de temps en temps, ça passe (et même, ça pousse le lecteur à tourner les pages plus vite), mais lorsqu'elles s'accumulent, le lecteur risque d'assumer un rôle passif (voyant qu'il n'a pas toutes les cartes en main, il n'essaiera même plus d'anticiper le récit) et de se désintéresser de sa lecture. (Tant qu'à être passif, autant regarder un film!)

Je crois que, de la même manière que l'auteur doit doser les informations qu'il présente, il doit également soigner sa présentation de ses éléments surprenants. Les revirements sortis d'un chapeau sont rarement bienvenus, mais les retournements préparés à l'avance, annoncés par de petits indices subtils qu'on comprend seulement à rebours, ceux-là, les lecteurs les adorent!

... Ou pas? Suis-je complètement partie dans les nuages? Pensez-vous que le lecteur s'attend à comprendre ce qu'il lit? Qu'il veut, au fil des pages, être capable de l'anticiper, d'en être surpris? Ou alors croyez-vous que la plupart des lecteurs n'ont pas d'objection à se laisser ballotter par les mots comme ils se feraient porter par les images d'un film?

lundi 17 juillet 2017

Biodiversité

Mon gazon est tellement biodiversifié (euphémisme pour : c'est un champ de mauvaises herbes) qu'on y trouve des fraises sauvages.

Les marmottes et les lapins m'aiment.

Mes voisins jardiniers préparent sans doute mon assassinat à coup d'arrache-pissenlits! :p

vendredi 14 juillet 2017

Contrevenir aux attentes des lecteurs (2)

Je continue mes réflexions amorcées dans le billet de lundi.

Tous les lecteurs ont des attentes. Mais les écrivains, pour se renouveler, veulent parfois explorer des nouvelles avenues et contrecarrer ces attentes.

Dans quelle mesure est-ce qu'on peut se le permettre?

Surtout quand les attentes des lecteurs touchent à leur motivation première, c'est-à-dire leur envie de vivre une histoire.

Lire n'est pas un acte passif. En tout cas, pas autant que regarder la télévision. Quand il lit, le lecteur imagine les personnages, les ambiances et les lieux, il projette son vécu sur les personnages pour partager leurs émotions.

L'auteur peut garder un peu de flou sur certains éléments d'un récit, par exemple le passé des personnages ou des scènes traumatisantes, car le lecteur remplira de lui-même les "trous". Cependant, j'ai souvent entendu dire qu'il existait des scènes essentielles dans un roman, des moments clefs qui expliquent la psychologie d'un personnage et qui doivent, tôt ou tard, être montrés au lecteur, pour qu'il puisse les vivre. Je suis plutôt d'accord avec cette théorie.

Je crois qu'on peut difficilement contrevenir à l'envie qu'à le lecteur de vivre l'histoire. C'est pour ça qu'il lit après tout! Oui, on peut délibérément lui cacher une scène, la lui raconter par mille témoignages de seconde main et lui laisser résoudre le casse-tête, mais il ne faut pas, idéalement, que tous les moments clefs d'un roman lui soient racontés ainsi. Car les témoignages de seconde main ne sont jamais aussi clair que les événements eux-mêmes...

Ou alors c'est juste moi qui suis voyeuse et qui adore qu'on la mette au cœur de l'action?

Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce qu'on peut contrevenir à cette attente des lecteurs? S'abstenir délibérément de leur présenter des moments marquants d'un récit? Pas juste en retarder la présentation, non, mais l'escamoter totalement?

Comme lecteur, êtes-vous frustrés lorsque ça arrive?

mercredi 12 juillet 2017

Il y a eu avant et après

Il y a des événements dans la vie qui vous marque. Une fois qu'ils se sont produits, il y aura pour toujours un "avant" et un "après" dans vos souvenirs.

Les deuils font partie de ce genre d'événements. Chez nous, le diagnostic de maladie céliaque de mon chum et la naissance de ma puce sont deux étapes importantes de nos vies.

Mais des fois, un événement en apparence banal acquiert ce même genre de statut, parce qu'il marque votre esprit.

En fin de semaine dernière, j'ai aidé mon chum à monter un ordinateur.

On est parti de zéro, de pièces détachées étalées partout, puis à l'aide de trois manuels d'instruction qui ne s'entendaient pas toujours et de tutoriels Youtube, dont un en allemand, on a assemblé le tout.

J'ai commencé en ne sachant même pas différencier un motherboard d'un hard drive. J'ai fini en signalant à mon chum que, selon le tutoriel que je venais de voir et la note de bas de page du manuel d'instruction, la fan qu'on ajoutait devait être branchée sur une prise "SysFan" de la carte-mère, et non "Fan", sinon elle serait en mode PWR et tournerait à fond en permanence.

Au bout de cinq heures d'effort, quand on a pesé sur le bouton "on", la machine s'est mise à fonctionner.

S'cusez, mais j'ai l'impression d'avoir joué une scène d'un bouquin de science-fiction. J'ai fabriqué un ordinateur avec des pièces détachées!!! O.o

J'pense que y'a un niveau de geekness dont on ne revient pas. Et je l'ai atteint!

Il y a eu avant et là on est après...

Pis je me demande s'il y aurait moyen de réaliser le même genre d'exploit avec un ordinateur portable... ;)

(Réponse : possiblement, mais on a assez sacré parce qu'on avait pas de place pour travailler dans la tour de taille moyenne de l'ordinateur de mon chum, pas question de se battre avec un boîtier de laptop!)

lundi 10 juillet 2017

Contrevenir aux attentes des lecteurs (1)

Soyons honnêtes : les écrivains (moi y comprise) sont des êtres égoïstes qui écrivent parce qu'ils aiment ça. Et une chance qu'ils aiment ça, parce que c'est long (surtout pour moi), c'est dur (plus ou moins selon le sujet) et ça paie pas (sauf pour les deux ou trois que vous connaissez déjà).

Cela dit, même s'ils écrivent d'abord pour eux-mêmes, ils aiment bien avoir des lecteurs.

Toutefois, ces lecteurs ont des attentes. Certaines peuvent être contrecarrées sans problème (et même, les lecteurs en seront parfois heureux), mais d'autres doivent être respectées.

Sauf que... comment est-ce qu'on fait la différence?

Par exemple, je sais que plusieurs lecteurs ont besoin d'apprécier le personnage principal, soit en le trouvant sympathique, soit en vivant à travers lui une expérience cathartique (par exemple en aimant l'haïr, parce que c'est une franche fripouille).

Mais est-ce qu'on peut imaginer mettre en scène un personnage principal antipathique, qui laisserait les lecteurs froids? Ou alors un personnage au comportement erratique, incompréhensible?

Dans quelles circonstances est-ce que ça fonctionnerait?

Personnellement, j'ai l'impression que ce serait possible uniquement sur une courte durée, parce que, pour moi, le pont entre le récit et le lecteur, le point de contact qui permet la "magie" du récit, ce sont les émotions humaines partagées entre les personnages et le lecteur. Et donc, si le lecteur reste froid ou qu'il ne comprend tout simplement pas le personnage, la magie n'opérera pas.

Qu'est-ce que vous en pensez vous?

vendredi 7 juillet 2017

Fatigue dystopique

Eh ben!

Je pensais pas que ça m'arriverait un jour, mais après presque deux ans à lire de manière intensive tout ce qui se publie au Québec et qui touche de près ou de loin à la science-fiction, au fantastique et à la fantasy, j'en viens à une conclusion :

J'suis tannée des dystopies!

Pourtant friande de romans noirs, plutôt cynique et pessimiste quant au sort de l'humanité, j'viens d'atteindre le stade où je suis tannée des histoires post-apocalyptiques!

... Ok, c'est probablement parce que je viens d'en lire plusieurs qui étaient mauvaises, maladroites, mal foutues, illogiques, simple prétexte à des huis-clos malaisants entre des personnages tordus et dépressifs dont on n'apprend jamais complètement le passé, avec des fins mal foutues, parce que l'auteur ne savait pas trop comment conclure.

... D'accord, le fait qu'un paquet d'auteurs de littérature blanche se soient mis à la dystopie dans les dernières années n'a sans doute pas aidé.

Mais tout de même, j'en ai un peu marre là.

Le pire, c'est que j'ai quelques classiques du genre dans ma pile de livres à lire. J'vois pas trop quand je vais trouver le courage de les ouvrir.

Et vous, est-ce que ça vous est arrivés de ressentir une écoeurantite aigue face à un genre ou un autre? Si oui, vous en êtes-vous remis? Après combien de temps? (Question que je réaménage ma pile de livres en conséquence...)

mercredi 5 juillet 2017

Dernière escale avant le 40

J'vais avoir 35 ans demain.

J'suis une des dernières de ma gang à pogner ce chiffre qui, semble-t-il, est significatif. Après tout, c'est la dernière escale avant le redouté 40. À 35, tu peux regarder la quarantaine du haut de ta mi-trentaine. Après ça, il ne te reste qu'à débouler la pente pis à atterrir plus ou moins élégamment dans l'âge mûr.

J'peux pas dire que ça m'affecte particulièrement.

Déjà, il reste juste Élisabeth Vonarburg pour m'appeler "jeune fille". Le reste du monde me donne du "madame" depuis longtemps.

J'ai une fille adorable, un mari merveilleux, une maîtrise qui se révèle plus utile que je l'aurais pensé, une ceinture noire qui s'empoussière un peu, quatre romans publiés, une trentaine de nouvelles, je fais ce dont j'ai toujours rêvé : écrire, j'ai gagné plusieurs prix, dont un très prestigieux...

Bref, j'accepte que ces réalisations aient demandé une couple d'années (imaginez : ce blogue à 8 ans!) et que je sois donc rendue à fêter ma mi-trentaine (et à teindre mes cheveux blancs).

J'espère qu'à mes 40 ans, j'aurai trois ou quatre autres romans à mon actif, ptêt un ou deux autres prix, que mes revenus auront augmenté... et que ma fille aura appris à respecter les consignes.

Oh pis que ma teinture maison suffira encore à camoufler mes cheveux blancs! :p

lundi 3 juillet 2017

Tranche de vie (20)

Tous les matins depuis que ma fille est en âge de manger autre chose que de la purée pour bébé, je lui demande "Veux-tu manger du pain ou des céréales ce matin?"

Évidemment, elle a eu une phase où peu importe ce qu'elle choisissait, elle voulait le contraire une fois qu'elle était servie. Cependant, deux matins sans déjeuner ont réglé le problème (n'appelez pas la DPJ : je lui servais une collation substantielle une heure plus tard). Mes tympans ont souffert et ma culpabilité maternelle aussi, mais ma fille a appris sa leçon : quand maman nous présente notre assiette, on mange ou on jeûne.

En fait, elle l'a tellement bien appris que l'autre matin, alors que j'étais sur le pilote automatique pré-café, j'ai servi des céréales à ma fille. Elle les a contemplées un moment, elle a pris une bouchée, puis elle m'a regardée et m'a dit :

- J'ai dit du pain, mais c'est correct maman.

Et tandis qu'elle s'employait à vider son bol avec appétit, ma mémoire à court terme a extirpé quelques mots des brumes matinales et m'a signalé que ma puce avait effectivement répondu "Du pain" à ma question habituelle. Oups! :p

vendredi 30 juin 2017

Bilan des projets et résolutions 2017 (2)

Cette année, je m'étais dit que j'essaierais de garder les yeux fixés sur mes "résolutions" (je devrais plutôt dire "objectifs") en cours d'année. Ça avait bien commencé, j'avais fait un bilan en février, mais rien depuis. Comme on est à la mi-année, ce serait sans doute le temps que je revisite tout ça. Voyons un peu...

 Cette année, mes objectifs sont :

1 - Compléter l'écriture de mes deux romans en cours

Héhéhé! Le premier a été complété (j'attends le verdict de l'éditeur) et j'en suis à plus de la moitié du second, ce qui veut dire qu'il devrait bientôt sortir de l'ornière bouetteuse (le moment de l'écriture où je suis persuadée que je suis nulle). J'ai calculé que depuis que ma puce est entrée en garderie (il y a un an et demi), j'ai écrit à peu près 100 000 mots, répartis entre trois projets longs et plusieurs projets courts. C'est pas beaucoup (une moyenne de 1500 mots par semaine, soit 500 par jour d'écriture), mais officiellement je ne travaille que trois jours par semaine et j'ai perdu plusieurs journées en animation scolaire, maladies, rendez-vous, vie sociale et autres empêcheurs d'écrire en rond, donc c'est quand même pas mal. Je veux améliorer la cadence, bien sûr, mais je ne suis pas fâchée de ce premier bilan.

 2 - Passer plus de temps avec mon chum

On y travaille, mais les gardiennes se font rares. Et la puce s'étant mise à résister au sommeil (c'est-à-dire qu'elle passe une heure au moins à chantonner dans son lit avant de s'endormir), ça nous scrappe un peu nos soirées. Les soupers tardifs avec un fond sonore de Ferme à Mathurin marmonné par une cocotte qui devrait être endormie, c'est pas super romantique et relayant. Enfin, pour nous éviter de trop nous enfermer chacun dans notre bulle, on s'est ajoutés une soirée "activités à deux" dans l'horaire de notre semaine. On a souvent juste une heure de tranquillité à partager, mais c'est mieux que rien!

3- Me remettre régulièrement aux arts martiaux

Depuis janvier, on s'entraîne une fois par semaine, environ 3 semaines sur 4. Pas encore intensif, mettons, mais c'est une amélioration par rapport aux années passées! :) Et bientôt, on sent que la puce pourra se joindre à nous. On a hâte!

 4- Développer mes contacts pour les animations scolaires

 Mes démarches ont porté fruit au-delà de mes espérances : j'ai été sélectionnée pour la tournée Lire à tout vent de Communication-Jeunesse (ce qui va m'occuper pendant une semaine en novembre), en plus d'être invitée dans plusieurs écoles! Cependant, je suis en train de découvrir que la gestion de tout ça bouffe beaucoup de temps.

5- Préparer du matériel pour donner davantage d'ateliers

Je n'ai pas cédé à l'appel du Powerpoint, mais j'ai réfléchi davantage à mes concepts et je les ai structurés un peu plus, ce qui a donné une animation sur le thème du détecteur de mensonges et l'embryon d'une animation relatant des contes japonais. Je mijote aussi divers concepts pour des ateliers d'écriture et des œuvres collaboratives. Ah et je me suis essayée au conte dans le cadre du Boréal et j'entends bien réitérer l'expérience.

6- Assurer la promotion de mes trucs qui sortiront dans l'année

Après le battage autour de la campagne de financement des Six Brumes, ça ralentit un peu... Mis à part que ma nouvelle Démonothérapie sera dans le prochain Solaris! :) Ensuite, l'été sera calme, puis je referai un effort d'auto-promotion en septembre, quand sortiront mes nouveautés aux Six Brumes.

Et vous, quels étaient vos objectifs pour l'année? Vous gardez le cap ou pas?

mercredi 28 juin 2017

Des contrats, des factures et du travail autonome

Après un mois de juin fort occupé en animations scolaires et contrats de rédaction divers, je remarque...

Que si je passe deux de mes trois journées "d'écriture" en animation scolaire, la troisième sert à gérer des courriels accumulés, remplir des formulaires de paiement et préparer des factures!

Que les contrats de rédaction, c'est toujours plus excitant comme concept (yé! je vais être payée pour écrire!) que dans la réalité (hum, je dois rendre clair et intéressant un dépliant traitant des politiques de santé et sécurité au travail à l'intention d'employés de bureau...).

Que pour encaisser le salaire de deux heures de rédaction, je dois compter au minimum quatre heures de mon temps, réparties ainsi : trente minutes pour me convaincre de m'asseoir devant mon poste, puis deux heures de rédaction entrecoupées par au moins une heure de niaisages divers sur Internet et une trentaine de minutes de pause-café.

J'en conclus...

Que je reçois vraiment beaucoup de courriel.

Que les commissions scolaires requièrent vraiment trop de paperasse.

Que je dois améliorer mes méthodes de travail en ce qui a trait aux contrats de rédaction! :p

Ou alors charger plus cher de l'heure! :p

lundi 26 juin 2017

Lexique du monde littéraire

À l'usage des néophytes, voici un petit lexique du monde littéraire. Quand un écrivain dit les phrases suivantes, ce qu'il veut vraiment dire, c'est...

Je suis en phase de recherche = Je me livre à un peu de procrastination légale.

Mon intrigue est bloquée = Je devrais me faire des plans mais je m'y refuse.

J'aurais besoin de faire de la recherche sur le terrain = J'suis dû pour des vacances.

J'haïs pas la page couverture finalement = Je la déteste purement et simplement.

C'est pour un futur roman = Je suis juste curieux.

Je débranche Facebook pour quelques jours afin d'écrire = Je vais découvrir Instagram et Snapchat.

Mes personnages font ce qu'ils veulent = Il me faut soit un plan, soit un psy.

Je manque de concentration ce matin = Je n'ai pas encore pris assez de café ou de thé.

J'ai écrit 10 000 mots aujourd'hui = Au secours, Gen planifie mon assassinat!

En avez-vous d'autres à suggérer? ;)

vendredi 23 juin 2017

Les temps changent

Aux dix-huitième, dix-neuvième et même au début du vingtième siècle, la personne qui se laissait aller à boire en compagnie d'inconnus courrait le risque de découvrir, le lendemain matin, qu'elle s'était enrôlée dans l'armée ou sur un navire marchant et venait de perdre le contrôle de sa prochaine année de vie (ou plus, hein, parce que la mortalité dans ces boulots-là était élevée).

De nos jours, après une soirée de Boréal légèrement arrosée en compagnie d'Alain Ducharme, vous pourriez vous découvrir en charge de la programmation du prochain congrès et perdre le contrôle de votre prochaine année de vie.

Heureusement, on me dit que le taux de mortalité est négligeable. :p

Profitez bien de la St-Jean!

Mais buvez prudemment!

mercredi 21 juin 2017

Meuhnon, y'a pas de recul

J'ai souvent dit (et encore plus souvent pensé) que la génération qui suit la mienne (disons ceux nés après 1990) sont plus "genrés" que les gens de mon âge. C'est sans doute la génération qui gueule le plus fort au sujet de la culture du viol, de l'égalité des sexes et tout le tintouin, mais en même temps, ce sont les femmes les moins à l'aise avec leur corps que j'ai vues, toujours préoccupées par leur image, par le jugement des autres, gênées de sacrer une bonne gifle (verbale ou réelle) au malotru qui se permet de leur pogner une fesse, rouges tomates lorsqu'elles doivent demander une serviette sanitaire à une collègue.

Plusieurs personnes m'ont dit que, meuhnon, je me faisais des idées. Que les filles de ma génération étaient juste tellement habituées au sexisme ambiant qu'elles ne le remarquaient pas.

Ah bon. Pourtant, j'ai pas l'impression d'avoir grandi avec beaucoup de sexisme. Petite fille, je lisais des bandes dessinées (créées dans les années 1970) de Yoko Tsuno et Valérian et Laureline (série qui s'appelait juste Valérian à l'époque, mais je l'avais même pas remarqué, parce que Laureline bottait des culs autant sinon plus que le héros éponyme! d'ailleurs, la série a été rebaptisée en 2007). Ces bandes dessinées mettaient en scène des filles à la fois féminines et badass, qui savaient user de charme et d'astuce autant que de force.

D'accord, d'un point de vue mathématique, il n'y avait pas encore énormément de personnages féminins dans les produits culturels. Cependant, ceux qui existaient déplaçaient de l'air. Et personne ne m'ayant dit que je n'avais pas le droit de m'identifier à un personnage masculin (après tout, je portais quasiment le même linge et j'avais les mêmes jouets que mes amis-pas-de-e), les héros masculins des autres bandes dessinées ne me posaient pas problème. Dans ma tête, je pouvais très bien taper sur des Romains en compagnie d'Astérix ou découvrir l'Ouest avec Lucky Luke.

En grandissant, je suis tombées sur les romans d'Élisabeth Vonarburg, d'Ursula Le Guin, de Marion Zimmer Bradley... et voilà, mon éducation aux genres (dans le sens féminin ou masculin, quoique dans le sens littéraire aussi) était faite. À un point où mon chum, quand on a commencé à sortir ensemble, a dû me ramener vers des positions plus égalitaristes et moins axées sur la supériorité féminine.

Valérian et Laureline vient d'être adapté au cinéma. Sous le titre Valérian.

Meuhnon, y'a pas de recul.

À quand "Vic et Pol", avec Yoko Tsuno comme personnage secondaire?

lundi 19 juin 2017

L'instant présent et le travail autonome

Avant d'essayer de vivre de ma plume (ou, enfin, d'avoir uniquement l'écriture comme revenu), j'avais encore une vision un peu bucolique de la vie d'écrivain.

Certes, je savais que je ne passerais pas mes journées à écrire en sirotant du café et du thé.

Je savais que je devrais aussi me livrer à beaucoup de recherches, accomplir une montagne de tâches ménagères (parce que je n'arrive pas à dresser mon linge pour qu'il se lave tout seul), m'entraîner, sortir pour donner des conférences, des ateliers, des animations, participer à des salons du livre ou des congrès, rédiger des textes de non fiction pour divers clients...

Mais je crois que je n'avais pas mesuré à quel point je serais continuellement en train de me projeter dans le futur! Qu'il me serait normal, en cette fin de juin, de jongler avec mon horaire du mois d'octobre prochain pour donner à deux écoles différentes des disponibilités pour des animations qui n'entrent en conflit ni entre elles, ni avec les jours de garderie de ma puce et/ou la disponibilité d'une éventuelle gardienne. Le tout, en sachant qu'il est bien possible, une fois septembre venu, que ces animations tombent à l'eau si le prof a changé de poste ou si la direction a changé d'idée ou si la commission scolaire n'obtient pas la subvention.

Qu'il m'arriverait, lors d'une semaine particulièrement chargée de juin (la semaine passée) de devoir terminer la lecture de deux services de presse, de trois romans pour un jury et du manuscrit d'une amie, tout en m'occupant de ma puce, donnant une animation scolaire et rencontrant un directeur littéraire. Tout ça, parce que je n'avais pas vraiment réalisé, en acceptant les divers projets, que toutes les dates de tombée surviendraient quasiment en même temps.

Ouf!

Les salariés qui ont le luxe de ne pas planifier plus loin que la fin de semaine suivante ne se rendent pas compte à quel point ils peuvent vivre dans le présent! :p

lundi 12 juin 2017

Pause et avance rapide

Blogue en pause pour la semaine, parce que ma vie semble sur "avance rapide" pis je sais plus où me garrocher.

Profitez de la pause pour participer à la prévente des Six Brumes si c'est pas déjà fait. (En passant, Jean Pettigrew, l'éditeur de Alire, fera la préface du manuel "Écrire et publier au Québec". Mettons qu'Isa, Carl et moi somme plus que ravis de voir que notre projet s'est mérité l'approbation d'un homme qui travaille depuis des décennies à créer un milieu dynamique pour les littératures de genre au Québec!)

Profitez-en aussi pour lire le feuilleton steampunk de Christian Sauvé, Pax Victoriana, sur la République du Centaure. Ça vaut le détour! (Enfin un auteur de steampunk qui a compris qu'on ne peut pas représenter l'époque victorienne si on essaie de gommer les classes sociales et les autres clivages sociaux-économiques si importants à l'époque!)

vendredi 9 juin 2017

Tranche de vie (19)

Ma fille est à une époque de sa vie où son âge et ses capacités cognitives semblent varier du tout au tout en l'espace de cinq minutes.

Par exemple, ce matin, après s'être assise toute seule sur son siège rehausseur, elle m'a dit :

Elle - Maman, je voudrais des céréales s'il-vous-plaît.

Moi - Bien sûr ma puce.

Je commence à préparer le bol de céréales, tandis qu'elle énumère, en pointant un doigt différent à chaque élément qu'elle mentionne :

Elle - Avec du lait, des céréales carrées, des raisins secs...

Et soudain, sans transition :

Elle - WAAAAAAAAAAAAAAAAHHHH!

Je me retourne brusquement en direction du hurlement. Ma fille est rouge tomate et continue de crier. De grosses larmes coulent sur ses joues.

Elle - WAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH!

Je me précipite vers elle.

Moi - As-tu bobo ma puce? T'es-tu mordue? Qu'est-ce qui se passe? Pourquoi tu cries?

Elle - WAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH!

Moi - Dis-moi ce qui se passe, sinon je peux pas t'aider. Utilise tes mots, ma chouette.

Elle- LAAAAAAAAAAAAAIIIIIT!

Ah, je commence enfin à comprendre ce qui se passe.

Moi - Tu veux du lait?

Elle - OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII!

Moi - Est-ce que tu peux le demander poliment sans crier?

Elle - WAAAAAaahh... *snif, snif* Du lait s'il-vous-plaît maman.

Y'a pas à dire, ça met de l'action dans une matinée! O.o

mercredi 7 juin 2017

Carpe diem, fleurs de cerisier, YOLO et autre zen

Quand, dans une animation scolaire portant sur la série Hanaken, on me demande ce qui m'a tant attirée dans la culture japonaise, je suis toujours un peu embêtée, car la réponse est triple :

Petite fille, ce sont les magnifiques kimonos qui me faisaient baver d'envie.

Adolescente, les arts martiaux et le concept de pouvoir me défendre moi-même m'a séduite.

Mais maintenant que je suis adulte, c'est plutôt la philosophie, l'art de vivre des samouraïs qui me touche profondément.

(Notons ici que dans tous les cas, ma passion pour le Japon est ressentie principalement envers leur civilisation ancienne. Le Japon moderne a ses bons côtés, mais sa société est plutôt aliénante.)

J'aime le fait que les samouraïs, en tant que groupe sinon en tant qu'individu, savaient que leur vie était aussi fragile qu'une fleur de cerisier. Ils ne se le cachaient pas, ne jouaient pas à cache-cache avec la mort. Ils regardaient en face la menace du trépas et vivaient chaque jour en sachant qu'il pouvait s'agir du dernier.

Il y a une nuance importante à saisir ici. De nos jours, on voit plusieurs personnes, sous prétexte de YOLO (You live only once) vivre comme s'il n'y avait pas de lendemain, pas de conséquence à l'endettement et aux excès en tout genre.

Les samouraïs ne vivaient pas chaque jour comme si c'était le dernier. Ils vivaient chaque jour comme s'il pouvait être le dernier. La possibilité de demain, de l'an prochain ou même du vieil âge n'était pas oubliée, mais leur philosophie les poussait à profiter de chaque instant, de chaque petit bonheur, au cas où il n'y en aurait plus d'autres. Leur quotidien étaient tissé de courts instants de contemplation.

En cela, ils se rapprochent des anciens Romains et de leur "carpe diem, quam minima credulum postero" (qu'on traduit souvent en français comme "saisis l'instant présent sans croire au lendemain", mais qui serait mieux traduit par "saisis le jour présent et fais une confiance minimale au futur"). Tiens donc, la civilisation romaine, mon autre passion historique!

Quand j'explique mes raisons philosophiques aux adolescents, ils me regardent souvent avec des grands yeux confus. Ils sont à l'âge où ils vivent naturellement le moment présent avec intensité. J'espère juste que certains d'entre eux retiendront mes paroles et que, plus tard, quand la course folle de la vie menacera de les emporter dans le tourbillon où on passe la journée à attendre les pauses, la semaine à attendre la fin de semaine, l'année à attendre les vacances, la jeunesse à attendre l'âge adulte et la vie adulte à planifier la retraite, ils se souviendront de l'auteure bizarre qui est venue leur parler un jour.

Et qui leur a raconté que, des fois, c'était important de s'arrêter pendant une minute, de prendre conscience d'un moment agréable (fut-il une première gorgée de café chaud, l'accolade d'une personne qu'on aime ou le parfum des fleurs), d'un coup que ce soit le dernier.

lundi 5 juin 2017

Retour sur mes réflexions mode (3)

Jusqu'à ce que je devienne prof au secondaire (et donc que je passe 8 heures par jour debout dans des souliers de "madame"), mes achats de souliers "propres" s'étaient toujours effectués de la manière suivante :

Étape 1 : Constater que mes souliers étaient vraiment pu regardables, même après un bon cirage.

Étape 2 : Trouver un modèle semblable à celui que j'avais déjà, au plus bas prix possible, et l'acheter.

Cette méthode a connu un renouveau le jour où, après avoir fini une journée d'enseignement en boitant, une collègue m'a expliqué que dans le domaine de la godasse, cheap voulait toujours dire moins confortable. Que ça ne valait pas la peine de payer un millier de dollars pour des chaussures, mais qu'une couple de centaines, investis dans une bonne marque comme Hush Puppies, Clarks ou Ecco, feraient une immense différence.

Hum... À ce moment-là, les seuls souliers que j'acceptais de payer plus que cinquante dollars, c'étaient mes espadrilles. Qui, tiens donc, étaient aussi mes seuls souliers qui ne me faisaient jamais mal aux pieds. Mais je n'avais pas le droit de les porter pour enseigner (maudit code vestimentaire!).

Forte des conseils de ma collègue, et de mon salaire de prof, je m'étais donc acheté rapidement une paire de sandales à talon haut Hush Puppies et des ballerines Ecco.

Les Hush Puppies ont rendu l'âme l'été dernier, à mon grand regret, après neuf ans de loyaux services. Les ballerines me servent encore fidèlement.

J'ai retenu la leçon. À présent, je n'hésite plus à payer un peu cher pour mes souliers. Après tout, je sais que cela leur assure qualité, confort et durabilité.

Enfin, la plupart du temps. Parce qu'on peut aussi tomber sur une marque réputée pour son nom, par un effet de mode.

C'est ce qui m'est arrivée l'an dernier. Je me suis achetée des bottillons à talons hauts Steve Madden, séduite par leur apparence classique (qui se marie très bien à ma garde-robe "capsule") et leur cuir de qualité... Ben aujourd'hui mes orteils, couverts d'ampoules, vous font dire que ce sont des souliers faits pour être regardés, pas pour marcher!!!

Maudite mode!

Le pire : j'ai pas vraiment le budget pour les remplacer... mais croyez-moi, au premier chèque inattendu qui rentre, ils vont prendre le bord!

vendredi 2 juin 2017

Certains écrivains se piègent-ils eux-mêmes?

Ma démarche artistique est centrée sur le conflit.

Le conflit d'un personnage avec un autre.

D'une communauté avec une autre.

D'un personnage avec lui-même.

Quand j'ai une idée d'histoire, je cherche où est le potentiel conflictuel dans mon idée et, voilà, je suis lancée!

Les conflits peuvent se résoudre de plusieurs façons : affrontement, négociation, compromission, abdication...

Bref, j'ai l'impression que je tiens une source d'inspiration assez riche. Parce que tous les types de personnage, dans tous les genres de récit, à toutes les époques peuvent tôt ou tard entrer en conflit. (Et s'ils ne le peuvent pas, ça constitue un conflit entre les attentes d'un lecteur au sujet de la nature humaine et l'univers du récit! :)

Mais dernièrement, je lis certains auteurs et je m'interroge... Est-ce que je suis simplement chanceuse d'avoir le cerveau qui s'illumine grâce à un thème aussi large que le conflit?

Parce que ces temps-ci (remarquez, j'suis ptêt juste pas chanceuse), il me semble que certains des mes auteurs préférés, des gens pourtant très talentueux (non, je ne les nommerai pas et non, c'est pas juste des Québécois), semblent tourner en rond. Leur nouveau roman contient le même genre de personnage que leur roman précédent, la même ambiance, quasiment la même structure narrative... Quand il s'agit d'une série de romans, passe encore (quoiqu'un moment donné je me tanne, car je ne suis pas imperméable aux clichés), mais quand on tente de nous faire croire qu'il s'agit d'un nouveau personnage, dans un nouvel univers, mais qu'au fond c'est la même histoire, là je décroche.

Cette semaine, au moment de refermer un livre terminé de peine et de misère, juste avant de me jurer de ne pas relire une histoire de cet auteur avant au moins 10 ans, j'ai eu un moment de doute.

Et si ces auteurs, que j'ai longtemps eu le réflexe de soupçonner de paresse, étaient piégés dans leur démarche artistique? Obligés d'écrire ce genre d'histoire, parce que c'est tout ce qui leur vient à l'esprit, tout ce qui leur met le feu aux neurones?

Est-ce que vous pensez que c'est possible? Que certains écrivains peuvent se piéger eux-mêmes dans leur source d'inspiration et leur démarche artistique? Qu'ils se retrouvent capable d'introduire des nuances dans leurs histoires, mais jamais de vrai renouvellement? Ou alors ils se copient volontairement eux-mêmes, persuadés d'avoir trouvé le bon filon? (Et en ignorant que le propre des filons, c'est de s'épuiser un jour ou l'autre?)

mercredi 31 mai 2017

Prendre le problème par le mauvais bout

Vous vous souvenez peut-être de cet éditorial d'Élisabeth Vonarburg sur la République du Centaure et des débats qui ont suivi (il y en a une partie dans les commentaires, les autres se sont échangés de vive voix ou par blogues interposés).

La position d'Élisabeth, à savoir que les œuvres de science-fiction contemporaines et originales étaient boudées par le jury du Jacques-Brossard parce que celui-ci n'était pas assez spécialisé et donc incapable de bien en comprendre les codes de la SF, me posait un problème.

Premièrement, je trouvais que c'était un brin condescendant envers les capacités de lecture et la culture littéraire desdits jurés.

Deuxièmement, je pense qu'une bonne œuvre de science-fiction, même si elle s'est construite sur un long héritage, peut (et doit) s'apprécier en elle-même. Donc la spécialisation du lecteur n'est pas nécessaire (à condition, évidemment, qu'il apprécie les œuvres de "genre", mais on sélectionne déjà le jury en ce sens).

J'ai personnellement l'impression que le problème avec les jurys n'est pas qu'ils ne comprennent pas les codes de la SF ou ne connaissent pas leurs classiques. Le problème, c'est que plusieurs membres, à l'image de la population en générale, ne sont pas insultés par la présence de clichés.

Donc, entre une œuvre très originale un peu lourde et une œuvre un peu clichée, mais très bien écrite, ils vont préférer cette dernière.

Est-ce l'influence de la télévision et des films (où on nous gave de séries, reboot, remake et autres suites) qui rend les clichés plus familiers et moins insultants? Est-ce parce que les lecteurs plus jeunes sont plus sensibles au style et recherchent moins le novum? Est-ce en lien avec l'absence d'innovation technologique importante dans les deux dernières décennies? (Si vous y réfléchissez bien, votre téléphone intelligent est un ordinateur hyper portable et rapide, d'accord, mais il a les mêmes capacités que les ordinateurs qui existent depuis la fin des années 90!) Peut-être leur a-t-on trop souvent répété "Tout a été écrit"?

Mystère!

Mais reste que j'ai l'impression qu'en mettant la SF à part, en insistant sur sa difficulté, on prend le problème par le mauvais bout. Les jurés n'écartent pas certaines œuvres de SF parce qu'ils ne les comprennent pas, mais plutôt parce qu'ils n'en perçoivent pas l'originalité et/ou n'y accordent pas beaucoup d'importance.

Et vous, dans quelle mesure accordez-vous de l'importance à l'originalité de vos lectures? Est-ce différent quand c'est une oeuvre de SF?

lundi 29 mai 2017

Tranche de vie (18)

Tout en mangeant son repas, ma puce contemple notre balcon arrière, qu'on voit très bien à travers la porte-patio. Soudain, elle pointe le doigt.

Puce - Regarde maman! Y'a plein d'étoiles d'araignées!

Je suis la direction indiquée. En effet, des arachniques industrieuses ont tendu d'énormes toiles entre les barreaux de la rambarde.

Dialogue intérieur 1 : Awwwwhhhh, des étoiles d'araignées! Tellement cute comme mot d'enfant! En plus, c'est vrai que les toiles ont un peu une forme d'étoile.

Dialogue intérieur 2 : Merde, ça veut dire que mon balcon grouille d'araignées. Beurk, je déteste ces bibittes-là depuis le jour où y'en a une grosse qui s'est prise dans mes cheveux. Je ne sors plus de l'été!

Puce - On peut aller les voir tantôt?

Dialogue intérieur 3 : Misère! Bon, j'veux pas qu'elle soit aussi peureuse que moi plus tard, alors j'vais bien m'attacher les cheveux, mettre des vêtements couvrant, parce qu'à la seule pensée de pattes d'araignée sur ma peau nue je veux hurler, pis on ira.

Moi - Bien sûr ma chérie.

Qu'est-ce qu'on ferait pas pour nos enfants, hein?

Constatation après la sortie d'observation des araignées : ma fille aime les araignées parce qu'elle a compris que les araignées mangent les mouches.

Et elle a une peur bleue des mouches!

O.o

(Quand y'a des gens qui me demandent ce qu'être maman m'apporte en tant qu'écrivaine, cette anecdote est un bon exemple : avant d'avoir ma fille, je n'aurais jamais pensé qu'un enfant pouvait avoir peur des mouches... mais adorer faire semblant d'être poursuivie par un monstre!)

vendredi 26 mai 2017

Scène de bureau (42)

Je viens de passer deux grosses journées à rédiger une communication interne pour un organisme qui comprend le mot "du Québec" dans son nom (j'vous en dit pas plus : mes clients corporatifs ont droit à leur anonymat). C'était un contrat pas facile, parce qu'il fallait être à la fois informatif et léger, mais je pense m'en être bien acquittée. En tout cas, c'est ce que me dit ma cliente par courriel, avant d'insister pour qu'on se parle au téléphone...

Cliente, au bout du fil - C'est super le texte! C'est clair et j'ai ri!

Moi - Merci!

Cliente - Y'aurait juste deux ou trois petites choses à changer.

Moi - Bien sûr, dis-moi.

Cliente - Vois-tu, on a engagé une correctrice pour toutes nos communications à grand tirage. C'est tout nouveau. Elle est avec moi en ce moment, je te mets sur les haut-parleurs. Elle s'appelle Réviseure, dis-lui salut!

Dialogue intérieur : Oh oh. Il y a réviseur et réviseur. Quelle genre de bibitte ont-ils engagé?

Moi - C'est une bonne idée ça, d'engager une pro pour la correction. Salut Réviseure!

Réviseure, d'une voix lointaine - Salut!

Cliente - Elle nous suggère quelques corrections dans ton texte.

Moi - Pas de problème, lesquelles?

Cliente, d'un ton trop mesuré pour être totalement honnête - Quelques coquilles et fautes d'accord et puis... Ben elle voudrait que tu enlèves deux anglicismes.

Moi - Ah? J'en ai mis? Ça se peut, hein, ça se glisse partout. C'est quoi?

Cliente, après s'être raclé la gorge- Fin de semaine et per diem.

Moi, m'étouffant presque de rire - Pardon?

Cliente, peu à peu gagnée par mon hilarité - Fin de semaine et per diem seraient des angli... Ok, non, je ne peux même pas prononcer cette phrase-là. Désolée, Réviseure. On est les Trucs Muches du Québec après tout.

Réviseure, d'une voix lointaine - Oui, mais non, mais weekend et allocation journalière sont...

Je me peux pu tellement je ris. Pauvre réviseure ne sait pas que sa nouvelle patronne a un parti pris pour la langue d'usage.

Moi, les larmes aux yeux - Alors, vous voulez que je fasse les corrections?

Dans un roman, je refuserais catégoriquement, mais pour un texte corporatif qui ne portera même pas mon nom, pourquoi pas?

Cliente - Non, j'voulais juste que Réviseure ait ta réaction en direct. On va s'arranger!

Moi - Bonne fin de journée à toutes les deux! Bon courage, Réviseure!

Désavantage du travail à la maison : j'aurais aimé voir la tête de la pauvre fille.

Avantage : j'aurais ptêt pas ri autant si je l'avais eue en face de moi. Là j'ai rigolé toute seule pendant le reste de la journée. (Pis après je suis tombée sur un statut Facebouette de L'Insolente Linguiste qui riait de la même affaire! Soit c'est de la synchronicité, soit elle connaît Réviseure!)

mercredi 24 mai 2017

La maladie mentale, c'est pas fantastique

Voilà deux livres que je lis et qui se réclament d'une étiquette "fantastique".

Or, après les avoir refermés, je dois constater que cette étiquette est fausse. Il n'y a pas de fantastique dans ces histoires. Tous les éléments étranges ou hors de l'ordinaire s'expliquent par la maladie mentale d'un personnage, qui fausse ses perceptions.

Et on est pas dans certaines (excellentes) histoires d'Ariane Gélinas (ou de Lovecraft ou d'autres) mettant en scène un personnage déjà fragile qui dérape complètement quand un élément surnaturel survient. Non, dans ces romans, pour tous les gens entourant le personnage malade, rien de fantastique n'arrive. Ils ne voient qu'un malade, manipulé par ses visions, ses illusions, ses tourments. L'auteur prend la peine d'écrire quelques chapitres finaux pour nous le confirmer : tout s'est passé dans la tête du personnage.

Je trouve ça infiniment triste comme situation.

Triste en tant que lectrice de fantastique qui se fait spolier en découvrant, à la fin d'un bon roman, que tous les éléments intéressants n'existaient pas. (C'est la version "psychiatrique" de la chute "ce n'était qu'un rêve" qu'on déteste tous passionnément).

Mais triste aussi en tant que personne qui a vu de près des cas de maladie mentale. La maladie mentale, c'est pas fantastique. C'est pas du fantastique.

C'est réel.

Alors si vous ne l'utilisez pas dans le cadre d'une vraie histoire de genre, mettez-la donc dans le bon rayon et sous la bonne étiquette!

...

Bon, cette montée de lait ayant été faite, je vous signale qu'un petit bonus vient de s'ajouter pour les participants de la prévente des Six Brumes : au cours de l'année 2017, vous aurez droit en exclusivité à l'une de mes nouvelles inédites.

Il s'agit d'un texte de fantasy humoristique, un genre d'hommage à Terry Pratchett décédé cette année-là, qui a vu le jour en atelier. La consigne était de prendre notre histoire et de changer l'une des caractéristiques principales du personne central. Un homme devenait femme, un vieux devenait jeune et mon épée intelligente devenait... Bah, participez à la prévente et vous verrez bien! ;)

vendredi 19 mai 2017

Prévente 2017 - Le Cirque des Monstres déploie son chapiteau!

La prévente 2017 des Six Brumes bat son plein. Déjà, les premiers objectifs sont atteints : les livres pourront être imprimés (hourra!) et Horrificorama sera même illustré et doté d'une préface par Patrick Sénécal (youpi!).

À partir de maintenant, chaque dollar récolté durant la prévente participera à la stabilité financière des Six Brumes (yeah!), au paiement des auteurs (joie!) et à l'obtention de quelques bonis pour les participants (c'est à votre tour de vous exclamer, parce que je manque d'interjection là!), notamment des affichettes tirées des couvertures des livres.

Si vous voulez un avant-goût d'Horrificorama, des extraits des textes ont été publiés ici par les Six Brumes (avertissement : je m'abstiendrais de les lire en mangeant...)

Isa, quant à elle, nous jase sur son blogue de la genèse du projet Écrire et publier au Québec. Ainsi que de la genèse d'Horrificorama. (Si 2017 a été l'année où je sortais de ma zone de confort, ça a aussi été l'année où les projets d'Isa voyaient le jour!)

Et il paraît que la République du Centaure fera une annonce me concernant au début de la semaine prochaine. Je ne vous en dit pas plus, mais je vous invite à aller lire la première partie du feuilleton steampunk de Christian Sauvé. Ça n'a pas de rapport avec moi, mais ça promet!

Si ce que vous découvrez avec tous ces liens vous enchante et/ou vous intrigue, n'oubliez pas de contribuer à la prévente!

Ces beaux projets carburent à la passion, mais cette devise n'est pas encore acceptée dans les épiceries! (c'est pas faute d'avoir essayé...) :p

mercredi 17 mai 2017

Parlons d'appropriation culturelle

Au Boréal, les mots "appropriation culturelle" ont été prononcés comme ça, en passant, au détour d'une table-ronde, mais la question est rapidement devenue "Peut-on écrire au sujet d'autres cultures que la nôtre?"

Question qui a évidemment reçue un "oui" unanime. Aucun auteur (surtout pas un auteur de SFF) ne veut limiter son imaginaire à sa réalité de Blanc francophone éduqué vivant au 21e siècle!

La semaine suivante, une "bombe" portant sur le même sujet a explosé dans le milieu littéraire canadien-anglais. Dans un numéro spécial d'une revue, numéro portant sur les auteurs autochones, l'éditeur a nié l'existence du problème de "l'appropriation culturelle", disant qu'écrire au sujet des autres cultures, ça devrait se mériter un prix. Qu'on devrait inventer le "Prix de l'appropriation culturelle".

Hum... Parlez-moi d'un éditeur qui aurait dû demander à quelqu'un de l'éditer! Il a dû remettre sa démission.

Pourquoi? Parce que, comme nous l'avons un peu fait au Boréal, il a mélangé deux problèmes.

L'appropriation culturelle, ce n'est pas le fait pour un auteur X appartenant à une culture Y d'écrire au sujet d'une culture Z. Ça, c'est un "emprunt culturel" ou, tout simplement, de la liberté artistique et de l'ouverture aux autres.

L'appropriation culturelle, c'est quand l'auteur X provient d'une culture Y qui a colonisé, dominé et écrasé la culture Z et que, dans son oeuvre, l'auteur X emprunte des éléments à la culture Z en les caricaturant, les dénaturant, en niant leur provenance ou en méprisant leur culture originale.

Donc...

Un Québécois qui, après des recherches minutieuses, écrit une histoire d'un Indien qui immigre à Montréal pour enseigner le yoga et ouvrir un resto de poutine, en un genre de Mange, prie, aime inversé = pas de problème. (Le Québec n'a jamais colonisé l'Inde).

Une Québécoise qui, après des recherches minutieuses, écrit une série de roman sur la réalité des adolescents au Japon en l'an 1550 = pas de problème non plus (et même un prix remis par l'ambassade du Japon... mais d'où est-ce que je tire cet exemple, hein? ;)

Un Québécois qui, sans trop faire de recherches, écrit l'histoire d'un Amérindien ivrogne qui s'arrange pour exploiter le système gouvernemental et porte des plumes pour aller à l'épicerie = gros problème (cliché réducteur et méprisant, par un descendant des oppresseurs originaux).

Et un Québécois qui, après des recherches minutieuses, écrit l'histoire d'une jeune Amérindienne qui, surmontant les problèmes sociaux vécus sur sa réserve, s'installe à Montréal pour étudier et devenir enquêteuse de la SQ = ... euh...

Voyez-vous, c'est avec ce troisième exemple qu'on touche au côté épineux de la notion d'appropriation culturelle. Personnellement, je n'y verrais pas de problème et, même, pour peu que le roman soit bien fait dans ce sens, j'aurais tendance à saluer l'intention de l'auteur de mettre en lumière la réalité difficile des Amérindiens et de s'éloigner des clichés les concernant. Cependant, certains chantre de l'appropriation culturelle pourraient lui en vouloir en disant qu'il parle à la place d'une minorité historiquement muselée ou qu'il exploite leur misère et leur histoire et leur culture pour faire de l'argent (enfin, dans la mesure où l'écrivain fait de l'argent...).

Je comprends en partie la critique, mais en même temps, elle me semble faire fi d'une tendance en sociologie des médias (observée autour de la montée d'Obama en politique) : le fait qu'en donnant de la place à un groupe social dans des fictions, on finit par habituer le public à leur présence dans la réalité. Donc, plus on dépeint avec respect et positivisme un groupe social victimisé et dévalorisé, plus on a des chances de l'aider à améliorer son sort. On ne serait donc pas en train de prendre la place de quelqu'un et de l'empêcher de parler, mais plutôt de lui tendre la main pour qu'il monte sur l'estrade et prenne le micro... (Je ne sais pas pour vous, mais moi quand je lis des nouvelles horribles et déprimantes et peu diffusées, j'ai tendance à penser "Je devrais écrire un roman là-dessus pour attirer l'attention des gens").

Toutefois, ce n'est pas toujours perçu ainsi. Et certaines communautés se méfient des mains tendues. En fait, même mon premier exemple, celui avec l'Indien, pourrait être mal perçu par certaines personnes, car si les Québécois n'ont pas exploité l'Inde, les Blancs l'ont fait, l'Occident l'a fait...

Personnellement, je ne sais pas trop où je me situe dans cette zone grise et épineuse. Je comprends que certains créateurs issus de communautés culturelles pourraient prendre ombrage d'un roman de ma plume qui parlerait de leur culture si mes écrits recevaient plus d'attention que les leurs (on est tellement dans l'hypothétique ici que c'est quasiment de la SF!). Cela dit, je ne pense pas que je doive, parce que je suis une hétérosexuelle Blanche occidentale cisgenre de classe moyenne m'empêcher d'explorer d'autres réalités que la mienne (si je ne peux pas donner une voix à ceux qui n'en ont pas, ça me donne quoi d'être éduquée et privilégiée?!?) Je pense que l'important c'est toutefois, lorsqu'on met en scène des cultures qui ne sont pas la nôtre, de se documenter le mieux possible et de faire preuve de respect.

Oh et de ne pas nier l'existence de l'appropriation culturelle et de l'insulte ressentie par certaines personnes! En cas de problème, on s'excuse, on demande ce qu'on a écrit d'inexact et on rectifie le tir la prochaine fois!

Enfin, c'est la voie que je me propose de suivre. Et vous, connaissiez-vous ce phénomène d'appropriation culturelle? Si non, il y avait un article dans La Presse hier qui résume l'affaire canadienne-anglaise et les différents concepts. Qu'est-ce que vous en pensez? Est-ce que ça remet vos écrits en question? Est-ce que, dorénavant, vous hésiterez à vous inspirer d'une mythologie étrangère ou d'une culture peu connue pour nourrir vos imaginaires?

lundi 15 mai 2017

Ma mère était...

En ces lendemains de fête des mères, je vois beaucoup de statuts Facebook et de billets de blogue où les gens écrivent des lettres d'amour à leurs mères. Vantent leurs mérites, leurs sacrifices, leur amour inconditionnel.

Chaque fois, j'ai un malaise. Parce que je ne pourrais pas écrire ce genre de texte. En partie parce que ma mère n'est plus là pour les lire. Mais en partie parce que je ne reconnais pas ma mère dans ces portraits.

Ma mère était une femme magnifique. Preuve à l'appui :

Photo prise en février 2007, lors de mon mariage. Elle avait 51 ans. 

C'était une vraie rousse, avec la peau de lait qui va avec. Elle était grande, avec un petit buste, le nez long et droit, ainsi que de magnifique yeux noirs qui contrastaient avec son teint pâle. Si je devais la décrire en un seul mot, ce serait "racée", élégante.

Et pourtant, elle se détestait.

Je ne me souviens pas d'elle autrement que mince, mais elle ne l'était jamais assez à son goût. Alors elle s'imposait une interminable série de régimes et d'exercice, puis se regardait dans le miroir en soupirant de découragement, les mains sur sa petite bedaine basse qui ne voulait pas disparaître. Elle s'est payée une liposuccion parce que sa culotte de cheval la dérangeait encore plus que sa bedaine. Après, elle n'était toujours pas satisfaite de sa silhouette, trouvant que la disparition de son surplus de cuisse faisait ressortir ses hanches trop larges.

En voyant la photo ci-dessus, elle s'était plainte de ses dents croches et jaunes. De ses rides.

Elle était toujours malheureuse. Ne se sentait jamais assez belle, assez instruite, assez performante, assez riche, assez indépendante, assez soutenue, assez aimée. Elle n'était pas parfaite et ne l'acceptait pas. Elle a fait deux dépressions, pris des médicaments, suivi des thérapies.

Elle nous mettait beaucoup de pression à ma sœur et à moi pour qu'on soit mieux qu'elle. Plus belles, plus instruites, plus indépendantes, plus performantes. Régimes, discours interminables sur l'importance des études et de ne pas dépendre d'un homme pour vivre (et ce, même avant qu'elle et mon père divorcent), mises en garde au sujet du fardeau de la maternité, etc.

Un ACV massif l'a frappée à 52 ans. Six mois après la photo ci-dessus. Elle a survécu, mais elle n'a jamais été la même ensuite. Si elle ne s'acceptait pas avant, vous pouvez deviner qu'après, ce fut catastrophique. Elle est décédée accidentellement 4 ans plus tard, mais elle avait perdu le goût de vivre depuis longtemps.

Il y a des jours où je me demande si elle l'avait déjà eu.

Sa maladie, puis sa mort m'ont secouée. Pas immédiatement, outre la peine normale d'un tel deuil, mais peu à peu. J'étais entrée moi aussi dans la course à la performance. Je mettais des vêtements chics, des bijoux et du maquillage pour aller travailler. Je pensais à la chirurgie plastique pour régler quelques défauts. Je voulais tout faire moi-même dans tous les domaines et je pestais lorsque ça ne fonctionnait pas. Je n'avais pas bien performé comme enseignante au secondaire, mais je refusais l'idée de finir mes jours derrière un bureau de secrétaire juridique ou de crever de faim en tant qu'artiste...

Puis je me suis rendue compte de ce qui se passait. J'étais en train de me rendre malheureuse. Toute seule, sans raison.

J'ai décidé de renverser le courant. D'accepter d'être moi. De me trouver belle, malgré ma dent croche et de mes autres défauts que vous voyez ou pas. De me trouver performante et indépendante, même si, techniquement, je ne gagne pas ma vie. De demander de l'aide au lieu d'attendre qu'on m'en propose.

C'est un long processus. Il y a parfois des rechutes. Parce que je ne suis pas parfaite. Mais je fais de mon mieux.

Pour ma fille. Pour qu'elle puisse un jour écrire à quel point sa mère est une femme magnifique et aimante.

C'est dur d'aimer les autres lorsqu'on ne s'aime pas soi-même.

Moi je t'aimais très fort, maman. Bonne fête des mères.

vendredi 12 mai 2017

Cervelle d'écrivain (9)

Ma cervelle d'écrivain est un drôle d'endroit qui abrite, en plus du subconscient, des souvenirs, des émotions et du Moi conscient rationnel qui tient les commandes, une Muse qui s'ingénie à foutre le bordel. Comme l'autre jour...

Muse - Bon matin, Gen! Sais-tu quoi? J'ai une super idée pour une histoire policière!

Moi conscient rationnel - Ok, je vais la noter, mais je te préviens : tu m'as déjà donné deux romans policiers complets, alors le temps que j'arrive à écrire ta nouvelle idée, ça va être long.

Muse - Oh, mais c'est pas un roman celle-là, c'est une nouvelle.

Moi - Ah ah! Elle est bonne. Je ne fais plus de nouvelle policière : y'a plus de revue pour les publier.

Muse - Pas grave, tu vas vouloir l'écrire dès que je te l'aurai dite.

Moi - C'est ça, c'est ça.

Muse - J'en suis sûre.

Moi - Écoute, c'est pas que t'es pas intéressante, mais des idées géniales, t'en as deux par semaine. Alors c'est pas comme si je manquais de boulot.

Muse - Tu veux parier?

Moi - Si je veux parier que je saurai résister à la tentation d'écrire une nouvelle qui n'a aucun espoir de mise en marché au lieu des romans sur lesquels je travaille déjà? Bien sûr, qu'est-ce qu'on parie?

Muse - Une seconde nouvelle.

Moi - Grmmmpfff... Bon, ok, pourquoi pas. De toute manière, tu vas perdre. Alors, c'est quoi ton idée?

Muse - C'est (explication de l'idée).

Moi (ravi par l'idée, mais fâché d'avoir perdu) - Merde!

Muse (satisfaite) - Je te l'avais dit.

Moi - Alors je te dois deux nouvelles, c'est ça? Celle-là et une autre? Le truc de SF je suppose?

Muse - Ouais.

Moi (faisant contre mauvaise fortune bon cœur) - Ok, donne-moi le temps de terminer mon projet en cours et je m'y mets.

Muse - Yé! J'aime ça quand je gagne contre toi. Et, d'ailleurs, ça me donne une autre idée (explication de l'autre idée).

Moi (exaspéré) - Ah non! Là, t'es gentille, pis celle-là t'en fais un billet de blogue, d'accord? De toute manière, l'écrivain qui s'obstine avec lui-même, ça fait longtemps que c'est plus original!

;)

mercredi 10 mai 2017

Comment savoir si vous êtes perdus

À la suite d'une conversation sur Facebook avec des amis (et de la fin de semaine passée à Québec), j'ai eu l'idée de ce petit guide :

Comment savoir si vous êtes perdus en quelques questions faciles

1- Suis-je avec vous?

Oui? Ouille, ça part mal : je me perds très souvent.

Non? Vous n'êtes probablement pas perdus. L'expérience a démontré que 99% de la population se perd moins souvent que moi.

2- Est-ce que je sers de guide?

Oui? Oh oh... (Mais à quoi avez-vous pensé?)

Non? Tout va bien alors, mais soyez gentils : assurez-vous que je demeure avec le groupe, sinon je ne vous retrouverai sans doute jamais.

2- Sommes-nous au centre-ville de Montréal, dans le Montréal sous-terrain ou dans l'une des trois villes de la Rive-Sud où j'ai vécu?

Oui? Si nous sommes perdus, ça devrait être seulement temporaire, parce que je connais ces coins-là suffisamment pour me retrouver. Par contre, ne vous attendez pas à prendre le chemin le plus court. (Comme peuvent en témoigner toutes personnes non munies d'un GPS ayant proposé de me reconduire chez moi.)

Non? Là, ça va mal.

3- Est-ce que j'ai un plan dans les mains?

Oui? Il y a encore de l'espoir. Pour des raisons de survie, j'ai appris à lire un plan.

Non? Commencez à essayer de repérer un passant, un poste de police, un commerce ou tout autre manière de demander votre chemin.

4- Est-ce que je viens de dire "me semble que c'est par là"?

Oui? Vous êtes perdus.

Non? C'est parce qu'on est rendus à Oz, Narnia, Fillory ou autres dimensions apparentées!

lundi 8 mai 2017

Boréal 2017 ou l'art de mettre la pédale douce

Jeudi matin, tout en faisant mes valises, j'ai préparé mon itinéraire pour le Boréal. J'avais tellement d'activités, disséminées entre deux lieux (le monastère des Augustines et la Maison de la littérature, deux superbes établissements), que je voulais être sûre de ne rien oublier.

Et là, ça m'a frappée : il y en avait trop.

Mon horaire d'activités obligatoires étaient tellement chargé que je n'aurais pas le temps d'assister à des tables-rondes données par d'autres, de jaser avec des amis, d'aller manger tranquillement (ni même de manger tout court certains jours!), bref, de me ressourcer et de m'inspirer. En plus, je venais de passer une semaine difficile côté sommeil (car ma puce a donné sa suce au Roi Lapin et l'a cherchée souvent au milieu de la nuit lorsqu'un cauchemar ou un bruit la réveillait), alors je manquais déjà d'énergie.

Par les années passées, j'ai toujours quitté le congrès avec des nouvelles idées et une pulsion créatrice renouvelée. Mais là, je regardais mon horaire et je sentais que je finirais le congrès vidée, ayant passé mon temps en représentation plutôt qu'en réception.

Évidemment, vu mon statut d'invitée, il était hors de question que j'annule mes participations à des tables-rondes ou au maltraitement de texte. Après tout, je devais contribuer à l'animation du congrès! (Même si, étant donné ma performance médiocre au maltraitement de texte, j'aurais ptêt pu m'absenter finalement! lol!)

Par contre, rien ne m'empêchait de mettre la pédale douce du côté des classes de maître et du marathon d'écriture. J'éliminais une source de revenu potentielle (le marathon), mais je retrouvais ma flexibilité d'horaire et ma tranquillité d'esprit.

C'est donc ce que j'ai fait. Tout en riant un peu de moi-même : surcharger un horaire sous prétexte de gagner un peu plus d'argent, c'est un comportement de carriériste ça, pas celui d'une écrivaine qui a lâché son boulot alimentaire pour s'occuper de sa fille et de son écriture! :p

Suite à cette décision, j'ai passé une excellente fin de semaine. J'ai pu jaser (beaucoup) avec des amis précieux que je ne vois pas souvent ou, à tout le moins, les saluer (et baver d'envie devant les corsets colorés d'Ariane!). J'ai survécu aux redoutables cadres de porte du monastère (en fait, j'ai pas compris de quoi les gens se plaignaient, faut croire que ça m'a passé au-dessus de la tête :p ) et j'ai livré ma seconde performance de conte à vie (devant Éric Gauthier, parce que, hé, j'allais quand même pas me donner ça facile).

Aujourd'hui, je me sens revigorée, prête à entamer 22 projets à la fois!

Par contre, je pense que j'ai oublié ma voix à Québec. Si quelqu'un la retrouve, prière de me la rapporter! :p

vendredi 5 mai 2017

Le Chasseur a un nouveau nom!

Dans ma novella Le Chasseur, je racontais l'aventure d'un champion d'arts martiaux mixtes devenu aveugle, Hugues "Le Chasseur" Dussault.. en prenant le point de "vue" de l'aveugle pour la narration (exercice de style qui m'a donné bien des maux de tête!).

Eh bien, je dois admettre que je me suis trompée de nom. Le Chasseur, comme le démontre cet article paru dans La Presse, aurait dû s'appeler Yves Tougas.

C'est fascinant d'inventer quelque chose de toutes pièces en extrapolant à partir de notre compréhension de la réalité (je ne voyais pas pourquoi le fait de ne pas voir empêcherait un combattant professionnel de continuer à pratiquer sa discipline) et de découvrir qu'on a vu juste! :)

Par contre, le vrai Chasseur est encore plus fort que le mien : il a appris à se battre APRÈS être devenu aveugle.

PS : Si jamais vous avez pas lu Le Chasseur, il en reste des copies en vente et on l'a même en format électronique.

PPS : Je suis dans le bus en direction de Québec, alors à lundi!

mercredi 3 mai 2017

Prévente 2017 et autres nouvelles

La prévente 2017 des éditions des Six Brumes est lancée!

Elle compte quatre ouvrages cette année, outre la République du Centaure (notre webzine mensuel), c'est à dire : le roman réaliste par fragment Vivre de l'auteure Jeanne Lessard (roman gagnant du concours "Sors de ta bulle" qui permet à certains jeunes des écoles secondaires de la région de Sherbrooke de vivre une première expérience d'écriture et d'accompagnement professionnel), le roman de science-fiction érotique La Ruche de Michèle Laframboise (aussi connue comme la Savante Folle), ainsi que deux ouvrages auxquels j'ai participé, Écrire et publier au Québec - les littératures de l'imaginaire coécrit avec Isa et Carl (donc je vous ai déjà abondamment parlé), ainsi que Horrificorama, un recueil comptant 15 nouvelles d'horreur en tout genre, écrites par 15 auteurs dont les noms vous seront familiers si vous fréquentez ce blogue une fois ou deux par an! :p

Je vous ai peu parlé d'Horrificorama, car le projet, piloté par Pierre-Alexandre Bonin, est resté longtemps en chantier. Ce n'était pas évident de coordonner 15 auteurs différents, ni de s'assurer que tous les types d'horreur seraient couverts dans le recueil! Mais je crois que c'est réussi. Personnellement, je me suis donné le défi de revisiter une créature des histoires d'horreur classiques et de travailler plutôt dans le registre de l'ambiance angoissante que de l'horreur pure. Vous me donnerez vos impressions quand vous l'aurez lue, car je sortais, encore une fois, de ma zone de confort!

(Coudonc, c'est mon thème cette année... Entk, entre le recueil d'histoires d'amour et le recueil d'histoires d'horreur, si jamais quelqu'un me dit qu'il ne m'a pas lue parce que je ne pratique pas "son genre de littérature", je pourrai lui dire qu'il est de mauvaise foi! lololol!)

À part ça, mon éditrice vient de m'apprendre que Hanaken I devrait être réimprimé sous peu! :) Pas pire pour un livre publié en 2011! :D (Et qui a mystérieusement disparu du site de Prologue, qui nous assure que c'est un bug et qu'ils en ont toujours en stock). J'suis toute heureuse : ce sera ma première réimpression! :) *insérez ici un smiley qui fait une danse de la joie*

Vendredi, je pars pour Québec et le congrès Boréal, auquel je participerai pour la première fois en tant qu'invitée! *autre smiley tout heureux qui fait des steppettes* Comme je me suis inscrite à deux classes de maître, que je participe au maltraitement de textes, que j'anime deux activités le dimanche, puis que j'irai au marathon d'écriture, je crois que j'aurai mon horaire de congrès le plus chargé à ce jour! (Ok, c'est pas dur, d'habitude je passe 50% du congrès à jaser dans les couloirs... :p )

Alors si vous voulez qu'on s'y voit, écrivez-moi, on s'organisera quelque chose. Parce que je vous préviens tout de suite : ne me cherchez pas le dimanche lors de la remise des prix. Dans le plus grand respect de ma tradition personnelle lorsque les congrès se tiennent à Québec, je vais avoir filé à l'anglaise avant le début de la cérémonie de clôture, histoire d'accrocher le bus de 14h30 et d'être chez moi assez tôt pour embrasser ma puce avant de la mettre au lit. (Pourquoi cet empressement? Ben, de un, je vais m'être ennuyée de ma famille, et, de deux, trois jours sans maman, pour ma petite puce de même pas trois ans, c'est déjà pas mal long, alors je vais éviter de lui donner l'impression que ça s'étire sur encore plus longtemps!)

lundi 1 mai 2017

Le masculin est le nouveau neutre

Tandis que je cogitais pour écrire le dernier billet (mais qu'il n'était pas écrit et donc qu'on ne m'avait pas encore proposé la "règle de proximité" qui, tant qu'à moi, règle 90% des vexations actuelles du français), tandis que je cogitais, donc, sur la supposé nécessité de la création d'un nouveau genre neutre en français, j'en ai jasé à mon chum.

Celui-ci en appliquant sa logique de programmeur (quand on doit changer quelque chose d'établi, on essaie de réduire au maximum les impacts sur les manières de faire existantes, en réutilisant les structures en place) m'a proposé l'option suivante :

Puisque le masculin est déjà entré (plus ou moins volontairement) dans l'usage comme option neutre par défaut, pourquoi ne pas rebaptiser ce masculin en "neutre" et créer un genre exclusivement masculin, à réserver pour les occasions où on veut bien marquer le genre d'une personne ou d'un animal?

On aurait en prime l'avantage de faire disparaître tout l'héritage misogyne des textes antérieur à l'époque de l'égalité des sexes : une fois les locuteurs habitués à ce nouveau masculin, ils verraient les usages de l'ancien masculin comme une neutralité englobant les deux sexes et ne permettant pas de présupposé une majorité masculine ou féminine dans aucun métier, groupe social, etc.

(Cette partie fait dresser les cheveux de l'historienne en passant, mais bon...)

L'idée de mon chéri m'ayant inspirée, j'ai décidé de réfléchir un peu à la forme que ce nouveau masculin pourrait prendre.

Le e et le a étant souvent des lettres associées au féminin, et le i de il devant une marque du neutre, j'ai élu le o comme lettre sonore signalant le nouveau genre masculin et le h comme lettre muette.

Vous vous demandez ce que je veux dire par là? Disons qu'avec mon nouveau genre, les déclinaisons donneraient :

il est confus
elle est confuse
ollo est confuso
ils sont confus
elles sont confuses
ollos sont confusos

il est tombé
elle est tombée
ollo est tombéh
ils sont tombés
elles sont tombées
ollos sont tombéhs

De même, pour les déterminants et les noms, on obtiendrait :

mon, ma, mo, mes
son, sa, so, ses
le, la, lo, les
un, une, uno

auteur, auteure, auteuro
acteur, actrice, actro
chanteur, chanteuse, chantro (ou chanteuro, mais c'est laitte...)
poète, poétesse, poèto
étudiant, étudiante, étudianto

petit, petite, petiot (tsé, ça existe déjà, réutilisons)
grand, grande, grando
beau, belle, bel (qui deviendra sans doute bello avec le temps...)

Nos années d'entraînement à utiliser l'ancien masculin en tant que neutre devraient nous aider à ne marquer le genre des mots qu'en cas de nécessité (et donc éviter de parsemer le langage de "o" étranges).

Et on ne lira plus des syntaxes pointées et des parenthèses inutiles sur les blogues militants et les journaux féministes! (Enfin, à condition que les féministes ne considèrent pas que ce nouveau masculin est une autre victoire injuste des hommes...)

Pis avant que vous en parliez : non, j'ai pas réfléchi à tout ça juste pour le plaisir et, oui, je compte utiliser ce nouveau masculin dans une nouvelle! :p

vendredi 28 avril 2017

Le masculin ne doit plus l'emporter? Ok, mais...

Dernièrement, je lisais un article d'une journaliste féministe qui s'insurgeait devant le fait que, en français, en 2017, le masculin l'emporte toujours sur le féminin.

Par exemple, si je parle de Luc, Isa et moi, je dois dire "des auteurs québécois", au masculin.

Y'en a que ça gène. Qui trouvent que, dans cette situation, on devrait soit représenter tout le monde : "des auteur(e)s québécois(e)s" ou "des auteur.e.s québécois.e.s", soit représenter le groupe majoritaire : "des auteures québécoises".

Personnellement, j'ai toujours vu cette règle de grammaire comme une simple convention et non comme une attaque machiste. D'accord, la convention a été décidée par des hommes à une époque où le patriarcat régnait en maître et oui, le français porte des traces de cette époque, mais bon... (Je ne dirai pas "ça fait partie de son charme", mais je vais le penser, parce que, hé, je suis historienne ;)

Un moment donné, la langue est un ensemble de conventions ayant pour but de communiquer des idées entre personnes. En l'absence de genre réellement neutre en français, on a décidé que le masculin en jouerait le rôle et depuis, on fait avec. (Soit dit en passant, la plupart des langues anciennes avaient un genre neutre, mais à peu près tous les peuples l'ont éliminé avec le temps, parce que franchement apprendre trois accords possibles pour tout, c'est chiant!)

Cela dit, un mouvement féministe revendique l'abandon de cette règle voulant que le masculin l'emporte. Le masculin, dit-on, n'est pas neutre (et je ne m'en rends pas compte parce que je suis une pauvre victime du machisme, paternalisme et autres-ismes qui imprègnent notre société).

Bon, à la limite, si c'est le consensus actuel, je veux bien l'adopter et, même, en faire la promotion dans mes romans.

Sauf que... si le masculin ne l'emporte plus, on fait quoi? On met des syntaxes pointées partout? (styles auteur.e.s) Ça va pas être le fun à lire! (Ni à écrire!) On fait l'exercice mathématique de découvrir le genre dominant à chaque fois qu'on parle d'un groupe? Et si jamais y'a deux gars, deux filles? Ou, problème encore plus épineux, deux gars, deux filles et une "personne ne s'identifiant pas au système binaire de représentation des genres"?

Parce que oui, ça existe ça aussi, mais on ne semble pas avoir encore prévu de nom pour les représenter (queer ne fait pas consensus). Parce que c'est réducteur, paraît-il, de donner un nom pratique à un groupe, de réduire les personnes qui le composent à une seule de leur caractéristique. C'est ainsi que, en 2017, on ne doit plus parler d'aveugle, de sourds, d'autiste, d'handicapé, d'homosexuels, mais bien de personne non voyante, de personne malentendante, de personne autiste, de personne vivant avec un handicap, de personne homosexuelle...

Et l'auteure (pardon, paraît que je devrais dire "autrice" pour me détacher du machisme linguistique ci-haut mentionné, mais je trouve le mot laite à mort, en plus d'avoir l'impression qu'il insiste beaucoup trop sur le fait que je suis une femme qui écrit et non pas un écrivain qui s'adonne à être une femme) arrivée à ce point-ci de ses réflexions linguistiques, a un peu envie d'arrêter d'écrire, de peur d'offenser mortellement une personne ou une autre.

Je ne sais honnêtement pas où on s'en va comme société avec ce langage si inclusifs et précis qu'il en devient inutilisable (sans parler de la redondance du mot "personne" qu'on sous-entendait, me semble, dans les termes "réducteurs"), mais j'ai hâte que l'usage des générations futures tranche la question. (Parce qu'on peut réformer une langue tant qu'on veut, c'est à l'usage qu'on voit ce qui fonctionne).

En attendant, si vous cherchez des personnes vivant au Québec et qui pratiquent la littérature de genre peu importe leur genre, vous les trouverez en fin de semaine prochaine au Congrès Boréal. Probablement en train de boire pour oublier cette discussion! ;)

mercredi 26 avril 2017

Écrire et publier... en équipe!

Il y a quatre ans, Isa m'a dit "J'ai une idée de fou". J'ai répondu "Raconte-moi ça!"

Il y a trois ans, elle a dit "Je rassemble le matériel, là, t'embarque?" J'ai répondu : "Bien sûr!"

Il y a deux ans, elle m'a annoncé "Ok, on commence à écrire". J'ai dit "Pas de problème, dans six mois, ce sera fini."

S'en est suivi deux ans de travail d'équipe assez intense, que j'ai mentionné ici et .

Ce travail vient de livrer ses fruits : le manuel "Écrire et publier au Québec, les littératures de l'imaginaire" qui sera publié à l'automne aux Éditions des Six Brumes.

Le résumé officiel est sur le site des Six Brumes. La prévente, quant à elle, commencera lundi.

Mais laissez-moi vous dire une chose : ce manuel est un monstre de densité, que ses modestes 55 000 mots ne laissent pas présager.

Là vous pensez "encore un manuel sur l'écriture écrit par des auteurs obscurs et qui donne la supposée recette du succès qu'ils ne connaissent pas". (J'suis pas télépathe : j'ai souvent pensé la même affaire! :p ) Mais vous vous trompez, c'est pas ça du tout!

Notre manuel contient très peu de conseils techniques sur l'écriture proprement dite (on laisse ça à Élisabeth Vonarburg et à son excellent "Comment écrire des histoires") et aucune prescription à suivre absolument pour connaître la gloire et la fortune (lol!).

Nous discutons plutôt de tout ce qui précède l'écriture (la lecture, les plans, les recherches, les réseaux sociaux, les études...) et de tout ce qui suit (la réécriture, les premiers lecteurs, la recherche d'un éditeur, les refus, les acceptations, la direction littéraire, la révision linguistique, l'illustration, le contrat, les lancements, le DPP, les doutes, les motivations à écrire...). Notre but était de démystifier le travail d'auteur et de répondre une fois pour toute aux questions des jeunes (et moins jeunes) auteurs qui nous contactent tous à un moment ou un autre, par courriel ou en personne.

Les textes s'appuient sur nos propres recherches et expériences, ainsi que sur les réponses à un sondage qu'Isa (instigatrice du projet) a envoyé à une cinquantaine d'auteurs, illustrateurs, lecteurs et éditeurs issus du milieu de la SFFQ. (C'était ça qu'elle voulait dire par "rassembler le matériel". C'est à cause de ça aussi qu'on a mis deux ans à écrire le bouquin. Pouvez-vous imaginer la quantité de texte que ça donne lorsque cinquante auteurs répondent à une centaine de questions à développement?!? O.o)

Soit dit en passant, malgré le sous-titre du bouquin, je crois que les réponses obtenues des collaborateurs n'auraient pas été très différentes même s'ils avaient été issus du milieu du polar, de la littérature blanche ou de la littérature jeunesse... probablement parce que certains d'entre eux œuvrent aussi dans ces autres genres! Le manuel est donc intéressant, je crois, pour les écrivains ou futurs écrivains de tous les horizons.

Bref, c'est du solide notre affaire. Un vrai "guide de l'écrivain québécois".

Cela dit, la prochaine fois que mon adorée Isa va me dire "J'ai une idée de fou", je me sauve! :p

(Farce à part, Isa, j'suis super contente d'avoir réalisé ce projet en ta compagnie, chère plume-soeur. Mais... pas trop souvent des comme ça, ok? ;)

lundi 24 avril 2017

Chère puce

Chère puce,

Tu commences à comprendre le monde.

Tu sais que les amoureux s'embrassent sur la bouche.

Tu sais que papi et mamie sont les parents de papa.

Tu sais qu'avec une maman et un papa, on fait des bébés et que ça donne une grosse bedaine à la maman pendant que le bébé pousse.

Tu sais que grand-papa, c'est le papa de maman.

Dans ta tête, tout le monde a un papa et une maman, même tes gobelets. Ton gobelet de lait étant plus gros que ton gobelet d'eau, tu as décrété que l'un était le bébé et que l'autre est, selon les jours, son papa ou sa maman.

Bientôt, je vais devoir t'expliquer que...

Que matante Julie aime les femmes, pis que "des amoureux", ça veut pas toujours dire un monsieur pis une madame.

Que celle que tu appelles grand-maman est en fait l'ex-blonde de grand-papa.

Que ta vraie grand-maman est décédée avant ta naissance. (Pis qu'elle portait le même prénom que l'autre grand-maman, tsé d'un coup que la situation ait été pas été assez délicate...)

Que ça arrive que les gens meurent.

Pis je vais devoir faire tout ça en essayant de te traumatiser le moins possible et en te transmettant mes valeurs d'amour pis d'ouverture d'esprit, en évitant de t'imposer un moule hétérosexuel, d'un coup que toi, ça soit pas ça ta voie.

Ouf, chère puce, j'ai comme qui dirait une petite angoisse maternelle ce matin.

La preuve : je t'écris sur mon blogue alors que tu ne sais pas lire, ni utiliser Internet! :p

PS: Je prends les suggestions d'albums jeunesse abordant ces sujets, si vous en avez.

vendredi 21 avril 2017

Horizons Imaginaires - lancement ce soir

Horizons Imaginaires, c'est l'idée un peu (beaucoup) folle d'un prof de français langue seconde au cégep de Marianopolis, Mathieu Lauzon-Dicso (l'un de mes collègues jurés du prix Jacques-Brossard).

Pour motiver ses étudiants, et parce qu'il est lui-même friand des genres de l'imaginaire, il a imaginé une version "SFFQ" du prix des collégiens, un webzine contenant des critiques composées par les élèves, des rencontres avec des auteurs, des ateliers d'écriture... et que sais-je encore?

(L'énergie et le dynamisme de ce gars-là me fascine! Imaginez : il a même réussi à me convaincre de participer au jury qui fait la pré-sélection des livres pour la prochaine édition de son prix littéraire!)

Son ambition est d'amener d'autres cégep (francophones ou anglophones dotés d'un bon programme de langue seconde) à embarquer avec lui dans le projet et de créer une vague de fond, un renouvellement du milieu SFFQ (ce sera pas de refus : les "jeunes", dont je suis, commencent à avoir des cheveux gris...). À ce que j'ai compris, c'est bien parti.

Et ce soir, à 18h, au collège Marianopolis, le projet sera officiellement lancé.

J'y serai, en compagnie de Luc, Pascale et Guillaume Voisine (et plusieurs autres je suppose!)

L'invité d'honneur de la soirée sera Norbert Spehner et il nous parlera d'une autre initiative qu'un prof de cégep lança, jadis, au cégep Édouard-Montpetit. Ça s'appelait d'abord Requiem, puis ça devint Solaris...

J'espère qu'un jour on parlera d'Horizons Imaginaires en disant "Ça a commencé au collège Marianopolis..." ;)

(À part ça, je serai en animation scolaire toute la journée, alors ne vous étonnez pas des délais de réponse et à lundi! ;)

mercredi 19 avril 2017

C'était en 2010

C'était en 2010.

On venait d'écouter Supernatural et Vincent m'a lancé, à moitié à la blague "Les gens possédés par des démons sont tellement pas tuables, avec leur force surhumaine, leur régénération, pis le fait qu'ils ont jamais mal... La possession devrait être utilisée en médecine!"

L'idée m'a séduite. Je l'ai notée.

Elle m'habitait. Ses répercussions étaient multiples. Je l'ai retournée dans tous les sens. Vincent et moi en avons reparlé plusieurs fois. Il aime toujours beaucoup les histoires de démons.

Quelque part en 2011, j'ai imaginé le contexte socio-politique dans lequel une telle médecine serait possible. Ça m'a donné assez de matière pour un roman. Un genre de religious-punk.

Que je n'ai jamais eu le temps d'écrire.

En 2015, j'ai décidé de condenser l'essentiel de mes idées dans une nouvelle. Et de la soumettre au prix Solaris 2016 (ce qui m'a forcée à couper quelques trucs, dont une idée horriblement géniale de Vincent... ce n'est que partie remise : le roman s'écrira peut-être un jour!). Je n'ai pas gagné le prix, mais le texte a retenu l'attention, alors...

Dans quelques mois, soit 7 ans après l'embryon d'idée qui lui a donné le jour, vous pourrez lire "Démonothérapie" dans Solaris.

Ouaip, la médecine assistée par des démons. Avouez, vous voyez pas ce qui pourrait mal tourner... :p

(Je crois que c'est mon texte qui est resté en gestation le plus longtemps, mais je ne suis pas sûre... La réponse est probablement quelque part sur le blogue, mais où? Mystère! J'ai cherché pourtant! lol! Je crée donc une nouvelle rubrique "Notes sur les textes" pour me retrouver à l'avenir, surtout que je sais que ce genre de notes intéresse plusieurs lecteurs.)

lundi 17 avril 2017

Retour sur mon expérience de jurée littéraire

Maintenant que les finalistes du prix Jacques-Brossard sont connus (il s'agit de Dave Côté pour les nouvelles "Angle mort" et "Je ne voterai pas", Martine Desjardin pour "La maison verte" et Renaud Jean pour "Rénovation), je peux avouer officiellement que j'étais membre de ce jury pour l'année 2016.

Et je peux également effectuer un bilan de mon expérience, pour ceux qui seraient tentés de participer.

Points positifs :
- J'ai pu lire gratuitement toute la production SFF (science-fiction, fantastique et fantasy) publiée au Québec dans l'année.
- J'ai découvert des auteurs et des maisons d'édition que je ne connaissais pas.
- J'ai dû aiguiser mon esprit critique.
- J'ai été inspirée pour mes prochaines créations, car une part de moi souhaitait répondre, contredire ou réagir à ce que certains ont écrit.

Points négatifs :
- Je me suis rendue compte qu'il se publie vraiment beaucoup de SFF au Québec dans une année et j'ai donc passé 12 mois à ne lire quasiment que ça (moi qui aime varier les genres d'habitude!).
- Il m'a fallu poursuivre la lecture de bouquins que j'aurais normalement abandonnés après 30 pages, d'un coup que ça deviendrait bon et que les autres membres du jury, eux, aient persévéré (on veut pas être le seul à passer à côté d'un chef-d'oeuvre!).
- J'ai constaté que quand c'est mauvais après 30 pages, c'est rarement meilleur au bout de 300.
- J'ai découvert que les écrivains non spécialisés en SFF écrivent merveilleusement bien... mais remâchent souvent les mêmes clichés!!! (J'ai lu 6 livres où le personnage est mort, mais où il ne s'en aperçoit pas avant la seconde moitié du récit. À chaque fois, je le savais au bout de 10 pages!)
- J'ai appris qu'il se publie vraiment beaucoup de SFF en hiver lorsque la plus grosse caisse de livres de l'année est apparu dans ma boîte aux lettres vers la fin du délai imparti pour tout lire! Y'a fallu mettre les bouchées doubles vers la fin!
- Je me suis rendue compte que résumer mes impressions d'un an de lectures intensives lors d'une séance de délibération de 3 heures, puis de m'entendre avec 4 autres personnes pour déterminer 3 finalistes (alors qu'on a lu une quarantaine d'auteurs différents et que chacun les a perçu à sa manière), c'est vraiment crève-coeur. Surtout quand il y a plusieurs personnes chères à ton cœur parmi les auteurs en lice et que tu dois départager tes sentiments envers les gens et tes impressions de leur production de l'année. :( On ne prend aucune décision seul, le résultat est un compromis, mais la moindre décision reste lourde à porter. Mettons que je suis sortie des délibérations avec le cerveau en bouillie et le cœur amoché.

Cela étant dit, est-ce que je retenterais l'expérience?

Oui, mais pas avant quelques années. Premièrement, parce que j'ai besoin de m'en remettre émotionnellement et de me calmer le jugement critique mettons (lire ressemble un peu trop à du travail depuis quelques semaines). Deuxièmement, parce que ma pile de livres à lire (qui a continué d'engraisser pendant je me consacrais à la SFFQ) a vraiment besoin que je m'occupe d'elle de toute urgence! (Avant qu'elle ne s'effondre et écrase ma puce!)

Est-ce que je recommande à d'autres de s'y risquer?

Tout à fait, mais soyez prévenus : c'est un défi! On n'en sort pas tout à fait indemne!

(En passant, le gagnant du Jacques-Brossard sera dévoilé au congrès Boréal! :)

vendredi 14 avril 2017

Joyeuse Pâques, version païenne

De nombreuses fêtes chrétiennes ou judéo-chrétiennes ont des origines païennes, comme j'en ai déjà parlé avec Noël et l'Halloween.

Dans le cas de Pâques, mettons que le jupon païen dépasse encore plus que pour les autres fêtes!

Premièrement, c'est la seule grande fête chrétienne dont on fixe la date à l'aide de la lune. (C'est pour ça qu'elle se balade d'un bout à l'autre du calendrier). Or, le calendrier lunaire a toujours été lié aux déesses-mères, aux femmes (au cas où vous le sauriez pas, un cycle menstruel, ça a souvent la duré d'une lunaison), aux religions antiques, bref à des trucs non-chrétiens.

Deuxièmement, les œufs sont un des plus anciens symboles de fertilité. Et les lapins aussi, étant donné leur vitesse de reproduction! (Saviez-vous que la hase peut concevoir sa prochaine portée alors qu'elle est encore enceinte de la précédente? ça c'est de la productivité!!!)

Troisièmement, la raison pour laquelle c'est un lapin qui distribue des œufs à Pâques (association qui m'a longtemps intriguée) découlerait soit d'un mouvement d'humeur de la déesse anglo-saxonne Éostre (qui aurait transformé son oiseau favori en lapin pour le punir), soit d'une ancienne légende allemande où une femme pauvre, ne pouvant offrir de friandises à ses enfants, cache des œufs peints dans son jardin pour les amuser, mais un lapin passe durant la chasse et les enfants se mettent à croire que c'est lui qui a amené les œufs.

Les Chrétiens ont bien essayé de se réapproprier ces symboles, par exemple en interdisant les œufs durant le Carême (et en encourageant à peindre ceux qui sont ainsi gaspillés) ou en tentant de remplacer le lapin par les cloches des Églises (qui sont supposées revenir de Rome pour Pâques et ramener les œufs avec elles), mais je n'ai pas l'impression qu'ils ont très bien réussi! (Ironique quand on considère que c'est la fête la plus importante pour la religion catholique, puisqu'elle célèbre la résurrection de Jésus et que sans résurrection le dogme en entier s'écroule!)

Alors, peu importe votre opinion de la religion, ne vous gênez pas pour souhaiter Joyeuse Pâques autour de vous : c'est probablement une des fêtes les plus anciennes et païennes de notre calendrier, une excuse pour célébrer l'arrivée (tant espérée) du beau temps, se bourrer la face de chocolat et bricoler en famille! :)

(Pis si vous avez pas d'enfants, ayez une bonne pensée pour les pauvres parents qui passeront ce "congé" à gérer de la marmaille en surdose de sucre...)

mercredi 12 avril 2017

Du champagne un mardi!

Hier soir, même si on était crevés (et que la puce avait mis une heure à s'endormir), mon chum et moi avons fini notre soirée en buvant du champagne.

Eh oui, du champagne un mardi!

Tsé, quand le projet sur lequel ton chum travaille depuis un an et demi est accepté du premier coup par l'éditeur (d'outils de jeux vidéos) et mis en vente, ben fatigue ou pas, tu trinques! ;)

... En essayant de pas penser au fait que bientôt tu vas te faire niaiser à propos de ton nombre de ventes et de ta marge de profit sur chacune... :p

Ah pis, s'il peut devenir le prochain gars-qui-a-fait-Minecraft-dont-je-connais-pas-le-nom-juste-le-fait-qu'il-est-riche, il pourra me niaiser autant qu'il veut! ;)

(Je sens que je vais regretter ces paroles!)

En attendant, si jamais vous vous intéressez aux jeux vidéos ou connaissez quelqu'un qui bidouille ses propres jeux dans ses temps libres, partagez la bonne nouvelle!

lundi 10 avril 2017

Réflexion sur les souvenirs

En voyant mes bricolages et en me regardant jouer avec ma puce, plusieurs de mes amis m'ont dit "Tu fais tout ça pour ta fille parce que tu as des bons souvenirs d'avoir fait la même chose avec ta mère, hein?"

C'est là que ça m'a frappée. Non, je n'ai aucun souvenir d'avoir joué avec ma mère. D'avoir porté des vêtements et des costumes qu'elle m'avait fait, ça oui. Mais, à ce que je sache, elle n'a jamais cousu pour mes poupées. Je ne crois pas non plus qu'elle ait été du genre à s'allonger sur le sol pour que je lui grimpe dessus (activité favorite de ma puce ces temps-ci). C'est difficile à dire. On garde tellement peu de souvenir de cette époque de notre vie!

Je me souviens qu'elle nous fabriquait de la pâte à modeler maison. J'ai en tête des images où elle brasse la boulette de pâte dans le chaudron, puis la sort, la sépare en morceaux et teint chacun de ces morceaux avec du colorant alimentaire. Elle s'empresse de se laver les mains pour que le colorant ne les tache pas, tandis que je plonge les miennes dans la pâte tiède.

Je me demande de quoi ma puce se souviendra.

C'est fascinant les mécanismes de la mémoire. Inspirant aussi! :)

Vous, avez vous des souvenirs de jeux enfantins particuliers?